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Renforcement des mesures policières, interdiction de Burka, Etat d’urgence… Comment concilier l’exigence de liberté et l’impératif sécuritaire ?

  • Date: 21 décembre 2015

Comment concilier l’exigence de liberté et l’impératif sécuritaire, la problématique a été posée par le président Macky Sall lors de son discours inaugural à la 40ème session de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Abuja au Nigeria.

Cette question de sécurité publique ou de sûreté a toujours été au centre des préoccupations des gouvernants, dans tous les pays. C’est-à-dire, en termes clairs, faire en sorte que les nécessaires mesures de sécurité pour tous ne portent pas atteinte aux libertés individuelles fondamentales, l’essence même des démocraties d’inspiration occidentale. Que servirait une démocratie si elle ne garantissait pas l’exercice des libertés individuelles dans le respect des lois ?

Le débat se pose avec acuité en France par exemple où il est même question, aujourd’hui, d’inscrire le principe de l’État d’urgence dans la Constitution. Ou de retirer la nationalité à certains d’entre eux qui seraient tentés de s’impliquer dans des opérations de terrorisme. Entre autres mesures. Et la France n’est pas la seule à réfléchir.

Au Sénégal par exemple, la question de la burka est au cœur des préoccupations depuis que le président Sall a posé le débat de l’éventualité de son interdiction. Aujourd’hui qu’il a l’onction de la Cedeao qui recommande son interdiction dans les pays de la communauté en tenant compte des sensibilités nationales, la presse en a fait ses choux gras. C’est parce que la question intéresse les Sénégalais au point de pousser certains d’entre eux à vouloir déjà faire appliquer une interdiction qui n’existe pas encore. Des femmes porteuses de burka ont malheureusement été violentées par des individus à Ouakam par exemple. Une d’elle accuse même « un homme en tenue », d’avoir exercé des actes constitutifs de voie de fait sur sa personne.

La réalité est que ce mode vestimentaire peut facilement inspirer sinon la peur du moins la curiosité parce qu’elle ne permet pas l’identification des personnes qui sont en face. Et le Sénégalais a horreur de cela. Les actes de terrorisme posés par des femmes ou hommes dans d’autres pays comme le Tchad et le Nigeria à l’aide de burka a accentué ce ressentiment.

Ce qui ne veut pas dire qu’il faille aller vers une interdiction systématique. Parce que rien ne nous dit qu’elle sera observée. Il n’y a pas plus mauvais exemple qu’une loi désuète. Or les tensions sociales que cela pourrait engendrer et les mesures de coercition par les forces publiques contre cette minorité pourraient être contre-productives. La stigmatisation engendre la radicalisation. Surtout lorsqu’elle s’accompagne de violence.

Parce que, faudrait-il le rappeler, la liberté de culte garantie  à  tous a été jusqu’ici le socle sur lequel repose notre société faite d’harmonie et de concorde. L’obéissance aux reflexes du moment est un snobisme sécuritaire que tout État doit éviter. Précisons d’ailleurs que les présidents nigériens Mohamed Issoufou et gambiens Yayah Jammeh sont contre cette interdiction. Comment d’ailleurs interdire le voile intégral dans un pays de tradition nomade comme le Niger ?

Au demeurant, le journaliste et islamologue Bamba Ndiaye a fait observer que nos grands-boubous traditionnels sont aussi amples que les burka et peuvent dissimuler pas mal de choses. À l’en croire, le danger ne vient pas forcément de ce mode d’habillement d’autant plus que les terroristes ont la formidable capacité à s’adapter pour changer de stratégie quand ils veulent frapper.

Il est donc nécessaire au Sénégal qu’une réflexion soit amorcée avec les groupes religieux en question du reste très minoritaires, les forces de sécurité et toutes les forces vives de la Nation pour trouver des solutions qui conviennent à tous.

Cela est tout aussi nécessaire sur tous les autres domaines où nos libertés sont menacées pour impératif de sûreté.

Surtout dans les situations d’État d’urgence et d’État de siège.

L’État d’urgence est une mesure de restriction à nos libertés parce que conférant  à la Police des pouvoirs élargis pour des couvres feu, des perquisitions, des arrestations et autres. Elles sont alors circonscrites dans le temps et l’espace. Nous avons connu ces situations dans les années 88 et 93 surtout aux forts moments des troubles électoraux.

La France vient de la décréter pour 3 mois après la tuerie du Bataclan. Le Mali a connu aussi une situation d’État d’urgence moins longue après l’attaque de l`hôtel Radisson Blu.

Quant aux situations d’État de siège, aucun de ses pays ne l’a encore décrété pour faire face au terrorisme. Il s’agit d’une situation où les forces de l’ordre sont dépassées et qu’il faille faire appel à l’armée qui applique ainsi la loi martiale particulièrement attentoire aux libertés pour les  nécessités de la guerre.

Au Sénégal, on n’en est pour le moment à la phase de prévention. Pourtant, beaucoup de bruits courent autour des pétards pour les fins d’années. Or, tout le monde sait que le danger vient moins des pétards que des rassemblements même si au demeurant, le ministre de l’Intérieur n’est pas dans les dispositions d’interdire ces derniers.

L’accent doit davantage être mis sur les moyens et techniques policières de contrôle et d’investigation avec la complicité de toutes les populations et en intelligence avec les autres États. Le tout dans une parfaite discrétion.

Sans communication inutile et surtout provocatrice.

Mais ce qui importe le plus, c’est le travail d’éducation, de sensibilisation et de plaidoyer au niveau des écoles et surtout des groupes religieux concernés pour éviter qu’ils ne soient sous le charme des idéologies extrémistes importées.

 

Abdoulaye Diop

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