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Redressement de la Senelec : Vers une révision de la grille tarifaire

La Senelec vit une crise induite par des facteurs aussi bien endogènes qu’exogènes. Pour sortir de cette situation, la direction de cette boîte envisage des réformes sur la grille tarifaire, bien que le prix à la consommation soit l’une des plus élevés en Afrique et au monde. La direction n’attend que le feu vert de la commission de régulation pour appliquer les la mesure.

Source : L’Office
Pour sortir du goulot d’étranglement consécutif à la vétusté des installations, de la hausse des prix des combustibles, de la dette, entre autres, la Sénélec est obligée de revoir sa grille tarifaire. C’est du moins la conviction du nouveau Directeur général de cette société, Lat Soukabé Fall, nouvellement installé. Cette nouvelle grille consistera en une tarification progressive. Si la commission de régulation accepte la proposition, plus le client consomme, moins il paie. Ce qui permettra d‘amoindrir la consommation. Quant à cet autre ingénieur interpellé par nos soins, il sonne le tocsin. Non sans préconiser une révision totale de la structure tarifaire. Certes, ce n’est pas la voie du salut, « mais cela pourrait résoudre beaucoup d’équations », soutient mordicus notre interlocuteur. Il justifie son argumentaire par un besoin de booster la consommation et le règlement de la facturation. En effet, au-delà de la dette qu’accumule la boîte, les clients de la Senelec traînent une ardoise qui, payée, pourrait résoudre un certain nombre de problèmes. Car, c’est un truisme de dire que la Senelec clopine, et a besoin insatiablement d’un « check-up » (un bilan de santé). Avec un déficit chronique de trésorerie qui se chiffrerait à quelque 77 milliards de FCfa, la situation financière de la Senelec est loin d’être enviable, et ne lui permet nullement d’amorcer un quelconque redressement. Malgré les 65 milliards de F Cfa que l’Etat sénégalais entend injecter, si l’on en croit le ministre de l’Energie, dans les caisses, représentent une bouffée d’air frais pour l’entreprise qui n’en peut plus de ployer sous la bérézina financière. Pour rappel, dès sa première sortie, après sa nomination, le ministre de l’Energie, Samuel Sarr, avait annoncé la recapitalisation prochaine de la Senelec, avant le mois de décembre 2007. Voici que cela se fait trois mois à l’avance. Comme il le disait, « le problème est essentiellement de trésorerie, et découle aussi de l’augmentation du prix du baril de pétrole sur le marché mondial ». Aussi, ces 65 milliards de FCfa vont-ils d’abord permettre à la Senelec d’échapper au dépôt de son bilan, et partant de régler le problème de l’approvisionnement en combustible. « Certes, la recapitalisation de la boîte représente ainsi le préalable majeur pour prétendre régler tous les autres problèmes auxquels le secteur de l’électricité est confronté. En somme, mettre en œuvre les réformes nécessaires pour une sortie de crise définitive. Poursuivant son théorème, il nous apprend, « qu’aussi surprenant que cela puisse paraître, ce qui se passe au Sénégal on ne le voit nulle part. Chez nous, plus tu consommes, plus tu payes. Ce qui fait que le consommateur aura le réflexe de consommer moins. Ce qui constitue un manque à gagner pour la Senelec ». Une manière de dire que « cette formule de tarification qui date de 1978 est désavantageuse ». Poursuivant son argumentaire, il laisse entendre que « déjà, sous le précédent régime socialiste, la structure tarifaire était une pomme de discorde entre le pays et le Fonds monétaire international (Fmi). Malgré l’arrivée au pouvoir, en 2000, d’un gouvernement plutôt libéral, il conserve toute son acuité ». Et notre source de poursuivre pour renchérir qu’à l’époque, l’État avait puisé dans le budget pour combler le trou. Le déficit, pour l’année qui débute, est cette fois estimé à 10 milliards de F Cfa (15 millions d’euros). Le Fmi préconise de faire payer le consommateur, pour éviter d’avoir à nouveau à pomper dans le budget, ce qui entraînera une augmentation dans la facturation. Le gouvernement a`indiqué publiquement qu’il n’envisageait pas cette possibilité. En 1997, la privatisation de la Sénélec était intervenue sous la pression de la Banque mondiale et du Fmi, malgré une farouche opposition du Sutelec, le principal syndicat du secteur électrique. Son secrétaire général, Mademba Sock, se retrouva d’ailleurs en prison pour des faits de grève qualifiés de sabotage. À son arrivée au pouvoir, le président Abdoulaye Wade avait dénoncé la gestion de cette privatisation, la présentant comme une preuve de l’incurie de l’ancien gouvernement ; coupable, à ses yeux, d’avoir bradé le patrimoine national. Avéré ou pas, notre source n’a pas manqué de s’étrangler du fait que « le Sénégal figure parmi les trois pays les plus chers en Afrique Subsaharienne en termes de facturation. C’est pourquoi, la direction de la Senelec devrait se retrouver pour réviser la structure tarifaire, sinon ce sera l’agonie ». Pour l’heure, l’Establishment gagnerait à prendre à bras-le-corps ce qu’il est convenu d’appeler « le cas Senelec ». Laquelle entreprise devrait être en mesure de faire face aux urgences pour sa survie, mais aussi aux incidences du cours du baril sur le consommateur.


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