Accueil / SANTE / Résistance aux antimicrobiens 10 millions de morts par an d’ici 2050

Résistance aux antimicrobiens 10 millions de morts par an d’ici 2050

L’utilisation abusive d’antibiotiques chez l’homme comme chez les animaux et ses conséquences sur la santé humaine, animale et environnementale, a été l’objet d’une journée de sensibilisation tenue hier à Dakar.

D’ici 2050, on estime que les décès attribuables à la résistance aux antimicrobiens (RAM) s’élèveront à 10 millions par an, dépassant ainsi la mortalité due aux cancers, Selon Jim O’Neill, secrétaire d’Etat britannique au Commerce publié dans un rapport sur la RAM. « Ces chiffres alarmants  doivent interpeller notre conscience collective face à cette problématique plus que complexe en raison de l’absence de frontières définies pour la résistance aux antimicrobiens, à savoir que tous les continents et toutes les populations sont exposés au niveau mondial à ce fléau », a déclaré Augustin Faye, directeur de cabinet du Ministère du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des PME.

C’est à l’occasion d’une journée de sensibilisation des acteurs des laboratoires d’analyse et de contrôles alimentaires sur la résistance aux antimicrobiens. D’après lui, la résistance aux antimicrobiens, encore appelée antibiorésistance, s’impose de plus en plus comme une problématique de santé publique émergente en raison de la mondialisation des crises alimentaires. « La RAM pose un réel problème de santé publique et constitue un fléau transversal qui touche autant l’humain que le secteur vétérinaire avec l’utilisation intensive d’antibiotiques pour la croissance animale et la prévention d’infections, sans oublier le secteur environnemental avec les résidus d’agents antibactériens déversés au niveau de nos sols », a-t-il souligné. Se basant  toujours le rapport O’NEILL, M. Faye dira : « si aucune mesure n’est prise, il faudra ajouter au coût en vies humaines un coût économique cumulé de 100 000 milliards de dollars en termes de pertes de production d’ici à 2050, soit plus que la taille de l’économie mondiale ».

Pour Cheikh Gueye, chargé de programme à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Sénégal, la progression mondiale de la RAM représente une menace majeure pour la santé humaine et animale. Elle met en danger la médecine vétérinaire et humaine moderne et constitue un risque pour la salubrité de notre alimentation et de notre environnement. En effet, soutient-il, les antimicrobiens jouent un rôle critique dans le traitement des maladies des animaux d’élevage (aquatiques et terrestres) et des plantes cultivées. Leur utilisation est essentielle pour la sécurité alimentaire, pour notre bien-être et celui des animaux. Toutefois, regrette M. Gueye, l’utilisation inappropriée de ces médicaments favorise l’apparition et la propagation de micro-organismes résistants aux antimicrobiens et constitue une grave menace pour la santé publique.

Cet Atelier a été organisé dans le cadre du projet de la FAO dénommé « Soutien au Programme de sécurité sanitaire mondiale (GHSA) dans la lutte contre les zoonoses et le renforcement de la santé animale en Afrique », financé par l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID).

Zachari  BADJI

À voir aussi

L’Asas décrète une grève de 72 heures

L’Alliance des syndicats de la santé (Asas), An Gueusseum maintient la pression sur le gouvernement. …

Réduction des Risques Vih/Tb: Les journalistes mieux outillés

L’Alliance nationale des communautés pour la santé a tenu, hier, un atelier d’orientation des journalistes. …