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Au dela des faits…RÉFÉRENDUM- Ministres et DG sur chaise éjectable

La consigne n’est pas formelle, cette fois-ci. Ou si elle l’a été, elle n’a pas été rendue publique comme en 2014. Durant les locales de cette année-là, le président Sall avait expressément et clairement dit aux Directeurs de sociétés nationales et aux Ministres qu’il n’allait pas reconduire ceux qui auront perdu dans leurs localités.

Une consigne qui a eu les allures sinon d’une menace du moins d’une sommation à bouger pour mériter son salaire, en faisant gagner le président de la République et son camp. Une obligation de résultat pesait sur tous.
Il s’en est suivi des assauts tout azimut de différents responsables de l’Alliance pour la République (Apr) qui ont investi le terrain.

Résultat des courses, l’Apr et ses alliés ont eu la majorité des communes mais ont été mis en difficultés dans les grandes villes.

Nombre de responsables avaient été remerciés au sens négatif de ce mot et d’autres renforcés dans leurs prérogatives. C’est dire que la sanction a frappé bon nombre d’apéristes comme l’ancienne Premier ministre, Mimi Touré, battue à Grand-Yoff par le Maire de Dakar, Khalifa Sall, même si, par ailleurs, d’autres responsables comme Seydou Guèye, Abdou Latif Coulibaly ont continué à bénéficier de la confiance du chef de l’État, dans une certaine mesure.
Aujourd’hui, peut-on prétendre qu’il en sera de même au lendemain du 20 mars ? Il est légitime de le penser. Surtout lorsqu’on observe l’excès de zèle avec lequel les différents responsables de l’Apr ont investi le terrain ce, week-end. Ils se sont lancé becs et ongles dans une campagne anticipée qui en dit long sur leurs désirs de gagner dans leurs localités. Personne n’a attendu le lancement officiel de la campagne. La presse est envahie par des apéristes déterminés, prêts à en découdre. Les contributions fusent de partout, les attaques contre les leaders de l’opposition, de Y’en a marre, de la Société civile, entre autres, font légion. Les partisans de Macky se comportent de la façon dont le président aimerait sans doute les voir se comporter souvent. L’Apr est d’attaque même si les armes de guerre sont parfois non-conventionnelles comme ces attaques personnelles contre Mame Adama Guèye et cette convocation inutile du journaliste Mouth Bane. Un dynamisme qu’on ne peut pas ranger dans le registre de la simple fibre partisane. Le désir de conserver son poste joue beaucoup dans la balance. Le président Sall a, à maintes reprises, fait savoir à ses partisans qu’ils ne défendent pas assez son bilan et qu’ils versent bien trop souvent dans des querelles de clocher qui hypothèquent à plus d’un titre ses chances de gagner la confiance de la majorité des Sénégalais.
Selon certaines indiscrétions, il aurait même dit, parlant du référendum qu’il faut que chacun se l’approprie, car, le triomphe du « Non » serait une défaite pour tous dont les conséquences pourraient être graves.

Dans une telle ambiance de « guerre » politique, les responsables paresseux, moins engagés et tatillonnants devront s’attendre à être défenestrés de leurs postes quels que soient, par ailleurs, les résultats des urnes.

Le président Sall sait, en effet, qu’il livre une guerre décisive qui devra déterminer de son avenir à la tête du pays surtout s’agissant des prochaines échéances électorales de 2017 et de 2019. Il veut mettre toutes les chances de son côté. Les stratégies politiques sont élaborées à longueur de journée pour pousser le maximum de Sénégalais à dire ”Oui”.

Du coup, il sait que la synergie d’actions entre l’opposition et la Société civile n’est pas pour arranger les choses. Il se fait un point d’honneur à réussir ce test grandeur nature pour continuer paisiblement à gouverner le « bateau » Sénégal. Gare à ses militants et cadres qui ne le comprendront pas.
Des têtes vont certainement tomber au lendemain du référendum et des alliés devront aussi voir leurs positions reconsidérées. Ce sera aussi le moment pour le président Sall de savoir s’il va continuer à compter sur Benno Bokk Yakaar (BBY) tel qu’il fonctionne à l’heure actuelle ou s’il faudra la revoir, la renforcer ou la remplacer par une autre coalition.

C’est dire qu’au lendemain du 20 mars, ne rien ne sera comme avant. Ni pour les gens du pouvoir et leurs alliés, ni pour l’opposition et la Société civile. Les Sénégalais auront « dit » ce qu’ils pensent de chacun.

Assane Samb

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