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RAPPORTS POUVOIR/OPPOSITION  Macky dans une posture de guerre

La réponse du berger à la bergère. Voilà qui résume le mieux la position exprimée par le président Macky Sall, en inaugurant, ce samedi, le Pont de l’Emergence, à la Patte d’Oie, à Dakar. Le ton était sec et vindicatif, le discours empreint d’ironie et de mépris envers ses détracteurs.

Macky n’a pas mis en gants. Une fois le discours en français terminé, il est entré dans une forme de jactance qui rappelle le désarroi d’un homme incompris par ses contemporains et qui entend en découdre, régler des comptes. On a envie de se demander quelle mouche a piqué le président de la République au point de lui faire oublier toute forme de… protocole.

Manifestement, Macky n’en peut plus d’être attaqué. À ceux qui disent qu’il fait une campagne déguisée, il répond par : « Je fais ce que je veux du moment où je ne suis pas hué ».

Le discours en Wolof était loin d’être courtois. Ce n’était pas une réflexion pour tenter de convaincre. Il s’est agi plutôt d’une diatribe contre des personnes qu’il n’a pas citées mais dont il n’est pas difficile de déterminer l’identité.

Le socialiste rebelle, Barthélémy Dias, n’a pas été tendre avec le Président sur les milliards promis aux populations. Il a même dénoncé ce qu’il appelle « un mensonge d’État ».

Il se trouve que, le leader de Rewmi, Idrissa Seck, n’a jamais raté une occasion de dénoncer « l’incompétence du président Sall ». Ses attaques contre Macky sont de plus en plus virulentes et touchent ses qualités en tant qu’homme. Idy parle d’un problème d’honneur, de compétence, etc. Il a une fois assimilé Macky à Ebola, ce virus qui tue ses cibles en un temps recours et qui les oblige à être en quarantaine. Alors, à coup sûr, Idy se taille la part du lion dans ces flèches du Président. Ce dernier était tellement exaspéré qu’il a versé dans les menaces à peines voilées. Il s’est comparé à un lion qui dort et dont le réveil peut être fatal à ceux qui seraient tenté de le provoquer.

Il est difficile voire impossible pour nous, de cautionner une telle communication.
Le président de la République ne peut verser dans la polémique, aussi facilement

Surtout à un moment aussi important. Le discours en Français était intéressant. Il nous a permis de savoir que de la conception à la réalisation du Pont, tout a été fait par le Sénégal et les Sénégalais.

C’est en Wolof que les choses ont pris la tournure d’un grand meeting en pleine campagne électorale et surtout à l’approche du scrutin où les nerfs sont à bout. Or, il n’en est rien. Les élections annoncées du Haut Conseil des Collectivités Locales (HCCL) ne peuvent pas expliquer cette tension.

En réalité, ce sont les protocoles de Rebeuss et de Doha qui ont exacerbé la tension. Mais, entre Sall et Seck, les clivages vont au-delà des convictions politiques et des luttes de pouvoir.
Le confit est personnel et relève d’un passé tumultueux où tous les deux ont eu à cheminer aux côtés de leur père spirituel, Me Wade.

Il est temps, cependant, que la guerre s’arrête. La rivalité politique, entre les deux, est normale voire souhaitable pour une bonne vitalité de la démocratie qui a besoin d’une opposition crédible.

C’est alors au président de la République de prendre de la hauteur pour se hisser au-dessus de la mêlée. Il ne peut pas se comporter comme Moustapha Cissé Lô ou Youssou Touré ou je ne sais qui encore. Sa stature lui impose une attitude de sérénité, à tout moment. Il ne peut pas donner l’impression de ne pas contrôler la situation, de perdre les pédales. C’est la pire chose pour un leader.

Idy va, à coup sûr, continuer à faire ses critiques même si, par ailleurs, le ton gagnerait à être, modéré, par moment. C’est son rôle en tant qu’opposant. Et cette mission est une activité d’intérêt général parce que mission de service public. Macky ne peut pas dompter l’opposition même si celle-ci doit respect et considération du fait de son rang.
Sans chercher à donner des leçons à qui que ce soit, nous pensons qu’il est grand temps, pour les Sénégalais, que la classe politique donne des gages de bon sens, de lucidité, de clairvoyance et de perspicacité.

Or, ce à quoi nous avons assisté, ce samedi, ressemble fort à ces face-à-face de combats de lutte où la logique des muscles est la seule qui prévaut.

Assane Samb

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