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Un rapport de l’ONU accuse la Russie de crime de guerre en Syrie

La Russie est mise en cause, avec le régime syrien, dans un nouveau rapport de l’ONU. Ce n’est pas la première fois que les forces armées russes sont mises en cause par la commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Mais cette fois, elle s’est concentrée sur une attaque survenue sur un marché de la proince d’Alep, en novembre dernier et a réuni suffisamment d’éléments pour accuser la Russie d’un possible crime de guerre. A la Ghouta orientale, où 700 combattants pro-régime ont été déployés en renfort selon l’OSDH, la Russie annonçait ce mercredi matin une nouvelle pause humanitaire mais tous les civils et rebelles se sont pas disposés à plier bagage.

La commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie affirme avoir de bonnes preuves de la responsabilité des forces russes dans le bombardement d’un marché près d’Alep, en novembre dernier. Il avait fait près de 80 morts. Cette commission, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU,  accuse aussi le régime de Bachar al-Assad d’avoir mené une nouvelle attaque chimique dans la Ghouta, en novembre, à Harasta, rapporte notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche.

Après presque huit années de guerre, la violence à travers le pays a atteint de nouveaux sommets, selon la commission : « Au cours des dernières semaines, la situation à Idlib, dans la Ghouta ou à Afrin, que nous appelions des bombes à retardement dans nos derniers rapports, et bien ces bombes ont explosé. Elles ont entrainé de nouvelles souffrances pour les civils. Encore une fois médiatisé partout dans le monde. Et encore une fois, le monde n’a pas été capable d’agir », déplore son président Paulo Pinheiro.

Le mandat de la commission d’enquête doit être renouvelé à la fin du mois par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Depuis sa création en 2011, ses membres n’ont jamais été autorisé à se rendre en Syrie.

Le convoi humanitaire entré lundi 5 mars dans la partie rebelle de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, s’est retiré en début de soirée sans avoir livré toutes les aides.Courtesy of Syrian Red Crescent /via REUTERS

Pour la première fois depuis novembre, un convoi humanitaire a pu pénétrer, lundi 5 mars, dans la zone de la Ghouta assiégée par le régime syrien. La distribution d’aides a été rapidement reportée, à cause de nouveaux bombardements. Mardi, la France et la Grande-Bretagne ont demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité. Cette réunion aura lieu ce mercredi 7 mars.

►Les civils refusent de quitter la Ghouta [témoignage]

Le ministère russe de la Défense a annoncé qu’une nouvelle pause humanitaire débutait dans la poche de la Ghouta orientale et a assuré que certains rebelles retranchés dans cette zone étaient prêts à accepter l’offre de Moscou de partir avec leurs familles.

Une information démentie par les groupes rebelles assiégés. Joint par RFI à la Ghouta, Oussama Al Omari, militant de l’opposition syrienne nous l’assure: les civils rejettent l’exode forcé. « La proposition russe est rejetée. Elle est rejetée aussi bien par les civils que par les factions combattantes. Si les rebelles avaient voulu quitter la Ghouta, ils l’auraient fait avant que ce carnage ne soit commis contre des innocents.
Ici dans la Ghouta Orientale, les gens sont solidaires et attachés aux factions combattantes. Les civils refusent de quitter la Ghouta, ils rejettent l’exode forcé, comme cela a été le cas dans d’autres régions de Syrie.
Et c’est la même chose pour les rebelles… Ils sont ici pour défendre leur famille et leur foyer. Personne ne va abandonner. Personne ne va tourner le dos à tout cela et accepter de sortir de la Ghouta. Tout le monde ici est attaché à sa terre. »

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