ECONOMIE

Rarefaction des ressources, dégradation de l’environnement : ces maux qui gangrènent la gestion durable de la pêche à Ziguinchor

  • Date: 7 août 2015

La ville de Ziguinchor est située sur les rives de l’estuaire Casamance, caractérisée par un environnement d’écosystème, de mangroves favorables au développement des ressources halieutiques de par les apports  nutritionnels et de refuge pour les poissons. Toutes ces caractéristiques participaient  à faire des sites de pêche de cette localité un milieu littoral, riche en ressources halieutiques. Cependant, depuis un certain temps, le  secteur de la pêche est en train de traverser une profonde crise dans cette partie du Sénégal. En effet,  la durabilité de la pêche est compromise par la raréfaction des ressources halieutiques  et la dégradation de l’écosystème. Selon le chef de service départemental des pêches de Ziguinchor, Souleymane Mballo, cela s’explique par l’utilisation de certaines techniques de pêches notamment les filets mono filament.

A Ziguinchor, la gestion durable des ressources halieutiques est aujourd’hui confrontée à un certain nombre de contraintes entrainant du coup, la raréfaction du poissons et autres produits de la mer et une dégradation de l’environnement.
Selon  le chef du service départemental  des pêches Souleymane   Mballo, cette pression s’explique par le fait que les pécheurs utilisent  aujourd’hui des techniques de pêche qui ne vont pas dans le sens d’une gestion durable des ressources halieutiques.
«L’importance de ce secteur a fait que les pêcheurs au niveau de Ziguinchor s’adonnent, soit à la «pêche continentale», ou à celle appelée «pêche maritime». Nous avons aussi une forte communauté d’étrangère qui exerce la pêche surtout au niveau des «bolongs». Ce qui suscite l’utilisation de nouvelles techniques de pêches qui peuvent causer la dégradation de l’environnement parce que qui dit présence étrangère, dit nouvelles techniques de pêche, qui ne sont pas toujours les mieux indiquées pour la ressource», a-t-il déploré.
Il s’agit notamment soutient-il  de l’usage fréquent des filets monofilament prohibés formellement  par le code de la pêche en vigueur.
A cela s’ajoutent les actions anthropiques, notamment avec la coupe de la mangrove dont la conséquence directe est la destruction des lieux de reproduction de certaines espèces lagunaires comme les crevettes et les tilapias.
«La pêche à Ziguinchor est aussi gangrenée par «la dégradation de la mangrove, le manque de moyens et de personnels qui doivent concourir au contrôle des filets utilisés par les pêcheurs etc.», indique-t-il.
Par ailleurs, M. Mballo qui s’exprimait lors d’une visite de presse à Ziguinchor initiée par le projet Usaid Confish a magnifié l’apport de cet organisme dans le sous secteur de la pêche artisanale. Car, dit-il, grâce au projet, les pêcheurs sont plus réceptifs et sont  de plus en plus conscients des répercussions négatives de certaines de leurs techniques de pêche sur l’environnement.
Avant de relever des efforts consentis par le Conseil local de la pêche artisanale (Clpa), dans le sens de la préservation des ressources halieutiques.
«Les acteurs sont impliqués du début à la fin dans la préservation des ressources halieutiques. Ils ont souscrit à une convention locale plus contraignante, à certains égards, que le code de la pêche en vue d’une gestion participative et durable des ressources», a-t-il fait part.
A en croire Souleymane Mballo, le Clpa  est composé en majorité d’acteurs de la pêche et le chef du service départemental de la pêche assure le secrétariat.
INTERDICTION DES MONOFILAMENTS :Les acteurs pour des mesures d’accompagnement
Rencontrés dans les Locaux de la chambre de commerce et d’industrie de Ziguinchor, les acteurs de la pêche du département  n’ont pas manqué d’évoquer un certain nombre de difficultés rencontrées dans le secteur.
Selon le  coordonnateur du conseil local de la pêche artisanal  de Ziguinchor (Clpa), Pape Samba Siby, le gouvernement du Sénégal doit davantage appuyer les acteurs en prenant des mesures d’accompagnement surtout en ce qui concerne l’interdiction des monofilments.
En outre, il a demandé aux autorités de baisser davantage les intrants liés à la pêche comme les pirogues, les moteurs, le carburant etc.
«Si aujourd’hui nous sommes à ce niveau c’est grâce au soutien du projet Usaid Confish. Parce que l’organisme s’est investie dans notre formation à la communication et a initié beaucoup d’autres activités qui nous ont été très bénéfiques. L’Etat doit aussi renforcer son aide envers les pêcheurs de Ziguinchor en développant une alternative aux monofilaments mais aussi en développant des politiques adaptées aux réalités du Sud», lance M Siby.
ZIGUINCHOR – PISCICULTURE : Plus de 125 tonnes de poissons produites en 2014
Le chef d’agence nationale d’aquaculture de Ziguinchor,  Abdoulaye Daouda Diallo a fait savoir que la production piscicole de la  région  de Ziguinchor a atteint 125 tonnes en 2014, générant  ainsi près de 125 millions de francs Cfa pour les pisciculteurs locaux. C’était lors d’une visite de presse initiée par l’Ong Usaid Confish à Ziguinchor.
Selon lui, elle a servi exclusivement à la consommation des ménages de la région Sud. Avant de lancer un vibrant appel aux investisseurs à s’intéresser aux potentialités du développement de l’aquaculture dans la région de Ziguinchor.
«La Casamance qui est un territoire traversé de cours d’eau douce et salée, a beaucoup de potentialités en matière aquacole. Il s’y ajoute la présence de tannes (terres salées) impropres à l’agriculture qui peuvent abriter des étangs. Les tilapias noirs ou rouges sont les principales espèces issues des étangs. Les larves peuvent atteindre jusqu’à 800 grammes au bout de 5 mois d’élevage », a-t-il expliqué.
Il a, par ailleurs, relevé que c’est au niveau de cette agence nationale d’aquaculture où sont  produits les petits poissons qui sont élevés dans les sites de production de toute la zone Sud. Ainsi, lance-t-il un appel aux investisseurs à s’intéresser aux potentialités du développement de l’aquaculture dans la région de Ziguinchor.
PECHE ARTISANAL A KAFOUNTINE : Environ 80 % de la production destinés à la transformation
La pêche joue un rôle socio économique dans la zone de Kafountine  (département de Bignona). En effet, la filière exploitation des ressources halieutiques emploie un grand nombre de personnes (transformation artisanale et commercialisation). Toutefois, prés de 80% de la production au niveau du quai de pêche de Kafountine sont destinés à la transformation faute de moyens de conservation.
Prés de 80% de la production halieutique débarquée sur le quai de Kafountine sont destinés à la transformation. C’est du moins ce qu’a révélé le chef du service départemental de la pêche de Bignona, El Hadji Daouda Wone Guèye qui s’exprimait avant-hier, mercredi 5 août lors d’un voyage de presse organisé par  le projet Usaid Comfish au quai de pêche de la commune de Kafountine (département de Bignona).
«Entre 2005 et 2014, c’est environ 40 000 tonnes de poisson qui sont débarquées chaque année, à Kafountine. Les  80% de cette production, soit environ 32 000 tonnes, sont destinées à transformation artisanale en poisson fumé ou séché les 20% restant à la consommation », souligne M. Gueye.
A en croire au chef du service départemental de la pêche de Bignona, le développement des activités de transformation des produits halieutiques est favorisé par l’absence d’endroits de stockage comme les chambres froides et surtout l’accès déficit de la production de glace servant à la conservation des produits frais.
Sur un autre registre, la mise en place de Conseil local de la pêche artisanale (Clpa) de Kafountine avec l’appui du projet Usaid/COmfish a permis d’organiser les professionnels de la pêche en vue de créer un cadre de concertation pour une gestion durable des ressources halieutiques.
Pour remédier à ce fléau qui prend de plus en plus d’ampleur dans la région du Sud des mesures de restriction ont été prises de manière consensuelle avec les acteurs comme l’interdiction des monofilaments et la pêche des juvéniles, la pêche nocturne, l’instauration  des permis de pêche et l’immatriculation des pirogues.
Pour sa part, le coordonnateur du Conseil local de la pêche artisanale de Kafountine, Moro Demba s’est engagé à mettre l’accent sur la sensibilisation pour amener les professionnels à abonner les engins dangereux pour la durabilité de leur activité.
Sud Quotidien

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