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Religion musulmane

Religion venue du nord par le biais du commerce caravanier, l’islam s’est progressivement implanté au Sénégal et a consolidé son assise grâce aux actions de prosélytisme et de résistance de nombreux marabouts.

La particularité de la religion musulmane au Sénégal est l’existence d’importantes confréries, dont les principales sont les suivantes :

La Qadria

Fondée par Abdoul Qadir Al-Jilali, de Bagdad, au 15ème Siècle, elle constitue la plus ancienne confrérie. Au Sénégal, on en retrouve une branche, établie par Cheikh Bounaama Kounta, religieux né à Bou Lanouar (Mauritanie), qui se fixa au Kayor, où il fonda Ndanklé. Son fils, Cheikh Bou Kounta (1840-1914), fit de Ndiassane – où il s’installa en 1885 – un important centre Qadir. A sa mort, il fut remplacé successivement par ses cinq fils dont le dernier est l’actuel Khalife. Chaque année, le Gamou (jour de la naissance du prophète) de Ndiassane attire de nombreux fidèles. Les cheikh des autres branches (Fadelia et Sidia) de la confrérie demeurent en Mauritanie. La Qadria reconnaît la primauté du mysticisme et commande de se placer sous l’autorité d’un cheikh.

La Tidjania

La Tidjana a pour fondateur Sidi Ahmed Al Tidjani, né en Algérie en1737 et décédé à Fez en 1815. Au Fouta-Toro l’essor de la confrérie est dûe à El Hadj Omar Tall (1794-1864), revenu de la Mecque en qualité de Khalife des Tidjanes pour le Soudan.

En pays wolof, le mérite de la propagation de l’ordre revient à El Hadj Malick Sy, né en 1855 près de Dagana. En 1902, il se fixa définitivement à Tivaouane qui devint, sous son impulsion, un centre d’enseignement et de culture islamique. A son décès, en 1922, son fils Ababacar Sy fut le premier khalife ; Mansour Sy, son frère, lui succéda mais mourut quatre jours plus tard. Serigne Mansour Sy est depuis 1997 (date du décès d’Abdoul Aziz Sy) l’actuel khalife.

Le Gamou de Tivaouane rassemble chaque année de nombreux fidèles à l’occasion du Maouloud (naissance du Prophète). La « maison » de Tivaouane n’est pas la seule que compte la confrérie au Sénégal. Il y a celle de Kaolack qui a pour fondateur Abdoulaye Niasse, celle de Médina-Gounass (à l’est du parc du Niokolo Koba) créée par Mamadou Saïdou Ba et, près de Thiès, celle Thiènaba dont l’initiateur fut le disciple d’un célèbre marabout du Fouta, Amadou Sekhou.

La Tidjania attache une grande importance aux aspects culturels et éducatifs. Elle est favorable à l’adhésion individuelle du disciple.

La Mouridia

La confrérie mouride a pour fondateur Amadou Bamba Mbacké (1853-1927), né à Mbacké-Baol, fils et petit-fils de marabouts renommés. Les autorités coloniales le déportèrent au Gabon (1895-1902) puis en Mauritanie (1903-1907) ; il fut ensuite assigné à résidence à Tiéyène dans le Djolof, avant d’être autorisé, en 1912, à s’établir à Diourbel où il mourut.

Chaque année est célébré à Touba (dont la mosquée est la plus grande de l’ouest africain) le Magal, en commémoration du départ en exil d’Amadou Bamba.

Son fils aîné, Mouhamadou Moustapha fut le premier khalife puis vinrent ensuite ses frères Falilou, Abdoul Ahad, Abdou Khadre et Serigne Saliou Mbacké, décédé le 28 décembre 2007.

El Hadj Mouhamadou Lamine Mbacké dit « Bara », le plus âgé des petits-fils de Cheikh Amadou Bamba (82 ans), fils de Falilou, est l’actuel Khalife.

Le mouridisme et fortement marqué par son caractère africain (voire sénégalais). Le Mouride (de “mourit”, aspirant) se doit de se dévouer à son marabout ; l’importance accordée au travail a permis, par le biais des Talibés, la mise en culture de territoires très étendus.

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