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Rapport de HRW: L’USEQ parle de «péché originel…»

L’Union syndicale pour une Education de Qualité (USEQ), qui regroupe le Saes, le Sels, le Sneel/Cnts, le Sudes, le Sypros et l’Uden,  considère que le rapport de HRW porte un péché originel inexcusable dans toute démarche scientifique.   

A l’instar de leur ministre de tutelle, Serigne Mbaye Thiam, les enseignants sénégalais sont en colère à la suite de la publication du rapport de Human Rights Watch. Un rapport selon lequel l’exploitation sexuelle des filles est courante dans les collèges et lycées du Sénégal, et qu’elle est l’œuvre d’enseignants et de chefs d’établissement.

Les syndicats de l’USEQ ont tenu à prendre connaissance du rapport dans son entier, à l’analyser en profondeur pour fonder une position concertée sur le document qui aborde une question sensible.

D’emblée, l’USEQ considère que le rapport de HRW porte un péché originel inexcusable dans toute démarche scientifique. En effet, pour l’USEQ, c’est à partir d’échantillons dérisoires, voire insignifiants, dans les enquêtes de terrain, que HRW a tiré des conclusions généralisantes, hâtives et abusives qui, injustement, singularisent le Sénégal dans le concert des nations, discréditent et stigmatisent ses enseignants.

Il s’y ajoute des affirmations péremptoires très réductrices sur des problématiques de grande complexité, du genre : « le faible taux de maintien des filles à l’école semble être étroitement lié à la crainte que les filles soient exposées au harcèlement sexuel et à la violence sexiste à l’école » (p19).

L’USEQ estime que le rapport a porté un grand tort et un préjudice certain à l’image du Sénégal et de ses enseignants. Ce, sur la base d’une étude très sommaire à tous égards. C’est ce qui peut fonder le doute sur l’objectivité et la neutralité du rapport et de son commanditaire.

«Ne pas rejeter le bébé avec l’eau du bain»

Néanmoins, l’USEQ considère qu’il ne faut pas non plus « rejeter le bébé avec l’eau du bain», en se mettant dans la dénégation systématique et tous azimuts. Cela relève d’une politique d’autruche dangereuse.

Pour l’USEQ, certes l’ampleur donnée aux abus sexuels dans nos établissements scolaires est loin d’être démontrée dans le fameux rapport, mais celui-ci a le mérite de mettre le doigt sur un problème réel qui y existe, auquel il convient d’être attentif et contre lequel il faut sévir pour enrayer définitivement le développement d’un tel fléau.

« Ce développement est en effet possible, à la faveur, d’une part, des négligences et silences coupables des autorités compétentes à tous les niveaux, d’autre part, de l’insuffisance, de la négligence, voire de l’absence de formation initiale et continue en matière d’éthique et de déontologie professionnelles des enseignants depuis au moins deux décennies », signale l’USEQ.

Dans une telle perspective, l’USEQ recommande « des enquêtes et analyses indépendantes, exhaustives et approfondies pour cerner toutes les dimensions du problème en vue de la mise en place d’un dispositif opérationnel de protection rigoureuse, efficace et permanente de l’ensemble des droits humains d’une couche juvénile particulièrement vulnérable: les filles, aujourd’hui, sont massivement scolarisées dans les établissements publics et privés du pays à la faveur de décennies de campagnes de SCOFI. »

L’USEQ demande ainsi aux pouvoirs publics « de créer toutes les conditions de sécurité et d’épanouissement pour la rétention durable des filles à tous les niveaux de notre système éducatif et de formation. »

M.BA

 

 

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