30 août, 2014
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Qui est Hassan Rohani, en tête de l’élection présidentielle en Iran ?

Qui est Hassan Rohani, en tête de l’élection présidentielle en Iran ?

Le candidat des réformateurs (et d’une grande partie de la jeunesse, celle qui n’a pas été dégoûtée par les fraudes électorales en 2009) est largement en tête des résultats des élections qui se sont tenues jeudi en Iran, selon les premiers dépouillements ce samedi. C’est un modéré qui prône une normalisation des relations avec les pays occidentaux.

Sur cinq millions de bulletins de votes dépouillés, Rohani a obtenu 52% des voix, loin devant le maire de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf (17,3%) et le candidat des conservateurs radicaux Saïd Jalili (13%), qui se déclarait « à 100% » contre la détente avec les ennemis de l’Iran. La possibilité d’une victoire de Rohani dès le premier tour n’est pas exclue.

Qui est Hassan Rohani ?

Hassan Rohani est connu en Occident pour avoir été le responsable des négociations portant sur le programme nucléaire iranien, sous la présidence du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005).

Seul clerc de la campagne électorale, il est né en 1948 à Sorkheh, et a suivi des études islamiques à Semnan puis à Qom, au début des années 60. Il a également étudié le droit en Ecosse, à la Glasgow Caledonian University.

Il a activement participé à la révolution de 1979, parcourant le pays pour soulever les foules contre le Shah, ce qui lui a valu d’être arrêté plusieurs fois. Après la révolution, il a été élu à l’assemblée consultative islamique, puis a occupé pendant seize ans le poste de secrétaire du conseil national de sécurité. Lorsque Mahmoud Ahmadinejad a été élu président de l’Iran, il a démissionné.

Il s’est lancé dans la campagne en mars 2013, avec le soutien des réformistes et des libéraux :

l’ancien président (1989-1997) Hachemi Rafsandjani, dont la candidature n’a pas été acceptée par le Conseil des gardiens de la révolution, lui a apporté son soutien, ce qui a donné un coup d’accélérateur à sa campagne. Ses meetings ont fait le plein, notamment chez les jeunes et les Iraniens de la bourgeoisie ;

le candidat Mohammad Reza Aref s’est désisté à la demande de l’ancien président (1997-2005) Mohammad Khatami, ce qui a permis à Rohani d’apparaître comme le seule candidat des réformistes.

Quelle sera sa marge de manœuvre sur les questions internationales ?

Rohani devrait pousser dans le sens du dialogue et d’une plus grande souplesse vis-à-vis des Occidentaux, le but étant d’aboutir à la levée d’une partie des sanctions. Sur Israël, Rohani affiche une position modérée, ne souhaitant pas en faire un ennemi.

Mais sa marge de manœuvre ne sera pas très grande. Le vrai pouvoir est en Iran tenu par les mollahs et les gardiens de la révolution. C’est le Guide suprême (Ali Khamenei) qui reste le maître du jeu.

C’est lui qui décidera du calendrier et des formes d’éventuels assouplissements, s’ils doivent avoir lieu. Jusque-là, Ali Khamenei était sur une ligne dure, refusant toute concession.

Son élection à la présidence changerait-elle la situation en Syrie ?

Très peu probable : même si la guerre civile en Syrie est un sujet majeur pour l’Iran (y compris en termes budgétaires), elle n’est pas un sujet de débat : l’Iran soutient Bachar el Assad et est désormais impliquée dans le conflit. La chute de Qousseir, désormais aux mains du régime syrien, a été directement provoquée par l’Iran et son allié le Hezbollah.

Comme les autres candidats, Rohani défend la politique iranienne actuelle.

Quel était le candidat du guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei ?

Ali Khamenei est resté muet sur le sujet, même au moment de voter. Même ses enfants ne le savent pas, a-t-il indiqué. Jusque-là, il appuyait Ahmadinejad et les conservateurs les plus durs.

Le guide suprême a toutefois invité les électeurs à « voter contre l’impérialisme », ce qui a été interprété comme un soutien implicite à Jalili.

Mais une victoire de Rohani ne devrait pas gêner le régime. La situation économique iranienne est très mauvaise : un allégement des sanctions (sur les ventes de pétrole et sur les relations bancaires, notamment) soulagerait le pays.