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Recherches : Le Sénégal en pointe dans la prévention de la maladie – Les premiers tests effectués sur plus d’une centaine de volontaires

Le Sénégal n’a pas croisé les bras après avoir réussi la prouesse de soigner le premier cas «importé» d’Ebola apparu sur ses terres il y a plus d’un an. Au service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann, le personnel de santé dirigé par le professeur Moussa Seydi a beaucoup avancé dans la recherche de la prévention de la maladie. La preuve, un vaccin anti Ebola Gsk est en train d’y être expérimenté présentement.

Le Sénégal est en avance par rapport à beaucoup de pays dans la prévention contre la maladie à virus Ebola. D’après des informations confirmées par le Pr Moussa Seydi, ce médecin de renom qui avait guéri le premier cas «importé» d’Ebola au Sénégal, plus d’une centaine de volontaires sénégalais ont été vaccinés avec le vaccin anti Ebola Gsk (Ndlr : laboratoire pharmaceutique britannique Glaxo Smith & Klein). Cela, dans le cadre d’un projet de recherche qui vient de débuter au niveau du service des maladies infectieuses de Fann dont il est le chef, et au niveau de l’hôpital Le Dantec au service virologie.

Selon le Pr Seydi, ce vaccin anti Ebola Gsk porte le nom scientifique de Chad3-Ebo-Z. Toutefois, il précise que «les personnes vaccinées sont des volontaires composés pour la majeure partie du personnel de la santé qui ont accepté de recevoir le vaccin dans le cadre d’un projet de recherche de phase II. Le Pr Seydi souligne : «Pr Cheikh Tidiane Ndour et moi-même sommes les investigateurs principaux de ce projet au service des maladies infectieuses de Fann. C’est le lieu de rendre hommage à nos collaborateurs : Dr Khardiata Diallo Mbaye, sous investigateur et médecin d’étude clinique, Mme Fatima Sall Ba, coordonnatrice adjointe et gestionnaire de la chaîne de froid, ainsi que toute l’équipe mobilisée autour de ce projet». Le Pr Seydi rappelle aussi que son équipe l’accompagne efficacement dans ses trois missions fondamentales que sont l’enseignement, la recherche et la prise en charge des malades et qu’il en est heureux.

Plus d’une centaine de personnes volontaires sont vaccinées 

A la question de savoir pourquoi cette étude est menée au Sénégal alors que le pays ne connaît aucun cas de maladie à Virus Ebola présentement, le chef des services des maladies infectieuses de Fann explique qu’«avant de faire une étude sur l’efficacité d’un vaccin – comme celui sur le vaccin Vsv en Guinée – il y a deux étapes préalables appelées phase I et phase II. La phase I – qui peut se faire en dehors des zones où sévit la maladie à virus Ebola – correspond à la première administration à l’homme après les études animales. Cette phase se fait chez un nombre limité de volontaires sains».

Le professeur Seydi de poursuivre : «Si les résultats sont satisfaisants, notamment s’il n’y a pas d’effets indésirables graves surtout irréversibles, on passe à la phase II. La phase II – qui peut se faire en dehors des zones où sévit la maladie à virus Ebola et qui se passe actuellement à Dakar mais avec le vaccin anti Ebola de Gsk – permet, entre autres, de recueillir de manière plus précise des données sur l’innocuité qui aura déjà été prouvée dans la première phase et des données sur l’immunogénicité du vaccin. C’est-à-dire sa capacité à faire produire à l’organisme humain des anticorps susceptibles de le protéger contre la maladie visée qui ici est la maladie à Virus Ebola. Si l’innocuité est encore confirmée et les anticorps mis en évidence, le vaccin est prometteur et on passe à la phase III».

Mais ajoute le professeur, cette  phase III ne peut se faire que dans des zones où sévit la maladie à virus Ebola, comme en Guinée. Car il faut que les sujets vaccinés soient en contact avec des malades pour déterminer sans aucun doute l’efficacité du vaccin.

Pourquoi le Sénégal a été choisi pour mener l’étude ?

Le Sénégal est en train d’étudier un autre vaccin différent du vaccin Vsv, mais ce vaccin sera développé par Gsk qui est le promoteur, informe le Pr Seydi. Ce dernier déclare que «notre rôle en tant que scientifiques, est de faire une recherche sur le vaccin. Ce sont nos résultats et ceux des autres pays qui seront impliqués, mis ensemble, qui pourront permettre de passer à la phase III à l’issue de laquelle le vaccin pourra être commercialisé».

Il ajoute qu’«il existe quelques différences entre les deux vaccins. Mais ces différences ne sont pas énormes, puisqu’ils se basent sur le même principe. Pour faire simple, disons que les deux vaccins sont recombinants, c’est-à-dire qu’ils utilisent des virus différents du virus Ebola dans lesquels on incorpore une partie du virus Ebola. Cette partie est un gène qui permet aux virus utilisés – qui ne sont pas dangereux pour l’homme – de synthétiser une glycoprotéine de surface du virus Ebola. Ce procédé a déjà été utilisé dans la fabrication d’autres vaccins».

«Le vaccin anti Ebola de Gsk, développé par la firme britannique Gsk avec l’Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (Niaid), utilise un adénovirus. C’est un virus de chimpanzé qui ne se  multiplie pas chez l’homme. Le vaccin anti Ebola Vsv, mis au point par l’Agence de la santé publique du Canada et développé par le laboratoire américain Merck, utilise le virus de la stomatite vésiculaire recombinant. Ces deux vaccins sont prometteurs mais ils ne sont encore qu’en cours d’étude», renseigne-t-il.

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