SEYDINA-ABDOULAYE-THIAW-LAHI43-350x244

Rapports du père de la confrérie Layène au ramadan : Le Mahdi, le jeûne et les miracles d’Allah

El Hadji Seydina Issa Laye Diop est membre de la cellule de communication de la communauté Layène. Pour L’Obs, ce fervent talibé du Mahdi revient sur les rapports de Seydina Limamou Laye au Ramadan. Que des miracles!

 «D’emblée, il faut retenir ceci : Seydina Mouhammadou Limamou Laye «Al Mahdi» n’a pu être photographié. Il n’existe aucune photo de lui. Les blancs ont plusieurs fois tenté de l’immortaliser par des prises de vue, mais ils n’ont jamais réussi. Seul ceux qui étaient à côté de lui apparaissaient sur les images. Et pourtant, il était contemporain à bon nombre de guides religieux du Sénégal. Cela se comprend car personne ne peut capter la lumière divine. L’homme n’avait pas de silhouette. En outre, il ne recevait pas directement les rayons du soleil. Il y avait un nuage qui le protégeait contre les fins rayons du soleil. La pluie non plus ne le touchait point. Idem pour les vagues de la mer, alors qu’il était pêcheur. L’eau le contournait pour toucher les personnes qui l’accompagnaient. Mieux, «Imamoul Mahdi» ne laissait pas d’empreinte au sol quand il marchait. Par contre, s’il posait son pied sur une pierre, celle-ci se mettait à fondre comme beurre au soleil. Il avait des caractéristiques exceptionnelles. Seydina Limamou Laye «Al Mahdi» était un illettré. Les autres avaient appris et lisaient le Saint Coran, ce n’était pas le cas pour «Al Mahdi». Le saint homme n’a jamais lu et écrit un hadith. Cependant, il était entouré d’érudits et d’exégètes du Livre Saint. Les blancs le surnommaient le «ressuscité», parce qu’il disait être le prophète Mouhammad (Psl) revenu à la fin des temps. Le «Mahdi» entretenait des relations particulières avec le Ramadan. Pendant ses 26 ans de prêche, Seydina Limamou passait tous les mois de Ramadan à Camberène. A chaque début du mois béni, il quittait le village de Yoff pour passer tout le mois à Darou Idjiati, Camberène (le village des émigrés). Le saint homme ordonna aux disciples de pratiquer le jeûne quel que soit leur âge. C’est pourquoi chez les Layènes, on commence à jeûner avant l’âge de 10 ans. C’est ce qu’on appelle dans le jargon layène le soufisme de masse. Donc, le jeûne concerne aussi bien les adultes que les enfants, sans distinction de sexe. Il n’y pas d’exception dans la pratique de la religion. Il avait aussi exigé à tout jeûneur de donner en aumône une datte ou autre, pour effacer les péchés de la journée. «Al Mahdi» avait interdit à tout jeûneur de se curer les dents pendant la journée. Toutefois, l’usage du cure-dents lui était permis après la rupture du jeûne. Mais les gens se curent les dents pour atténuer l’odeur qui se dégage de leur bouche, alors que celle-ci est comme du parfum pour les anges. De son vivant, il dirigeait les «Nafilas» (prières surérogatoires). Il lui arrivait, la même nuit, de diriger les Nafilas à Yoff, à Camberène et à Gouye Mariama à la Médina. Il demandait aux talibés de faire 2 «rakkas» pour les «nafilas». Ainsi, il recommandait de réciter de 30 «Likhlas» dans chaque «rakka» pendant les 15 premiers jours du Ramadan. Et pour les 14 ou 15 derniers jours restants, il exigeait la lecture de 15 «Likhlas» pour chaque «rakka». Alors que le poids mystique de 3 «Likhlas» est l’équivalent du Coran au complet. Donc, les Layènes récitent 300 fois le Saint Coran au complet, les 15 premiers jours et 140 fois dans la deuxième quinzaine du Ramadan. Au total, les disciples Layènes récitent 440 ou 450 fois le Saint Coran pendant le mois béni de ramadan. Qui fait mieux ! Pour la dernière prière de la nuit, le Mahdi exhortait les talibés à réciter les versets 254, 255 et 162 de la Sourate Al Baqara (La vache), puis les versets 26 et 27 de la Sourate Ali Imran et enfin, le verset 10 de la sourate Younouss. Comment un illettré a-t-il pu recommander cela ? Malgré son statut de prophète, Seydina Limamou n’a jamais indiqué une nuit comme étant la nuit du Laylatoul khadr (la nuit du destin). Chez la communauté Layène, toutes les nuits sont des Laylatoul khadr. Nous prions et chantons les louanges de Dieu et de son Envoyé, toutes les nuits du ramadan, parce que personne ne sait réellement quelle nuit coïncide avec la nuit du destin. Donc, pour être sûr de ne pas rater la meilleur des nuits, il est préférable de la commémorer toutes les nuits. Et c’est ce que font les Layènes. Le jour de la Korité, tous les disciples Layènes se retrouvaient à Yoff autour de Seydina Limamou Laye. Ils y passaient la nuit en récitant le Saint Coran. De son vivant, le Messager ne portait des chaussures que les jours de Korité et de Tabaski. Le saint demandait aux disciples de s’entraider. Cette tradition est perpétuée de nos jours. Seydina Limamou est le premier à pratiquer la zakat de l’Aïd El Fitr. Pour lui, il était préférable de donner de l’argent. La somme est calculée sur la base du poids du produit le plus utilisé, notamment le riz ou le mil. Le montant varie tous les ans. Par exemple, l’an passé, le montant était fixé à 500 FCfa par personne. Et chaque père de famille donne la zakat pour lui et pour tous les membres de sa famille. Aujourd’hui, cette pratique a fait tâche d’huile. Mais lorsque le guide pensait à l’argent, personne n’avait cette idée. Parce qu’il savait que la monnaie est puissante et est plus avantageuse pour ceux qui reçoivent l’aumône. Avant de quitter ce bas-monde (il est décédé le 2 novembre 1909), Seydina Limamou Laye Al Mahdi a fait écrire des lettres à l’endroit de tous les disciples Layènes afin qu’ils se réunissent à Yoff pour célébrer avec lui la fête de Korité. Le messager, qui mourut 13 jours après cette commémoration, envoyait ainsi un signe d’adieu à la communauté Layène.

L’Obs

Voir aussi

thierno_bocoum_rewmi-30-03-2015_02-03-57_0

RÉPONSE AU MINISTRE DU BUDGET-PAR THIERNO BOCOUM

Votre réponse suite à mon interpellation concernant l’affaire de l’ancien ministre délégué Fatou Tambédou est …