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Quelle école pour accompagner le Plan Sénégal émergent ?

« Quelle école pour accompagner le Plan Sénégal Emergent ? » tel est le thème que je voudrais partager avec vous ce matin, chers lecteurs. Tout d’abord, il faut dire que la thématique choisie est d’une actualité brûlante. En effet, le Plan Sénégal Emergent (PSE) est un plan stratégique très ambitieux qui s’étend sur 20 ans (2015-2035) et qui reflète parfaitement la vision du Chef de l’Etat, Son Excellence le Président Macky SALL, pour assurer l’envol économique de notre cher pays. L’autre chose qu’on pourrait également remarquer par rapport à cette thématique, c’est que nul n’ignore en effet que l’école sénégalaise est en crise, en attestent les premiers résultats catastrophiques du Baccalauréat 2015. Ceux qui parlent d’hécatombe ont tout juste utilisé un euphémisme. Le moins qu’on puisse dire est que cette crise est à la fois profonde et endémique. Certes, il ne s’agit point ici de situer les responsabilités car il va sans dire qu’elles seront nécessairement partagées. L’Etat, les administrateurs scolaires, le corps enseignants, les élèves, les parents d’élèves, les syndicats et autres partenaires sociaux, bref tous les acteurs sans exception ont d’une manière ou d’une autre une part de responsabilité dans ce naufrage collectif. Vous l’aurez compris : non ! il ne s’agit guère de situer les responsabilités. Il s’agit plutôt pour moi de faire un constat unanime : tout le monde s’accorde, encore une fois, à dire qu’actuellement tous les clignotants sont au rouge sur le plan scolaire et académique. En d’autres termes, l’école publique, plus précisément, est en faillite. Les sceptiques diront qu’elle est sous perfusion ; tandis que les Cassandres ou si vous préférez les plus sceptiques diront qu’elle est en agonie. Si tel est le cas, des solutions urgentes s’imposent. En tout état de cause, tous les acteurs de l’Education sans exception, ont l’impérieux devoir de lui insuffler du sang neuf, de la faire revivre et de lui redorer le blason longtemps ternis. Ils devront tous conjuguer leurs efforts pour sauver cette école publique qui est la nôtre. Certes, c’est un grand challenge mais ensemble nous pouvons réussir ce pari, car l’union fait la force. Par ailleurs, un Sénégal émergent n’est ni un mythe ni une illusion. Les autres ont réussi à atteindre l’émergence, alors pourquoi pas le Sénégal ? La Directrice Générale du Fonds Monétaire International (FMI), la française Christine LAGARDE, lors de son récent voyage à Dakar, qualifiait le PSE de « Plan réaliste et réalisable ». Comme pour dire qu’avec un peu de volonté, un Sénégal émergent est bel et bien possible. Cependant – et ceci est important – il ne faudrait pas se leurrer en dormant sur nos lauriers. Bien évidemment, comme l’on dit : «L’émergence ne se décrète pas, mais elle se sécrète ». C’est-à dire, pour que le Sénégal puisse atteindre l’émergence, toutes les conditions doivent être réunies et toutes les forces vives de la Nation doivent y contribuer. C’est le lieu de dire que la contribution de l’école doit être de taille d’autant plus que nous sommes à « l’ère de la compétition des intelligences, » pour reprendre l’heureuse formule du Professeur Gora MBODJ de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Des élèves avides du savoir et ouverts sur le monde devront être encadrés par des enseignants dynamiques, chevronnés et rompus à la tâche pour aller à la quête de l’émergence. Mais encore faudrait-il que ces élèves soient bien éduqués pour être capable de relever ce défi majeur. Et quand je dis « des élèves bien éduqués, » j’entends par là des élèves à qui l’on a transmis «un savoir-faire et un savoir-être » en même temps. Feu Nelson MANDELA disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. Pour changer un pays, poursuit-il, il faut éduquer ses Hommes ; pour éduquer ses Hommes, il faut leur transmettre un Savoir. » Mais ce que ce grand homme a oublié d’ajouter c’est que « pour transmettre un Savoir à ces Hommes, il faut des enseignants bien formés et bien motivés ». Une formation solide et une motivation digne de ce nom pour les enseignants semblent être en réalité la force motrice de ce processus. Bref, sans ce dernier maillon de la chaîne de réussite, point d’émergence car l’émergence suppose d’abord des ressources humaines de qualité. C’est sans doute la raison pour laquelle l’Etat du Sénégal a mis en place le PAQUET – Programme pour l’Amélioration de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence. Et c’est tant mieux pour l’Ecole sénégalaise. Il s’agit à présent de le matérialiser concrètement dans le vécu quotidien des acteurs de l’Education et ainsi que sur le terrain. Ainsi donc, chers lecteurs, vous conviendrez aisément avec moi que le Sénégal d’aujourd’hui mérite bien une école qui porte ses ambitions. A mon humble avis, c’est seulement cette école ressuscitée, cette « école nouvelle » et cette école réhabilitée qui sera capable d’accompagner cet ambitieux programme du Président Macky SALL, à savoir le Plan Sénégal Emergent. Vive l’Ecole sénégalaise ! Vive le Sénégal !

Ibrahima Simaga

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