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Référendum : L’erreur stratégique de l’opposition

  • Date: 22 mars 2016

Le pouvoir et ses alliés, selon les premières tendances, auraient remporté le bras de fer contre l’opposition et le Société civile a propos du référendum sur les réformes constitutionnelles.

Des premiers résultats enregistrés, il ressort que les partisans du Oui devancent leurs adversaires d’au moins de 10% des votes. Le pouvoir enregistrerait plus de 50%, alors que les partisans du Non seraient autour d’un peu plus de 40%.

Des surprises, il y en a eu de taille comme la perte de Dakar par des opposants qui y comptent des hommes politiques de valeur comme Khalifa Sall et Bamba Fall qui ont été battu dans leurs localités respectives.
Une opposition qui est tombée les armes aux mains et qui a même enregistré des résultats respectables.
Cependant, elle a commis une erreur de stratégie. Nous partons de la conviction forte qu’elle n’aurait jamais dû suivre le pouvoir sur le terrain de la compétition pour ce référendum. Et cette conviction, nous l’avons écrit, en son temps, dans une de nos chroniques. En s’engageant dans la bataille pour sanctionner Macky Sall, l’opposition a déplacé le problème qui n’est plus celui de voter pour les 15 points, mais celui de jauger la cote de popularité de Macky Sall. C’est comme cela qu’elle a battu campagne, c’est comme cela que les Sénégalais l’ont compris. Cette réalité est d’autant plus évidente que personne n’a parlé des 15 points en dehors des gens du pouvoir et leurs alliés. L’opposition, appuyée par la Société civile, a mis en avant la nécessité, pour les hommes politiques, de respecter leur parole et par ricochet, un certain nombre de valeurs. La mission était noble mais politiquement hasardeuse. La victoire était possible comme la défaite dans un contexte où le pouvoir semblait maitriser son sujet. En cela qu’elle avait mis en place toutes les stratégies de communication qui sied au détriment d’adversaires pris au dépourvu et qui n’avaient que 4 semaines pour s’organiser. Macky a fait sa déclaration le 16 février pour annoncer un référendum qui devra se tenir le 20 mars, soit un mois de préparation. Or, le déroulement des choses ont prouvé que le pouvoir était, lui, prêt. Il a déployé son plan en se basant sur sa stratégie avec des moyens de loin plus importants que ceux de ses adversaires. Ils ont alors occupé les télévisions, monopoliser la Rts, les espaces publics publicitaires à Dakar et se sont déployés sur le terrain avec un pragmatisme qui renvoie à une stratégie bien peaufinée.

Le camp du Non a réagi sur un terrain où il était mal préparé avec des moyens bien en deçà de ceux de ses adversaires. Du coup, la passion a pris le dessus sur le dialogue et les débats d’idées. La violence a été notée partout au Sénégal et l’achat de conscience, une pratique quotidienne confirmée par le tonitruant Moustapha Cissé Lô qui a fini même par insulter les hommes de médias.

Les Sénégalais ont assisté, médusés à une passe d’armes que ne justifie nullement un référendum. Alors, la plupart d’entre eux ont préféré rester chez eux, dégoûtés qu’ils étaient. Au moins 60% des Sénégalais n’ont pas jugé nécessaire d’aller voter. Et c’est là où nous alertions en pensant que la bataille du Non était risquée pour l’opposition. Car si le Oui l’emporte, comme cela semble être le cas, Macky se sera dédouané à propos d’un engagement non tenu, celui de réduire son mandat. L’effet « wax-waxeet » n’aura plus aucun impact en termes d’argument politique de discréditation du Président. Ce dernier aura même retrouvé une certaine réhabilitation morale aux yeux de l’opinion. Et, c’est en partie la faute de son opposition.

Alors qu’est-ce qu’il aurait fallu faire ?

Nous pensons, en effet, qu’il était simplement loisible, pour l’opposition, de croiser les bras et de ne rien faire. Ou plutôt, de lancer un appel au boycott des échéances électorales. Se faisant, elle aurait été en phase avec la majorité des Sénégalais et aurait récolté, de facto, les bénéfices d’un boycott somme toute du peuple, mais qu’elle se sera arrogée. Car, ça aussi nous l’écrivions, tout indique que le peuple serait peu intéressé par un référendum vidé de son sens. Nous ne misions pas sur un taux de participation important. Donc, si l’opposition prend le risque de chercher à mobiliser pour le Non, elle sera aussi victime de l’absence de motivation du grand nombre et de cette aversion de plus en plus grande contre toute la classe politique. Et c’est ce qui s’est passé. Et dans ce combat où il n’y avait personne à élire ou à destituer, la plupart des électeurs qui n’avaient rien compris des 15 points de la réforme constitutionnelle, se sont adonné à ce qui apparait, à leurs yeux, comme un jeu politique où ils ont pensé qu’ils pouvaient même ne pas voter pour leurs leaders dont les fauteuils n’étaient pas en jeu. Les Bamba Fall, Khalifa Sall, Aida Mbodj, Aissata Tall Sall, entre autres, ne jouaient pas leurs fauteuils. Et comme tout le monde n’a pas envie de sanctionner le président Sall, l’opposition a perdu sa bataille. Alors qu’il fallait simplement, avec le boycott, laisser le président Sall faire face, seul, aux Sénégalais.

Bien sûr, les choses sont différentes pour la Société civile, qui, elle en tant que groupe de pression, peu intéressé par la conquête du pouvoir, pouvait, elle, s’adonner à une autre stratégie.

Assane Samb

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