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RETARDS DES INTRANTS AGRICOLES, UN ELEVAGE QUI SOUFFRE DE TOUT, FLAMBEE DES PRIX DES DENREES ALIMENTAIRES La famine guette le Fouta

Le gouvernement s’était pourtant engagé à tout mettre en œuvre pour une campagne agricole de l’espoir. Mais seulement contrairement à toutes les promesses, la région de Matam vit une situation incertaine. Au moment où les paysans attendent toujours l’arrivée des intrants agricoles, les éleveurs eux ne savent plus à quel saint se vouer. Le tapis herbacé qui n’est pas bien fourni pose de sérieuses difficultés dans l’alimentation du bétail. Les grands éleveurs, qui n’avaient pas pris les chemins de la transhumance, ne savent plus où donner de la tête. En plus de cette situation alimentaire, l’accès à l’eau demeure aujourd’hui une sérieuse contrainte qui hante le sommeil.

Source l »Observateur
Durant ces différents séjours dans la jeune région, le président de la République n’a jamais oublié de rappeler ce rêve : faire de Matam le grenier rizicole du Sénégal. Mais seulement en dehors de ce discours, aucune action concrète n’a encore été menée. Les campagnes agricoles se suivent et se ressemblent dans cette partie de la vallée du fleuve Sénégal. Cette année, suite de la longue période de soudure, les producteurs espéraient disposer de tous les intrants agricoles nécessaires pour la campagne de «secours». Mais depuis la tombée de la première pluie, c’est l’attente. Même le matériel agricole indien n’est pas encore arrivé. S’y ajoute le faible taux de remboursement du crédit de la caisse nationale de crédit agricole du Sénégal. Les organisations paysannes rencontrent d’énormes difficultés pour mobiliser le financement de cette campagne. Qui sont en train de compromettre tous les espoirs. C’est l’avis de Issa Demba Niang, président de l’union des paysans de Orkadiéré : «C’est une situation très difficile. Mais elle n’est pas du tout nouvelle. Car nous constatons les mêmes difficultés depuis 5 ans. A chaque fois, les autorités nous arrosent de promesses, mais à l’arrivée rien. Jusqu’à aujourd’hui les intrants ne sont pas là. Mieux, on ne sait même pas où est ce que nous allons trouver le financement de cette campagne. Si c’est dans ces conditions-là que le chef de l’État compte développer la culture irriguée, nous sommes désolés car ce n’est pas demain la veille». Au niveau du Diéri, zone des cultures pluviales, le décor est le même. Seulement ici ce n’est pas la pluie qui fait défaut. C’est plutôt le manque de semence qui pose problème. Du fait de cette longue période de soudure, les quelques graines récoltées l’année dernière ont tout simplement été utilisées pour la nourriture. Aujourd’hui, les paysans qui ne veulent pas rater le rendez-vous hivernal investissent les marchés hebdomadaires pour trouver les semences du «Souna», le petit mil plus adapté au sol du Diéri. A l’heure actuelle, le kg qui coûtait 125 Fcfa tourne à 400 et 500 Fcfa. Une situation qui, selon Mamadou Sall, «fait penser aux années de sécheresse de 1970. Si le gouvernement ne réagit pas à travers un programme spécial, le Fouta va vivre une catastrophe. Le secteur de l’élevage ne fait pas l’exception. Aujourd’hui les quelques grands éleveurs qui n’avaient pas fait le déplacement vers le sud du pays vivent des conditions difficiles. L’alimentation des bêtes relève d’un véritable casse-tête. A la suite de la faible pluviométrie de l’année dernière, les mares ont tari plus vite que d’habitude. Une situation est aussi difficilement vécue dans la zone sylvo pastorale du Ferlo où il faut débourser 50 voir 100 Fcfa pour abreuver une bête aux forages. Qui visiblement ne peuvent plus satisfaire la forte demande. D’où l’appel de Demba Harouna Kâ, le président de «Gallé aynabé» : « Nous sommes vraiment inquiets cette année. Malgré toutes ces difficultés, le gouvernement entretient un silence insupportable. Pourtant ils sont tous au courant de cette situation, nous avons saisi les autorités locales, les élus, nos instances au niveau national, mais rien.» Une situation difficile que reconnaît le chef de service départemental de l’élevage. Malgré les assurances de Aliou Ndiaye, l’incertitude demeure : « Le gouvernement doit aider ces éleveurs. Mais il faut quand même rappeler que déjà plus de 300 tonnes d’aliments sont en cours de distribution à l’intérieur de la région. Après la tombée des premières pluies, les petits ruminants commencent à souffler. Maintenant le grand problème, c’est avec les bovins. Car il faudra attendre des semaines avant que les herbes ne soient accessibles. Et pour cela, il faudrait que le rythme des précipitations s’améliore. Car la situation actuelle de la pluviométrie est loin d’être rassurante».

Les chefs religieux du Fouta implorent la grâce divine

Au même moment, la cherté du coût de la vie est venue corser les choses. Malgré la volonté du gouvernement de baisser les taxes pour alléger le coût de certaines denrées de premières nécessités, on est loin du compte. Les commerçants qui font face à la flambée du coût du transport sont obligés de suivre la logique. Selon M Aliou Béye, le président du collectif des commerçants de Matam, «c’est une hausse logique. Aujourd’hui nous constatons que les transporteurs ont revu à la hausse le prix du transport. Pour chaque tonne de marchandises, nous sommes obligés de payer 3000 contre 1500 Fcfa. C’est valable pour tous les grossistes qui se trouvent en ce moment dans la zone du Dandé Mayyo.» Pour implorer la grâce divine les marabouts, imams et oulémas viennent d’organiser une retraite spirituelle dans la localité de Sémé, sous la coordination de Thierno Madani Tall Ibn Thierno Mountaga Tall. Une rencontre des saints du Fouta qui peut faire renaître l’espoir d’autant plus que la fin de ces deux jours de prière a été marquée par un orage.


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