Confidences

REGLES DOULOUREUSES Calvaire de femmes

  • Date: 9 novembre 2016
Les règles douloureuses ne sont pas loin d’être une énigme pour la médecine, bien qu’elles soient parmi les troubles gynécologiques les plus fréquents. Souvent, elles gâchent considérablement la vie des femmes qui en sont victimes. Dans ce dossier, des femmes racontent leur calvaire, leur combat et surtout leur impuissance face à ce mal qu’elles subissent sans pouvoir s’en défaire, malgré parfois le recours à la médecine traditionnelle. 

 Elles sont toujours au rendez-vous et souvent très douloureuses voire handicapantes. Les dysménorrhées (règles douloureuses) sont fréquentes chez beaucoup de femmes. Même banales et bénignes, ces douleurs sont ennuyeuses, surtout les deux premiers jours. Une femme sur deux, notamment les jeunes filles, y sont sujettes : crampes, spasmes, douleurs irradiant dans les reins, nausées, diarrhées, maux de tête, vomissements, ou même vertiges et malaises.

Alors que ces souffrances sont véritablement handicapantes, entraînant de fréquents arrêts de travail et un fort absentéisme scolaire, elles sont le plus souvent négligées. La dysménorrhée peut apparaître dès l’adolescence, on parle alors de dysménorrhée primaire ou vers la trentaine, c’est la secondaire. Les premières douleurs surviennent généralement les deux années qui suivent l’arrivée des règles. Les symptômes sont parfois très violents, des crampes irradiant dans le bas du dos ou dans l’intérieur des cuisses.

Un journal entre les mains, levant les yeux de temps à autre pour guetter son bus, Thérèse Faye est une étudiante en 3ème année de Physique Chimie à l’Université Cheikh Anta Diop. Assise tranquillement à l’arrêt du bus, la mine bien soignée, elle se révèle d’un commerce facile. Malheureusement, la jeune fille est de celles qui ont connu la dysménorrhée dès l’adolescence. D’ailleurs, à cause des intenses douleurs, elle garde en mémoire la date de ses premières règles. ‘’C’était un mardi en 2007, aux environs de 14 heures. Alors que je jouais du piano avec mon grand frère, j’ai commencé à sentir des douleurs au bas-ventre. J’ai continué à jouer mais, une heure plus tard, la douleur est devenue insupportable. J’ai eu une sensation qui survient à chaque fois qu’on a la diarrhée.

Quand je me suis levée pour aller dans les toilettes, mon grand frère m’a demandé de changer de tenue. Ma robe était tachetée de sang’’, raconte-t-elle. Après sa toilette, sa maman lui a donné une dose de café noir pour calmer les douleurs. Mais, c’était sans compter sur leur persistance. Finalement, on lui a acheté des médicaments à la pharmacie. ‘’Je suis stressée à l’approche de mes règles car je connais le mal qui m’attend. J’ai continué à prendre ces médicaments jusqu’en 2015. Mais quand je les prends, j’ai l’impression que la douleur augmente. On m’a conseillé de changer, mais ce sont juste des calmants’’, dit-elle.

A côté d’elle, Bintou Kane, qui n’arrête pas de jeter son grain de sel à la discussion, attend impatiemment son tour. ‘’J’ai vécu pire qu’elle’’, commence-t-elle par lancer. Cette trentenaire travaille dans un centre d’appel. Son travail n’est pas régulier car chaque mois, elle est absente pendant 10 jours. ‘’C’est un véritable calvaire que cette dysménorrhée. Chaque mois, il faut que je passe deux nuits ou une journée à l’hôpital. Ma douleur résiste aux médicaments. C’est pourquoi on me fait des injections, tous les mois. Je passe tous les 6 jours au lit avec une forte fièvre et des crampes. Je ne connais pas la cause de ces règles douloureuses, mais il faut des solutions’’, lance Bintou Kane. Selon elle, avec le développement de la médecine, il est inadmissible qu’une femme souffre en ayant ses menstrues. ‘’Il doit y avoir des médicaments pour guérir, voire un vaccin contre la dysménorrhée. Je ne comprends vraiment pas. S’il y a des causes, il doit y avoir des solutions définitives.’’

‘’J’ai perdu à deux reprises mon travail…’’

Seynabou Camara a perdu à deux reprises son travail, à cause des dysménorrhées. A cause des absences longues et répétitives, son premier directeur a cru qu’elle avait deux boulots. ‘’Ils ont commencé à me créer des problèmes à cause de mes absences. Je tombe malade quand je vois mes règles. Je perds l’appétit et je vomis tout ce que je mets dans la bouche. Finalement, ils m’ont libérée. Quand ça m’arrive, mes jambes me lâchent. Je ne parviens pas à marcher. Je suis hyper stressée à l’approche de mes menstrues’’, narre cette dame avec un air résigné.

Traumatisée, elle avoue en vouloir parfois au Bon Dieu. ‘’Parfois je me demande pourquoi Dieu nous inflige autant de souffrance. Il m’arrive même de délirer. Un jour, j’ai dit à ma tante que je préfèrais ne plus voir mes règles et même de ne pas avoir d’enfants. Cela est arrivé quand j’ai perdu mon deuxième travail. Les médicaments que je prends ne me servent à rien du tout’’, relate Seynabou qui, fatiguée de la médecine moderne, a fini par avoir recours à la médecine traditionnelle. Mais rien n’a changé. ‘’J’ai dépensé beaucoup d’argent dans la médecine traditionnelle pour me soigner. Finalement, je suis revenue à la médecine moderne. Actuellement, je suis un traitement chez un gynécologue. J’attends de voir les résultats. Mais j’avoue qu’il y a une amélioration. J’ai vraiment espoir’’, dit-elle.

‘’Je ne quitte jamais les toilettes’’

Alice Diaw est vendeuse de légumes au marché Gueule Tapée de Cambérène. Courtoise, cette trentenaire a la joie de vivre. On l’appelle de partout. Certains de ses camarades commerçants ne cessent de la taquiner. Elle a toujours le sourire. Elle aussi endure l’épreuve des règles douloureuses. Chez Alice, elles se manifestent par une diarrhée jusqu’au dernier jour. ‘’Quand je vois mes règles, je ne quitte jamais les toilettes. La douleur perce mes reins et même pour m’asseoir, c’est tout à fait des problèmes. Je pensais que ça se manifestait de la même manière chez toutes les filles, mais non.’’ Elle avoue par ailleurs n’avoir jamais été à l’hôpital pour connaître les causes de ses règles douloureuses. ‘’Je pense que c’est une maladie de fille. Donc, je ne vois pas l’importance d’aller me faire consulter pour une chose naturelle. Pour moi, c’est une perte de temps. C’est une épreuve divine et je la subis, comme tout  le monde’’, précise-t-elle.

Non loin d’elle, ‘Ma’ Khady Mbengue nettoie sa table. Elle sait de quoi on parle. Cette dame a commencé à souffrir de dysménorrhées après l’accouchement de son deuxième enfant. Elles se manifestent aussi par une diarrhée avec vomissement. ‘’C’est très difficile d’expliquer la douleur. Mais je dis tout simplement que la douleur est intense. Je n’ai jamais connu de règles douloureuses durant ma jeunesse. Mais maintenant, j’ai la diarrhée accompagnée de vomissements durant mes menstrues.

Personne ne peut expliquer l’intensité de la douleur’’, dit-elle. Comme Alice, ‘Ma’ Khady n’a pas cherché à connaître la cause de ces subites règles douloureuses. Son mari lui demande à chaque fois de consulter un gynécologue, mais elle refuse. ‘’Je ne peux pas perdre toute une journée à l’hôpital pour ces histoires de gynécologie. Au début, je pensais que c’était juste passager. Mais là, ça commence à durer. Je pense que je finirai par consulter un médecin’’, soutient-elle.

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