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Recrudescence de l’insuffisance rénale- A l’origine, les faux médicaments

Les médicaments de la rue sont à l’origine de plusieurs problèmes de santé dont l’insuffisance rénale et l’hépatite. La révélation a été faite hier par le Comité national sénégalais de lutte contre les faux médicaments et l’exercice illégal de la pharmacie (CONASEN).

L’utilisation de ces médicaments de la rue est à l’origine de plusieurs problèmes de santé publique, allant des insuffisances rénales aux problèmes hépatiques, en passant par les cancers, les résistances aux antimicrobiens… ». C’est ce qu’a révélé M. Massokhna Kane, Président du Comité de lutte contre les faux médicaments et l’exercice illégal de la pharmacie, lors d’une conférence de presse. Selon lui, une enquête réalisée à Touba en 2016 a répertorié 300 malades souffrant de pathologie rénale. Aujourd’hui, nous en sommes à 700, a-t-il souligné.  Ainsi, le président de souligner que dans le cadre de la lutte contre le marché illicite de médicaments qui représente un véritable problème de santé et de sécurité publique, le Ministère de la Santé et de l’Action sociale a, par arrêté, créé le comité sénégalais de lutte contre les produits médicaux de qualité inférieure, faussement étiquetés, falsifiés, contrefaits et l’exercice illégal de la pharmacie. « Comme vous le savez, ces médicaments tuent, ils sont extrêmement dangereux pour les populations. Ceux qui le vendent font un trafic criminel. Ces médicaments sont contrefaits, soit il n’y pas les principes actives, soit il y en a mais sont insuffisants, soit ils sont mal conditionnés. Et il faut lutter contre ça car il y a des conséquences énormes », a-t-il dit.

Pour M. Kane, la vente illicite de médicaments est un phénomène qui concerne le monde entier. Il est particulièrement accentué dans les pays à faibles revenus et cette activité représente 10% du marché mondiale des médicaments. « Ce commerce serait plus lucratif que celui de la drogue. Il a des répercussions graves sur la santé des populations, pouvant causer même des décès étant donné que les produits concernés sont mal conservés, périmés ou contrefaits et avec des conseils d’utilisation fournis par des non professionnels », a-t-il déploré. Et ajoute que le Comité est déterminé à mener une lutte sans merci contre le trafic criminel de médicaments, avec le soutien des plus hautes autorités, ainsi que les différents acteurs de ce combat.

Mme Marième Fall, Présidente de L’association des sages-femmes du Sénégal, de son coté, de faire appel à la population sur l’utilisation des médicaments qui, selon elle, touchent 60% des femmes et des enfants. « La femme, c’est elle qui accouche, qui amène les enfants à l’hôpital, et même son mari. C’est elle aussi qui achète les médicaments et si elle n’est pas dotée de moyens, elle achète ces faux médicaments qui peuvent lui causer beaucoup de choses sur la santé de sa famille et d’elle-même. Cette une lutte de tout le monde et de tous les jours », a-t-elle laissé entendre.

Khady Thiam COLY

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