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Recapitalisation des Ics : L’Etat a-t-il bradé un fleuron de l’économie ?

Recapitalisation des Ics : L’Etat a-t-il bradé un fleuron de l’économie ?
L’Etat sénégalais a-t-il bradé le fleuron de l’industrie sénégalaise ? La question est sur toutes les lèvres, après l’accord intervenu, hier, avec les Indiens.

Source : Walf Fadjri
De 47 % des actions, l’Etat se retrouve désormais avec 10 %. Les 90 autres reviennent au Consortium qui sera formé autour d’Iffco. ‘L’Etat n’a pas bradé les Ics. L’accord est adossé sur le nouveau Code minier. Nous avons toujours défendu les intérêts du Sénégal et des travailleurs des Ics. On ne peut pas parler de bradage, d’autant plus que tout s’est fait dans les règles l’art.

C’est après d’âpres négociations que nous avons abouti à cet accord. Encore une fois, les Ics n’ont pas été bradées’, soutient le ministre des Mines et de l’Industrie. Selon Me Madické Niang, le Consortium, dont les membres seront connus dans 15 jours, conformément aux engagements du partenaire indien, sera ouvert au Sénégal qui aura deux représentants dans le Conseil d’administration.

Selon l’article 30 (participation de l’Etat, Ndlr) de la Loi n° 2003-36 du 24 novembre 2003 portant Code minier, l’Etat peut, en sus de 10 % d’actions ‘gratuites’, négocier pour lui et le secteur privé national une participation au capital de la société d’exploitation. ‘Le Consortium sera constitué d’opérateurs sénégalais ou africains. Et nous avons voulu que la nouvelle entité Ics évolue dans un cadre sécurisé qui la préserve de toute crise financière’, souligne le ministre. L’environnement sécurisé se traduit aussi par des exonérations fiscales. En effet, les grands projets d’exploitation faisant l’objet de concession minière et nécessitant la mobilisation d’investissements lourds, bénéficient pour les avantages fiscaux et douaniers, d’une durée d’exonération au moins égale à la période de remboursement des emprunts qui ne pourra pas excéder 15 ans.

Jointe par téléphone, l’ancienne ministre de l’Industrie et de l’Artisanat est satisfaite de l’accord intervenu hier. ‘Je n’ai jamais cessé de me battre pour qu’une solution durable soit trouvée. Je n’ai ménagé aucun effort pour que cette recapitalisation ait lieu. Je l’avais dit devant les députés, le 10 décembre 2005. Je profite de l’occasion pour remercier et féliciter mon successeur, le ministre Madické Niang. Je comptais sur lui pour que la recapitalisation aboutisse. J’ai toujours pensé que Madické Niang est quelqu’un qui ne va pas brader la société. Avec cet accord, l’Etat ne va pas en pâtir. Les intérêts des deux parties sont aujourd’hui sauvés, même si je n’ai pas les termes de l’accord’, précise Mme Bineta Samba Bâ.

Pour les travailleurs des Ics, l’essentiel est déjà fait, en attendant le contenu de l’accord signé, hier, en présence du Premier ministre. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour les Ics. En attendant d’avoir les termes de l’accord, nous nous félicitons de la signature. Nous pensons que cette action sera accompagnée pour relever les Ics. La crise a été profonde, mais avec l’engagement de l’Etat et du partenaire stratégique, un accord a été trouvé. Les travailleurs ont relevé le défi de maintenir l’outil de production.

L’essentiel est d’injecter le cash flow nécessaire pour remettre les Ics sur un nouvel élan dans ce contexte international favorable’, souligne Momath Bâ, président de l’Amicale des cadres des Ics.

‘C’est une affaire entre l’Etat du Sénégal et les Indiens. Maintenant, s’il y a des retombées sur les travailleurs, l’Etat du Sénégal nous donnera ces informations. C’est par l’intervention du ministre et du Pca Awasthi que nous avons été rassurés. Nous voulons cependant que 10 % soit réservé au personnel des Ics’, déclare Cheikh Ousmane Diop. Le coordonnateur de l’Intersyndicale des travailleurs des Ics ajoute que c’est une nouvelle page qui s’ouvre ‘parce que l’Etat et Iffco ont la volonté politique de gérer autrement la société. C’est sûr !’, soutient le syndicaliste.

Le président du Conseil d’administration des Ics rassure, de son côté, qu’aucun emploi ne sera menacé. ‘Le personnel des Ics est compétent, engagé et courageux. Nous allons les soutenir. Pour le moment, on pense à la restructuration. Cette étape franchie, nous pouvons discuter de la participation du personnel au capital’, déclare Dr. U. S. Awasthi.

Les Ics représentent un investissement cumulé de 700 milliards de francs, emploient 2 500 agents permanents et 10 000 saisonniers, et assurent un revenu salarial de 16 milliards de francs par an. Elles utilisent les services de plus de 600 entreprises rémunérées à près de 40 milliards de francs par an.


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