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Référendum : Le Oui, massif ou poussif ? (Par Oumou Wane)

  • Date: 27 février 2016

Cetre fois c’est sérieux ! Oui, le peuple tient son destin entre ses mains. En votant ce 20 mars 2016, Oui ou Non au projet de révision de la constitution, c’est de notre avenir que nous décidons. Bien sûr, il va de soi que toute l’opposition, une certaine société civile et même de nouveaux politiciens fraichement décagoulés, se sont déjà globalement prononcés pour le Non, quand ce n’est pas purement et simplement pour le boycott ou le report de ce scrutin. Le problème ici pour nos politiques, déjà largement décrédibilisés, c’est qu’ils risquent gros, très gros cette fois-ci pour leur avenir.

  Bien sûr, les rivaux de Macky Sall tenteront d’en faire un plébiscite contre lui puisqu’en se faisant recaler par le Conseil Constitutionnel, Macky Sall prolonge leur séjour dans la salle d’attente de deux ans !…Ce n’est pas rien lorsque l’on est impatient de prendre le pouvoir et ses sucreries à quelqu’un qui n’a nullement l’intention de les céder.

  A la charge du Président, je retiens le manque de clarté dans sa méthode et son art de noyer le poisson qui rend illisible ses objectifs et nous a donné l’impression d’être vraiment pris pour des sots. C’est cela qui énerve aujourd’hui et occulte les vrais enjeux de ces réformes proposées.Pourquoi ne parlons nous pas des autres points de ce projet de constitution tels que le renforcement de la séparation des pouvoirs, la création d’autres institutions, la reconnaissance de nouveaux droits pour les citoyens, l’opposition et son chef etc…! 

  Ces questions n’ont pas l’air d’intéresser le microcosme. La réduction du mandat présidentiel est la seule question qui vaille et chasser Macky du pouvoir le seul credo ! … 

  Cette impulsivité qui transpire de tous les discours et actes posés ces derniers jours par les Nonistes, conjuguée au mauvais génie de la communication des tenants du régime, inhibent le débat de fond et le restreignent au wakh waxeet. Dès lors, comment régler ce point puisqu’il est déjà vidé par le Conseil Constitutionnel ? Peut-on, périodiquement, mener des guerres perdues d’avance contre cette institution qui dit le droit, l’a dit hier pour Wade et le dit aujourd’hui pour Macky Sall ? 

Si plutôt l’on s’intéressait aux autres points de ces réformes pour voir dans quelle mesure elles font progresser ou reculer notre démocratie et voter en fonction ? Ce serait certainement plus productif à moins de vouloir entrainer notre pays dans des troubles fâcheux.

  Mais au jour d’aujourd’hui, quelles sont les possibilités sur l’échiquier politique du Président ? Sans passion et de manière froide, j’entrevois deux possibilités concernant son avenir à la tête du pays.

  Les sénégalais votent OUI au référendum.

  Macky Sall a la possibilité de faire après ce mandat actuel de 7 ans, un autre de 5 ans s’il gagne les élections présidentielles de 2019. Le projet de réforme qui sera soumis au peuple bloque en effet ses mandats à deux, l’actuel étant le premier. En 2024, il ne pourra pas se représenter ! Son mandat total serait de 12 ans. Point final.

 Les sénégalais votent NON au référendum

  Macky Sall s’en sortirait avec de gros bobos au moral et à la veille des législatives ce n’est pas folichon de donner un nouveau souffle à ses adversaires. Perdre 2 ans sur son prochain mandat en le réduisant à 5 ans est de loin plus affriolant que de devoir se taper une cohabitation tropicale, qui virerait à la guerre civile, notre sang chaud ne nous prédisposant pas à ces exercices helléniques.

Car la question aujourd’hui pour l’opposition c’est d’infliger à Macky Sall une défaite au référendum pour s’ouvrir un boulevard aux législatives de 2017, même si celui-ci ne déboucherait pas forcément sur une victoire aux présidentielles de 2019. En bon tacticien qu’il est et aussi habile que Mitterrand au comble de son  cynisme politique, Macky Sall les diviserait à tel point que ces derniers perdraient toute considération aux yeux de l’opinion. En 2019, le Président réapparaitrait comme un homme neuf, le gardien du temple qui a su sauver le peuple de l’invasion de ces hussards ! Son mandat actuel de 7 ans et celui qu’il pourrait gagner en 2019, le maintiendraient au palais pour 14 ans au total puisque le Non l’aura emporté au referendum de mars 2016. Qui dit mieux ?

  Si les sénégalais devaient s’abstenir massivement, cela ne l’empêcherait pas, encore une fois s’il gagne la prochaine présidentielle de faire un mandat total de 12 ans ou de 14 ans.

Une chose est certaine à ce stade, l’abstention risque d’être forte à Dakar d’abord, les râleurs faisant la grasse matinée et les bons soldats de l’APR et de sa coalition, agglutinés dans les bus et drivés comme des militaires pour aller voter Oui et ramener le bulletin du Non comme preuve. Dussent-ils leur faire des dessins ou pour ceux qui ne savent pas lire, jouer sur les couleurs des bulletins. Inutile de vous dire qu’il n’y aura aucune chance que ces soldats se trompent de bulletin ! Cependant, il demeure un mystère. A partir de quel niveau d’abstention, le referendum serait vraiment un échec pour le régime ? Le Oui garde ses chances intactes malgré la fureur actuelle mais une trop grande abstention gâcherait la fête assurément.

  La politique ce n’est vraiment pas une affaire d’enfants de chœur et chez nous elle est devenue cacophonique puisque tout le monde y joue et tout le monde entend y gagner !

  Maintenant que le microcosme soit outré ou les électeurs meurtris par ce sentiment de wax waxeet qui insulte leur intelligence, c’est une autre question qui n’est hélas pas traitée dans le projet de réforme soumis au referendum.

  La seule recommandation tout compte fait, pour ceux qui voudraient se débarrasser au plus vite de Macky Sall serait encore de voter Oui. Ses adversaires le savent mais par principe, l’opposition ne peut pas dire Oui même si elle sait parfaitement que c’est le Oui qui l’arrange à ce stade puisqu’il n’y a plus rien à curer pour le poste de Président avant 2019… Il lui faut tenir encore vaillamment 3 ans mais elle n’y arrivera pas si elle perd ce référendum et les législatives à venir. Et les Nonistes sont bien partis pour avoir du fil à retordre, car à part le PDS, enfin de ce qu’il en reste, ce sont des partis lilliputiens, des activistes qui  ne bougent pas l’aiguille d’une balance qui portent le Non dans les medias et pas sur le terrain. Avec toute l’estime que j’ai pour Gadio, les avis de Abdoul Mbaye ou conseils de Amsatou Sow Sidibé, les contorsions de Yen a Marre, rien y fait ! Tous ensemble ils ne pèsent pas lourd.

 Enfin, chaque sénégalais sait au fond de lui-même que la démocratie est notre bien le plus précieux. Et chaque sénégalais sait aussi que le pouvoir se gagne par les urnes. Et les sénégalais n’adhèrent pas aux quolibets et discours violents de certains Nonistes. S’il est clair que la guerre de positionnement dans l’opposition significative fait rage pour qu’en cas de victoire de celle-ci, le plus bruyant et virulent puisse se positionner en chef de l’opposition, ce même calcul devrait être vu sous l’angle inverse. La victoire du OUI sonnerait comme le clap de fin de l’opposition actuelle et consoliderait la coalition BBY pour très longtemps encore. C’est le sens de l’Histoire !

 Oumou Wane

Présidente africa7

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