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RÉFÉRENDUM- Et subitement, la menace terroriste « disparait »

Il y a de cela quelques semaines, tous les Sénégalais n’étaient pas loin de penser que leur pays allait être attaqué par des barbus comme au Mali ou au Burkina pour ne citer que ces exemples.

Toute la presse nationale et internationale s’étaient accordé à dire que notre pays était gravement menacé. Les autorités avaient même pris les devants avec la présence des forces de sécurité visibles dans tous les coins de la capitale. Même le journal Jeuneafrique s’y était mêlé en déclarant que Dakar était sous haute surveillance avec la menace imminente des terroristes dits islamistes.

Un ambassadeur d’un pays ami s’étonnait même que les autorités aient fait preuve de beaucoup de sérénité dans ce qui était présenté comme une situation de guerre imminente avec un ennemi invisible.

Mais, subitement, après le 16 février dernier, date de la déclaration du président Sall sur le référendum, tous les barbus imaginaires ou réels avaient disparu de nos esprits. De menaces terroristes, personne n’en parle plus. Ni la presse nationale ni celle étrangère. Les forces de sécurité ont disparu de nombreux points à Dakar. Les autorités de l’Intérieur ne communiquent plus sur le sujet. Au niveau des Représentations étrangères, même blackout.

Tous les médias ne parlent que de la réduction du mandat et du référendum. Depuis, tout est focalisé sur les enjeux autour du référendum avec, en toile de fond, la bataille autour de la crédibilité ou non du chef de l’État et sa capacité à présider aux destinées du Sénégal. Ce débat incompris en dehors des frontières du Sénégal, est une bataille qui est cependant prise très au sérieux chez nous.

Au point d’ailleurs qu’une campagne électorale anticipée a été enclenchée par tous les camps, y compris celui du président de la République qui se paie des temps d’antenne au niveau des télévisions. Les rassemblements se sont multipliés à Dakar et dans les régions. Tous les moyens sont bons pour convaincre les électeurs alors que la campagne officielle n’est même pas encore ouverte.

Alors, nous sommes loin des moments où l’on interdisait les pétards pour les fêtes du 31 décembre. Le Sénégal a repris son train-train habituel fait de brouhahas et de coups bas de la part d’hommes politiques soucieux de la maintenance au pouvoir ou de sa conquête. Personne ne se soucie nullement de la menace Jihadiste sur Dakar ou ailleurs. C’est à croire qu’elles n’ont jamais existé. Des barbus, on s’en moque, il y a mieux à faire.

Ce qui ne veut nullement dire que la menace n’a pas existé ou a cessé de l’être. Mais, cela veut dire simplement, qu’il y avait eu overdose de communication sur ce phénomène.

Le Sénégal, en effet, est exposé à cette menace comme tous les pays du monde mais pas plus qu’eux. Le fait d’entretenir une communication constante sur cette menace créé une psychose préjudiciable à notre pays à tous les niveaux. C’est peut-être ce que le chef de l’État avait compris en montrant son exaspération par rapport au traitement de l’information portant sur le terrorisme de la part de la presse étrangère, notamment.

La menace est toujours là, c’est le mode de communication sur elle qui a changé. Alors, il faut que dorénavant, qu’autorités, médias et citoyens l’appréhendent à sa juste dimension sans pour autant verser dans une communication exagérée comme cela été le cas  avant le référendum.

Toutefois, il est important de préciser que c’est dans ces moments où tout le monde semble baisser la garde qu’il est plus que nécessaire pour les services de sécurité de veiller au grain.

Les périodes de campagne électorales sont riches en événements folkloriques de toutes sortes. Les rassemblements ont pignon sur rue. Par conséquent, les risques d’attentat ne s’en sont qu’exacerbés. Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas que les terroristes ne pourront pas frapper.

En somme il faut, s’agissant du terrorisme, bannir aussi bien l’excès de communication que le manque de communication.

 

Assane Samb

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