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Et si on en parlait… Que reste-t-il du 23 juin ?

Le 23 juin 2011. Abdoulaye Wade était au pouvoir, un pouvoir qu’il a conquis après 26 ans de lutte épique parsemée de hauts et de bas. Mais il a voulu conserver ce pouvoir pour lui et pour son fils, Karim Meissa Wade qui, avec la marche du temps, devenait diastole et systole de la République en qui tout indiquait le destinataire immédiat de la présidence de la République, fruit de la conquête de son père, un père malheureusement façonné par son cheminement avec ceux en qui, en Afrique, se résumait l’État de leur pays. Ceux-là, ses amis Bongo, Eyadéma et autres ont réussi à conserver leur pouvoir et à le transmettre à leurs fils. Alors, pourquoi pas lui ? Et il voulut poser les premiers jalons, ce 23 juin.
En fait, bâtisseur fécond doté d’un génie novateur inégalé, génie du Verbe et de l’Action, Wade avait un charisme et un esprit d’anticipation qui lui donnaient l’événement, l’acclamation et la consécration. Il avait un flaire et humait une gymnastique intelligente pour fléchir la Loi Fondamentale en sa faveur.
Mais nourrie d’exemples et d’enseignements, acquise définitivement à la cause démocratique, la Nation sénégalaise, dans une dynamique unitaire a dit NON sans attendre une intervention et une intercession de responsables politiques pour barrer la route aux dérapages monarchistes d’un démocrate égaré par les délices du pouvoir.
La Nation sénégalaise avait résisté. Cette résistance n’était pas seulement légitime. Elle était vitale et glorieuse. Au Sénégal, l’honneur n’abdique point. La liberté n’est pas une guenille à vendre. L’idéal démocratique ne capitule jamais. Wade ne le comprenait pas et même Macky Sall qui l’a remplacé ne semble pas le comprendre.
Ceux qui arrivent au pouvoir dans ce pays se donnent trop de grandeur en eux-mêmes pour comprendre la grandeur dans autrui. Wade et Macky, contrairement à Senghor et Diouf, se savent trop historiques pour ne point avoir soucis de l’Histoire. L’erreur historique de Wade que le 23 juin a forcé à préparer ses bagages est de s’être donné des instincts de trône, autrement que Louis XIV certes, mais autant que lui. La République lui a dit Basta !
Mais que reste-t-il de ce Basta du 23 juin que la conscience nationale a voulu graver dans le marbre de l’Histoire pour servir de rétroviseur. Wade a tout perdu ce 23 juin ! La politique politicienne ternissait le victorieux du 19 mars 2000 et la prédation des finances discréditait le bâtisseur du Sénégal. Une moitié de sa gouvernance faisait à l’autre moitié des répliques insoutenables qui prirent le dessus sur ce qu’il fut de glorieux et ce qu’il fit d’épique.
Aujourd’hui, la rupture est-elle assurée ? Voit-on des membres de la famille du président de la République et ses amis dans le cœur des Institutions et ses hauts services d’État ? La gouvernance est-elle vraiment sobre ? Une obligation de résultats et de comptes rendus est-elle imposée aux Ministres, DG, et autres ? Ce sont des questions légitimes à poser pour évaluer les acquis et les impaires du 23 juin.
« Ote-toi que je m’y mette ! » est bien le résultat qui s’offre à la Nation. C’est la nouvelle physionomie de la gouvernance politique. Les mêmes personnes reviennent par la porte dérobée et sont vite couronnées de latiare de la hideuse transhumance qui lacère l’éthique et l’honnêteté de l’engagement. Un autre 23 juin risque de se faire entendre non pour semer un désordre mais juste pour mettre le Sénégal sur une orbite de rupture.

Le Piroguier/rewmi quotidien

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