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RÉQUISITION ET PROBABLE RADIATION D’ENSEIGNANTS Le système scolaire menacé de paralysie générale

L’État a rendu public, ce vendredi, un communiqué, rappelant aux enseignants  « dûment réquisitionnés qui ont soit refusé de recevoir notification de leur réquisition, soit refusé d’y déférer », qu’ils risquent même la radiation, dans le cadre de mesures disciplinaires et en application  du statut de la Fonction publique et du Code du travail.

Ainsi, les concernés ont jusqu’à ce mardi à 8 heures, pour s’exécuter. À défaut, diverses sanctions leur seront appliquées dont les plus extrêmes. Or, si l’on s’en tient à la dernière rencontre du Grand cadre tenue il y a quelques jours, aucune volonté n’est affichée de respecter cette injection. La réaction des patrons des syndicats ou des centrales comme Mamadou Lamine Dianté et Mamadou Ndoye démontrent, à  loisir, qu’ils sont prêts à engager le bras de fer. Mieux, ils ont décidé d’ester en justice contre leur employeur qui se trouve être l’État comme le leur permet la loi.

Qu’est-ce dire ? Eh bien, qu’à la détermination de l’État, les enseignants ont fait montre d’une ténacité qui exclut toute forme d’obéissance de la part de ces grévistes.

C’est dire que le vin est déjà tiré. Hormis certains enseignants de Touba qui auraient obtempéré avec la médiation de chefs religieux, aucun autre ne rendra les notes pour obéir aux réquisitions. Ils disent même être prêts à subir la guillotine ou la prison.

Malheureusement, nous craignons fort que des têtes vont tomber, ce mardi. Car, les enseignants ne vont pas reculer et l’État ne le fera pas, non plus. Car, il faut en convenir, après le déclenchement d’une telle procédure, aucun État ne fera machine arrière face ceux qui ne sont rien d’autres que ses employés.

Ils seront, d’après certaines sources, quelque 50 mille enseignants à risquer de subir une radiation de leur corps. Une situation dramatique aux conséquences incalculables. Une de ces conséquences, est, justement, la paralysie du système scolaire tout entier. Car, il n’est pas possible, pour leurs collègues, de faire comme si de rien n’était. La solidarité va jouer à fond, étant entendu que leurs collègues seront tombés sur le champ de bataille pour des revendications qui leur sont profitables à tous.

Du Primaire à l’Université, cette situation inédite, va enclencher d’autres batailles d’ordre social, judicaire et même politique. Ce sera la paralysie générale.

Il ne s’agit pas pour nous, de dire qui a raison ou qui a tort. L’urgence de la situation et sa gravité appellent de la part de tous une prompte réaction qui va sauver l’école sénégalaise.

C’est curieux que ce pays manque cruellement de mécanisme efficace de régulation sociale qui agit, en cas de besoin, comme soupe de sureté. Le Haut conseil du dialogue social a fait ce qu’il a pu. Mais il a la limite congénitale de sa création et la nomination de ces membres par Macky Sall.

Ce qu’il nous faut, en plus, ce sont des régulateurs qui ont assez de pouvoirs pour jouer le rôle de contre-pouvoir. Malheureusement, excepté le rôle important joué par Abdoul Aziz Sy Dabakh, en son temps, aucun guide religieux ne s’est substitué à lui. Les chefs coutumiers ne s’en sont pas moins assujettis. Les accointances de ces chefs avec le pouvoir politique affaiblissent leur pouvoir et les soumet à l’autorité du Président, ce qui rend leur influence nulle en cas de crise grave comme celle que traverse l’école, aujourd`hui.

Le Sénégal n’a plus de groupe de pression digne de ce nom, des pouvoirs face au pouvoir central. Cela facilite le travail du chef de l’État, mais renforce davantage la concentration des pouvoirs entre ses mains.

Malheureusement, c’est ce qui se passe, aujourd’hui, dans la crise scolaire. C’est le combat de David contre Goliath. Le plus faible va en payer les pots cassés.

Les enseignants ayant poussé la barre trop haute avec une intransigeance qui dure depuis de nombreuses années au point d’hypothéquer l’avenir de toute la Nation, l’État se devait de réagir d’une façon ferme même si, lui aussi n’a pas les mains propres dans cette affaire.

C’est dire que quelle que soit l’issue de cette crise, il faudra s’assoir, un jour, autour d’une table pour des solutions durables à un problème qui n’a que trop duré.

Mais, pour ce faire, il faudra forcément un travail de méditation d’une instance neutre.

Assane Samb

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