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Refonte du fichier électoral, session extraordinaire de l`Assemblée- Ce consensus qui a fait tant défaut

  • Date: 12 août 2016

On peut dire que les hommes politiques du pouvoir et de l`opposition ne sont jamais d`accord sur rien. Mais ce ne serait pas exact. A la veille de chaque élection importante, plus précisément 6 mois avant pour être en phase avec les directives de la Cedeao, la classe politique, a pour coutume, de se réunir, pour discuter du fichier électoral notamment de son nécessaire toilettage.
Cette année, l`opération ainsi tenté a échoué. Ou presque. En tout cas, sur les douze points soumis, huit ont fait l`objet de consensus, deux de réserve et deux de désaccord.

Et un des points qui n`a pas fait l`objet de consensus, c`est la proposition de la majorité de soumettre les électeurs détenteurs de cartes, de se présenter devant une commission pour confirmer leur identité. C`est l`obligation de confirmation et de radiation automatique. Car les électeurs qui ne se soumettront pas à cette exigence seront ainsi radiées malgré leur détention de la carte d`électeur.

C`est ce projet qui a été soumis à l`Assemblée nationale hier en procédure d`urgence.

Or, tout indique qu`il s`agit d`un recul démocratique. Comme l`ont souligné les membres du Front patriotique pour la défense de la république, « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».
Bien sûr, la refonte partielle du fichier électoral s`impose. Le toilettage est une exigence du fait du stock mort qui représenterait 300 mille électeurs, selon les estimations.

Les seuls électeurs décédés sont estimés à 30 mille par an. C`est dire que le fichier doit être revu.

Cependant, c`est une opération qui incombe à l`administration qui a acquis, au fil des années, une réelle expertise en la matière. Si le fichier électoral n`a pas été audité depuis 2012, nous ne voyons pas comment un travail sérieux de refonte peut être envisagé. Surtout que les choses semblent avoir été menées avec précipitation. Certes, les autorités ont fait preuve de flexibilité en retirant le texte initial qui a été soumis à l`examen et amandé, mais cela ne suffit pas.

L`arbitrage du Chef de l`Etat dont parle le Ministre de l`intérieur pourrait ne pas subvenir si les préoccupations idoines avaient été prises pour un large consensus.

Le Sénégal avait jusqu`à décembre pour se conformer aux exigences de la Cedeao. Rien ne pressait alors.

Du coup, la suspicion sur le fichier a monté d`un cran. Certes, le fichier a toujours été pointé du doigt pour les différentes oppositions au Sénégal. On a toujours parlé de piège, de préparation de la fraude sans que cela ne soit toujours vérifié, mais il fallait ménager la susceptibilité des uns et des autres.
La démarche qui a été adoptée par la majorité va faire l`objet de critiques permanentes de la part de l`opposition qui ne manquera aucune occasion d`accuser le régime de Macky Sall de préparer une mascarade électorale. Et les partis dits non-alignés n`ont pas été insensibles à cette questions eux qui ont fustigé la démarche de la majorité.
C`est pour cela que les présidents Diouf et Wade avaient toujours opté pour le consensus sur une question aussi fondamentale qui est la définition des règles du jeu pour la compétition électorale.

Malheureusement, ce qui est fait est fait. Et Macky vient de donner à son opposition ses premières armes de guerre contre lui.

Assane Samb

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