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RARETE DES CLIENTS CHEZ LES MENUISIERS DU CANAL DE FASS Meubles cherchent… preneurs.

Malgré leur beauté et la diversité des bois et matériaux utilisés pour les fabriquer, les meubles exposés aux abords du canal de Fass n’attirent plus. Les vendeurs restent des mois sans apercevoir l’ombre d’un client. Reportage
A l’intersection du canal de Fass, sur l’avenue Cheikh Anta Diop, les voitures sont détournées. Pas par un agent de la circulation mais par un ensemble de bandes et de panneaux indiquant que l’endroit est en chantier, sur place le tintamarre des engins est insupportable. L’odeur des eaux usées du canal aussi. Plus loin, des jeunes filles en partance pour la cité des jeunes filles de l’université font de l’auto-stop. Lasses d’attendre en vain, certaines finissent par emprunter les cars rapides qui font le tour. Arrivées à destination, elles descendent le car rapide continue sa course, après quelques minutes perdues dans des embouteillages monstres. Le rond point est petit et surpeuplé : vendeurs de journaux, cantines, et un peu plus loin des meubles sont aménagés, chambres à coucher intégrales, salons, tables à manger et autres accessoires sont exposés sous le soleil. Les rayons de l’astre font briller ce qui reste du vernis distillés sur les lits et les armoires en bois. A coté les vendeurs regroupés en petits groupe prennent le thé en attendent l’arrivée de clients. Un geste qu’ils accomplissent chaque matin sans espoir, tant ils sont restés des mois sans apercevoir l’ombre d’un client « je suis resté 3 mois sans rien vendre, c’est extrêmement difficile pour nous », l’homme est menuisier de profession, sa casquette bien vissée sur la tête laisse pourtant entrevoir des cheveux teints en blanc, son visage fin laisse apparaitre quelques boutons «  je travaille jusqu’à 11 h , après je passe ici espérant avoir quelques clients mais c’est pas évident surtout avec les meubles importés des libanais » « Mais est ce que vous vous êtes demandés pourquoi les sénégalais n’aiment pas vos meubles » , nous lui demandons « on ne sait pas en tout cas nous on fait de la qualité et en plus le bois coute cher On peut exposer toute l’année mais souvent à l’approche des fêtes , on parvient à écouler quelques marchandises à la vieille de la Tabaski , au début du mois on a vendu quelques articles », dit-il amèrement .Autre argument qui peut être a fait fuir les clients, le prix de ces meubles « combien coute cette chambre à coucher » nous nous sommes amusé à demander «  800 000 FCFA » nous rétorque t-on un prix qui peut faire tomber des nues et que ce guinéen tente de justifier « allez dans les boutiques des libanais pour voir » , ce vendeur au teint clair a quitté son pays natal pour tenter sa chance au Sénégal , mais malheureusement pour lui ,les fruits n’ont pas tenu les promesses des fleurs , «  ma dernière transaction date d’avant la tabaski depuis rien je viens tous les jours je me demande ce que je fais ici», lâche t-il avant de faire descendre son pied du lit où il était assis, a coté quatre chaises et une table noire forment une salle à manger en fer. A droite, un ensemble de matelas sont superposés, le vendeur lui accuse les travailleurs « depuis qu’ils ont barré la route, les clients ne viennent plus, on doit attendre qu’ils terminent et c’est vraiment compliqué je comprends les clients, ils n’ont pas où passer ». Son amertume risque de le ronger, voilà des mois que les clients ne lui disent plus bonjour alors que tous les jours il se pointe pour les attendre. En vain.
En plus de cette rareté des clients , la mairie de Fass colobane Gueule Tapée menace de les déguerpir , parfois aussi on leur demande de payer des taxes , « nous, on n’était sur la corniche ouest mais avec la construction du tunnel et de l’échangeur, « on n’était obligé de chercher ailleurs un endroit , quand nous sommes arrivés ici il n’y avait que des herbes mais on a tout enlevé pour s’y s’installer mais que veulent –ils » ; « je crois qu’on ne dérange personne ici » dit cet autre vendeur , une tasse de thé à la main.
Juste en face de l’endroit où les meubles attendent preneurs, se trouve le lycée commercial Delafosse. Il est 12 h passés de quelques minutes, les jeunes filles viennent de descendre et marchent tranquillement le long de la chaussée pour aller peut être se restaurer. Devant le lot de marchandises exposées, elles passent, indifférentes au désespoir que vivent… ces vendeurs.

Khady T COLY

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