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RADICALISATION et TERRORISME Les jeunes Sénégalais s’expriment pour la première fois

Dans le cadre d’une étude conduite par l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique de Timbuktu institute (Dakar), que dirige le Professeur Bakary Sambe, à paraitre durant ce mois d’octobre, la parole a été largement donnée aux jeunes de la banlieue dakaroise afin d’analyser leur perception du processus de la radicalisation et du terrorisme ainsi que leur attitude par rapport à ces phénomènes.

C’est une grande première, selon le Professeur Sambe qui a été le maître d’œuvre. Son équipe et lui sont partis du postulat que ce sont justement les jeunes qui sont les cibles des groupes Jihadistes et qu’il faut vaincre le mal à la racine. C’est pourquoi, il fallait tenir compte de leur propre compréhension du phénomène en faisant abstraction des diverses définitions afférentes au radicalisme et au terrorisme.

Ainsi, selon le Professeur, « Dans le schéma retenu, radicalisme, extrémisme et terrorisme représenteraient trois stades d’un même processus. Dans la première étape, l’individu se marginalise dans la seconde, il accepte l’idée de recourir à la violence pour façonner la société selon son idéal et, dans la troisième, il recourt concrètement à la violence ».

Malheureusement, les conclusions du rapport mettent en évidence le fait que « plus d’un tiers (des jeunes) sont incapables de donner une réponse». Cet état de fait a été qualifié « d’inquiétant » par l’équipe du Pr Sambe.
En tout état de cause, ils sont 32% à estimer que « radicaux » et « extrémistes » ont une mauvaise interprétation de l’Islam et 25% à « déplorer le recours à la violence au nom de l’Islam ».

Ils sont 7% des personnes interrogées à considérer qu’il s’agit purement et simplement d’une pratique rigoriste de l’Islam.

Interrogés sur les causes des phénomènes de radicalisme, d’extrémisme et de terrorisme, les jeunes pointent du doigt la pauvreté et le chômage. Ces jeunes parlent aussi de manque d’éducation, et de désespoir. Ils sont presque la moitié à le penser, selon l’étude.

Conséquence, ils tiennent l’Etat pour responsable de cette situation. Ainsi, « 68% des jeunes n’ont pas confiance dans l’Etat et dans les services que ce dernier devrait assurer », précise le rapport

Toutefois, il faut préciser que les autorités locales, comme les Maires, ne sont pas mieux considérées par les jeunes. Ces derniers ne recueillent que le taux de confiance insignifiant de 0,7%.
Il s’y ajoute le fait que, selon l’étude, « seuls 15% des jeunes interrogés sont satisfaits de l’enseignement dispensé dans les écoles publiques sénégalaises ».
C’est dire que la perte de confiance envers les acteurs politiques de tous bords est manifeste. Pis, les jeunes accordent peu de confiance aux institutions de leur pays.

Le rapport complet sera publié et présenté à Dakar en octobre prochain, ce qui permettra d’avoir une vision beaucoup plus globale des questions abordées comme les mesures prises par l’Etat dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

Assane Samb

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