ECONOMIE

Recherche économique : Le Togolais Yao Dossa Tadenyo, lauréat du Prix Abdoulaye Fadiga de la Bceao

  • Date: 11 septembre 2015

Le jury de la quatrième édition du Prix Abdoulaye Fadiga pour la recherche économique, décerné par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), a distingué, cette année, le Togolais Yao Dossa Tadenyo pour son travail sur les taux d’intérêt de la Bceao et l’évolution de l’inflation dans la zone Uemoa. Le Prix d’encouragement revient au duo béninois Charlemagne Babatoundé Iguié et Mathieu Gbêmèho Trinnou co-auteurs d’un article sur le risque de crédit bancaire et la politique monétaire dans l’Uemoa.

Le Prix Abdoulaye Fadiga 2014 pour la recherche économique de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a été décerné, hier à Dakar, au Togolais Yao Dossa Tadenyo, doctorant en sciences économiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, pour son article intitulé « Chocs de taux d’intérêt de la Bceao et évolution de l’inflation dans la zone Umoa : implications pour la poursuite d’un objectif de stabilité des prix ». Le jury de cette quatrième édition, présidé par le Pr Fulbert Amoussouga Gero, directeur de l’Ecole doctorale sciences économiques et sciences de gestion de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), a distingué, à l’unanimité, le travail de M. Tadenyo parmi dix-neuf articles, saluant la démarche quantitative novatrice de l’auteur. « En plus d’une excellente synthèse des études recensées dans la revue de littérature, cet article s’appuie sur une technique quantitative novatrice pour examiner la capacité de la politique monétaire de la Bceao à affecter significativement l’évolution du niveau général des prix dans les Etats membres de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africain) », explique le Pr Fulbert Amoussouga Gero.
L’étude montre que la politique monétaire de la Bceao affecte significativement les économies de l’Union et qu’une hausse du taux du marché monétaire impacte négativement et de façon significative l’inflation. Elle formule, en outre, des recommandations « pertinentes » relatives à la compréhension de l’impact des variations du taux du marché monétaire sur l’inflation dans l’Union. Le Prix d’encouragement a, quant à lui, été attribué au duo béninois Charlemagne Babatoundé Iguié et Mathieu Gbêmèho Trinnou, respectivement doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université d’Abomey-Calavi et doctorant au Centre d’études, de formation et de recherche en développement (Cefred) de la même faculté, pour leur article intitulé « Risque de crédit bancaire et politique monétaire dans l’Uemoa ».

Importance stratégique de la recherche
Cette étude examine l’influence de l’exposition du risque de crédit des banques sur le fonctionnement du canal de transmission de la politique monétaire qui passe par le crédit bancaire dans l’Uemoa. Un thème jugé pertinent et actuel par le jury que les auteurs ont abordé « avec une problématique bien posée ainsi qu’une bonne revue de littérature tant théorique qu’empirique ». Les résultats de l’étude montrent ainsi que l’efficacité de la politique monétaire dans l’Uemoa dépend également de la qualité des actifs bancaires. Lancé en 2008, le Prix Abdoulaye Fadiga (1935-1988), du nom du premier gouverneur de la Bceao, vise à susciter des réflexions sur les questions économiques, monétaires et financières se rapportant au développement des Etats membres de l’Uemoa et présentant un intérêt certain pour la Banque centrale. Le jury prend en compte les critères de pertinence et l’intérêt scientifique de la problématique, la qualité de la revue de littérature, la robustesse de la méthodologie et la rigueur dans l’analyse des résultats.
Le lauréat de cette année a reçu un chèque de 10 millions de FCfa (cinq millions de FCfa pour le prix d’encouragement). On compte parmi les anciens lauréats les Sénégalais Mamadou Felwine Sarr et Cheikh Tidiane Ndiaye primés en 2010. Revenant sur la politique de la recherche de la Bceao, le gouverneur, Tiémoko Meyliet Koné, explique que comme toute banque centrale moderne qui veut mettre en œuvre une politique monétaire efficace, la Bceao accorde une importance stratégique à la recherche. C’est pour cette raison, dit-il, que le Comité de politique monétaire a toujours eu des enseignants chercheurs pour renforcer la formulation de la politique monétaire.

YAO DOSSA TADENYO, LAUREAT 2014 DU PRIX ABDOULAYE FADIGA : « J’espère que mes recommandations seront prises en compte »
Le lauréat du Prix Abdoulaye Fadiga 2014, le jeune Togolais Yao Dossa Tadenyo, doctorant à l’Université de Dakar, qui était à la troisième tentative, n’a pas caché sa joie à l’annonce du verdict. « La recherche, c’est une question d’humilité, j’espère que mes recommandations seront prises en compte pour que notre Union aille de l’avant », a-t-il sobrement commenté sous les applaudissements d’un parterre d’invités composés essentiellement d’universitaires, d’économistes et de banquiers.

MAHAMMAD BOUN ABDALLAH DIONNE, PREMIER MINISTRE DU SENEGAL : « Etendre le Prix aux travaux sur le chômage »
Après avoir procédé à la remise des prix aux lauréats en compagnie de son homologue ivoirien, le Premier ministre sénégalais a souhaité, dans son discours, l’extension du Prix Abdoulaye Fadiga aux travaux sur le chômage, une préoccupation majeure des Etats de la sous-région.
Le le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne estime souhaitable d’étendre, de manière explicite, les champs couverts par le Prix Abdoulaye Fadiga aux travaux sur le chômage, une préoccupation de premier ordre des Etats de l’Union. Le champ d’investigation pour le Prix Abdoulaye Fadiga concerne tout naturellement la stabilité des prix, au cœur de l’action de la Bceao, le domaine monétaire et financier, ainsi que d’autres sources de préoccupation des Etats de l’Uemoa, notamment les questions macroéconomiques liées à l’endettement extérieur, au commerce international, aux finances publiques, à la viabilité des unions monétaires, aux fluctuations des matières premières et agricoles et, de façon plus générale, à la croissance économique. « Les jeunes de moins de 25 ans constituent les deux-tiers de nos populations et les trois-quarts de la population de nos Etats ont moins de trente-cinq ans, cette lourde contrainte que nous partageons avec pratiquement tous les pays de l’Union, voire de l’Afrique, nous devons la transformer en opportunité », insiste M. Dionne, qui a remis les prix en compagnie de son homologue ivoirien, Daniel Kablan Duncan. « Nos pays doivent-ils concevoir leurs stratégies de développement en mettant l’accent sur la croissance ou en privilégiant l’emploi ? », s’interroge le chef du gouvernement. D’après lui, c’est cette question qui sous-tend le Plan Sénégal émergent (Pse) qui vise, dans un horizon de dix ans, un objectif de croissance de 7 à 8 % et la création de 600.000 emplois formels. Il félicite la Bceao d’avoir mis en place l’Agence Umoa-Titres qui a permis au Sénégal de lever, en 2014, près de 311 milliards de FCfa – et vise 490 milliards de FCfa en 2015 – sur le marché régional pour le financement de ses besoins d’investissement.

Hommage au gouverneur Abdoulaye Fadiga
Rendant un hommage solennel au défunt premier gouverneur de la Bceao, Abdoulaye Fadiga, qui a marqué, de son empreinte, l’institution d’émission monétaire, notamment en africanisant le personnel, et sa vision d’une Afrique responsable, ambitieuse, œuvrant pour l’excellence et le développement, le chef du gouvernement n’a pas manqué de souligner que la Banque centrale s’est forgée, sur le plan international, une réputation de rigueur, de qualité organisationnelle assez rare en Afrique.
Ceci sous l’impulsion du défunt gouverneur qui a posé les fondements de ce qui est devenu « l’une des plus prestigieuses » institutions financières africaines, montrant ainsi aux générations futures ce qu’est le sens du devoir.
« La Bceao, toujours à la pointe de l’initiative, a mis en place, au début des années 1990, une structure embryonnaire de recherche (la Direction de la recherche et de la statistique) qui allait évoluer pour devenir la structure de recherche de référence en formulation et mise en œuvre de la politique monétaire singulièrement dans l’union de zone monétaire », rappelle Mahammad Boun Abdallah Dionne qui a passé une bonne partie de sa carrière professionnelle (de 1986 à août 2008) à la Bceao, y côtoyant notamment son actuel homologue ivoirien, Daniel Kablan Duncan. L’ouverture au monde universitaire et de la recherche sera entamée avec la mise en place de la Revue économique et monétaire (Rem), avec la contribution d’économistes de l’Union et de la diaspora, et l’instauration, en 2008, d’un prix Abdoulaye Fadiga, ajoute-t-il. Aux jeunes lauréats, il souhaite que ces prix marquent le tournant d’une belle aventure au service de la recherche et du développement, les invitant à continuer à cultiver l’excellence.

Le Soleil

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15