People

Représailles au complexe culturel de Pikine : Matador mâté

  • Date: 2 octobre 2015

Le slameur Pikinois Babacar Niang alias Matador et son ami Am Kana ont été attaqués hier puis blessés par une bande de jeunes en furie. Matador s’en est sorti avec une blessure au bras, le pare-brise de sa voiture cassé, les pneus crevés, tandis que son ami lui, a été admis d’urgence à l’hôpital Dominique de Pikine, face à la gravité de son état. Cet incident fait suite à l’article du journal Le Quotidien paru avant-hier, sur le Complexe culturel Lss de Pikine.

Il sonnait déjà 13 heures, lorsqu’on reçoit un coup de fil au journal Le Quotidien annonçant un règlement de comptes dans la banlieue dakaroise. Au bout du combiné, l’on informe que suite à la Une du numéro d’avant-hier, titrée La Sall gestion de Djiby, un article dans lequel le rappeur Matador et certains artistes s’inquiétaient de la « mauvaise gestion » du gestionnaire du Complexe culturel Léopold S. Senghor et de son état de dégradation, il s’en est suivi un règlement de comptes sur fond de violence. Notre interlocuteur indique également qu’il y a eu des blessés et que le rappeur Matador serait atteint. Aussitôt, un coup de fil est passé à l’intéressé. À ce moment, Babacar Niang, alias Matador était encore sous le choc. Sa voix est nerveuse et tremblante. Mais sur un ton de désolation, il raconte l’incident, avec cette sérénité qu’on lui connaît. « Nous venons effectivement de faire l’objet d’une attaque. J’ai un ami qui est très atteint. Il s’appelle Am Kana. Je ne sais pas encore ce qu’il a exactement. On m’a juste dit qu’il a une blessure aux bras et aux jambes… Quand ça a dégénéré, je me suis empressé d’aller voir la police pour les prévenir avant que la bagarre ne prenne une ampleur ingérable ».

Que s’est-il réellement passé?? 

« C’était aux environs de 12 heures qu’une vingtaine de gars armés de pelles et de marteaux nous ont assaillis dans ma voiture. Ils se sont mis à nous agresser sur fond d’insultes… J’ai eu une blessure au bras, mais mon ami Ame Kana lui, est gravement blessé. Il est actuellement admis à l’hôpital Dominique de Pikine… » explique au bout du fil le rappeur. Il précise que ces mêmes agresseurs, alors qu’il a réussi à leur échapper, ont par la suite tenté d’entrer dans son studio sis au sein du Complexe Culturel Léopold S. Senghor, en cassant les vitres des portes et fenêtres se trouvant sur leur passage. « Ils n’ont pas réussi à finalement entrer dans mon studio, mais je reconnais certains d’entre eux. Ce sont des sourds muets et des étudiants, des habitués du Complexe qui sûrement m’en veulent à cause des propos que j’ai tenus dans votre journal ».

Il faut rappeler que cet incident survient un jour après la parution dans le journal Le Quotidien d’un article faisant état du délabrement des locaux du Complexe culturel Lss de Pikine ainsi que de la « mauvaise gestion » de son directeur Djiby Sall. Interrogé dans ce dossier publié à la page culture de l’édition n° 3794, le rappeur connu pour son franc-parler n’avait pas hésité à cracher ses quatre vérités. « La gestion de Djiby Sall est mauvaise… Hormis le manque de sécurité, le complexe est resté plus de deux ans sans eau… Ce complexe est devenu un lieu de perdition. C’est ici que les jeunes apprennent à boire de l’alcool et à fumer du chanvre indien. Sans parler des résidences d’artistes transformées en chambre de passe et abritant un atelier de couture. Les étudiants aussi, prétextant qu’ils révisent leurs cours, passent leur temps à faire des parties de jambes en l’air. Rien ne marche dans ce complexe », s’était désolé le membre fondateur du groupe Wa Bmg. Ce dernier, directeur de AfricuturUrban, travaille en effet depuis maintenant dix ans dans ce complexe.

Certes, Matador lie ce forfait, ces actes de violence dont il a été victime à la parution avant-hier de l’article du journal Le Quotidien. Mais il n’entend pas appliquer la règle du Talion. Interpellé sur celui qui pourrait commanditer cet acte, il dit ne pas pour l’heure se préoccuper de ceux qui ont commandité un tel forfait. Soupçonne-t-il Djiby Sall qu’il a accusé de mauvaise gestion?? « Je pouvais faire comme eux et tenter de répliquer. Mais je ne vais pas le faire. Je ne sais pas si c’est Djiby Sall ou non. J’attends pour l’heure que l’huissier évalue les dégâts. J’irai par la suite me chercher un certificat médical puis porter plainte… », a réagi à chaud Matador. En tout cas, la police tient entre les mains une sale affaire de coups et blessures qui ne saurait en rester là.

Djiby Sall, gestionnaire du Complexe culturel Lss de Pikine

« Je déplore l’agression de Matador »

Appelé aux environs de 16 h pour prendre sa réaction suite à l’agression de Matador, Djiby Sall affirme qu’il est bien au courant de l’agression et qu’il consent à répondre aux questions qui lui seront posées. Il se rebiffe au bout de quelques secondes prétextant qu’il est actuellement en réunion. « J’en ai pour 2 h, rappelez-moi Madame à 18 h », dit-il au bout du fil. À 17 h 30 min, le téléphone sonne à nouveau. C’est Djiby Sall à l’appareil. Il se dit prêt à répondre à toutes les questions concernant l’affaire d’agression du rappeur Matador, mais parle avec peu d’assurance. D’emblée, il rectifie au bout du fil : « Je n’étais pas au courant de l’agression. On m’a appelé pour m’en informer. J’étais depuis ce matin hors du complexe. C’est maintenant que j’y pose les pieds. Attendez que j’évalue la situation et rappelez-moi demain. » M. Sall assure donc ne pas être au courant, mais déplore tout de même la situation. « Nous sommes tous des musulmans, je déplore alors l’agression de Matador. Je trouve cela anormal. » Matador pourra-t-il revenir travailler sereinement au Complexe Léopold S. Senghor, sans la crainte d’autres agressions?? Djiby Sall dit ne rien y savoir. « C’est de son ressort lui-même. C’est à lui de décider s’il va oui ou non revenir », réagit-il avant de souligner qu’il n’a pas encore vu Matador en personne après l’incident. Pour finir, Djiby Sall soutient avant de raccrocher qu’il a été « sonné » par l’article paru dans le journal Le Quotidien. Selon ses dires, le reporter aurait « tronqué certains de ses propos au sujet de la subvention accordée au Complexe Léopold S. Senghor ».

Ame Kana, rappeur, victime d’agression hier à Pikine 

« J’aurais pu y laisser ma vie »

« Je travaille avec Matador à Africulturban. Vers midi (NDLR, Hier), des énergumènes s’en sont pris à moi en me tabassant à l’aide de bâton et de barre de fer. N’eût été la grâce divine, j’aurais pu y laisser ma vie. C’est comme si c’était un film d’honneur. J’étais en face d’une quarantaine de personnes bien armées qui voulaient ma peau. Le spectacle était horrible à voir… J’ai été envoyé à la boutique. Mais, ma surprise a été grande de voir une bande de personnes armées de barre de fer et de bâton s’en prendre à la voiture de Matador. En plus d’avoir détruit son pare-brise, le véhicule a vu ses pneus endommagés. C’est au moment où je venais aux nouvelles qu’ils (NDLR, la bande de casseurs) se sont mis à m’attaquer. Au lieu de prendre la poudre d’escampette, je me suis mis à riposter. Je n’ai dû mon salut qu’à un groupe de personnes venues me tirer d’affaire… Je me suis évanoui et j’ai été par la suite évacué dans une structure sanitaire. J’ai eu un certificat médical d’incapacité de 7 jours. Car je souffre de plusieurs blessures au corps. J’ai reçu plusieurs coups et j’ai des blessures au corps. Je souffre également d’un traumatisme à la bouche. Mes cuisses jusqu’à présent me font très mal. On m’a demandé de bien me soigner sous peine de subir une intervention chirurgicale… Je reconnais tous ceux qui ont porté la main sur moi. Et une plainte a été déposée par Matador contre cette bande d’agresseurs. En tout cas, force restera à la loi. »

Le Quotidien

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15