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Référendum : Encore le spectre de la fraude

  • Date: 3 mars 2016

130 mille volontaires pour sécuriser le vote, voilà l’antidote de la coalition de l’opposition et de la Société civile face à ce qu’elle entrevoit comme un risque grave, la fraude.

Le leader de Aj/Pads, Mamadou Diop Decroix, qui préside aussi aux destinées du Front patriotique pour la défense de la République (Fdpr) n’a pas caché sa préoccupation par rapport à la transparence du vote. Il s’en est ouvert à la presse pour tenir l’opinion publique en témoin.

En réaction à cette sortie, le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, maitre d’œuvre des élections, a été on ne peut plus catégorique : « Du non-sens, des accusations gratuites ». Il a notamment donné des gages de sincérité du vote faisant remarquer, en substance, que s’il était possible de frauder, leurs prédécesseurs au pouvoir n’auraient jamais pu être vaincus.

Un débat par presse interposée qui en rappelle de nombreux autres, agités à tort ou à raison lors de chaque élection par le camp de l’opposition notamment.

Rappelons, pour la petite histoire, que toutes les victoires du président Diouf notamment en 1988, 1993 ont été contestées par  Me Wade qui avait, en son temps, dénoncé des fraudes massives. Un Pape du Sopi qui a toujours revendiqué la victoire. Et comme l’histoire se répète le plus souvent, en 2007, l’opposition, au pouvoir aujourd’hui, avait agité le risque de  fraude dans tous les débats ou elle a eu à participer, dénonçant notamment le fait que le ministre de l’Intérieur de l’époque, en l’occurrence, Me Ousmane Ngom, ne soit pas un ministre neutre, c’est-à-dire issu de la Société civile comme cela semble avoir été le cas sous Diouf où des discussions entre pouvoir et opposition avaient permis de nommer un Général d’Armée à la tête de cette haute instance qui organise les élections.

C’est le ministre de l’Intérieur qui dérange

Aujourd’hui, ce sont les mêmes reproches qui sont faits au pouvoir, ouvertement ou indirectement. C’est la nomination d’Abdoulaye Daouda Diallo, un cadre de l’Alliance pour la République (Apr) qui dérange. C’est à croire que le spectre de la fraude plane sur toutes les élections au Sénégal. L’opposition suspecte le pouvoir qui s’en défend. D’où une interrogation : Est-il possible d’organiser des élections fiables au Sénégal avec un ministre de l’Intérieur partisan ? La réponse nous semble couler de source quand on sait quand Me Wade perdait le pouvoir en 2012, son ministre de l’Intérieur était un de ses plus farouches partisans et ami.

En 2007, l’opposition dénonçait l’existence d’un fichier électoral taillé sur mesure pour permettre la victoire de Wade, ce que les faits ont démenti. Non seulement durant cette date, mais aussi lors des locales de 2009. Pourtant, l’opposition d’alors était tellement convaincu d’avoir raison, qu’elle a cru devoir boycotter les législatives, consacrant son absence à l’Assemblée nationale durant une longue période.

Les arguments avancés par le régime de Wade et les efforts faits pour automatiser le fichier n’ont pas convaincu outre mesure. Pourtant, les faits ont à la fois donné raison à Wade et à l’opposition. Je m’explique.

À Wade d’abord, les faits lui ont donné raison, parce qu’il a été mis en ballotage, entrainé au second tour et battu avec un lourd score de 65%. Comme quoi, l’opposition n’avait pas à s’inquiéter, en principe.

Mais, dans les faits, l’opposition n’avait pas aussi tout à fait tort. À la veille de la proclamation des résultats, au moins deux des partisans du candidat Wade ont appelé les rédactions dont celle que nous dirigions à l’époque, pour donner des chiffres totalement faux. C’était au premier tour. Il a fallu donc l’intervention personnelle du président Wade démentant ses propres partisans dans une conférence de presse le lendemain pour que les résultats officiels soient publiés opposant Wade et Macky arrivé en seconde position.

Qui plus est, en 2000, nous avons entendu un haut officier de l’Armée qui était impliqué dans le processus électoral expliquer lors d’un séminaire, qu’il a personnellement dissuadé de hautes autorités de ce pays à ne pas frauder au motif que les résultats avaient déjà été donnés par la presse.

C’est dire que le risque de fraude est bien là malgré l’existence de soupapes de sûreté comme un fichier fiable malgré les critiques, la Cena, la présence des représentants des partis dans les bureaux de vote et surtout des journalistes de la presse indépendante qui relaient les résultats.

En réalité, tout dépend du bon vouloir des autorités notamment de la haute autorité qui est le président de la République dans son désir de jouer le jeu.

Sans douter de la bonne foi du président Sall et de son ministre de l’Intérieur, nous pensons qu’il est souhaitable qu’un ministre des Élections neutre détaché du ministère de l’Intérieur soit nommé pour apaiser les craintes des uns et des autres et crédibiliser le vote.

Il n’est pas possible, en effet, qu’au Sénégal, qu’à chaque élection, le spectre de la fraude pèse sur une opposition qui n’a que sa voix pour alerter ou pour dénoncer, entachant ainsi gravement la fiabilité du processus électoral. Ce débat doit être clos, une fois pour toute.

 

Assane Samb

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