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Retour de l’ex-premier ministre : La difficile cohabitation entre Idy, Macky Sall, Ousmane Ngom, Cheikh Tidiane Sy…

Le président Abdoulaye Wade a excipé d’une volonté de regrouper la grande famille libérale pour rappeler Idrissa Seck à ses côtés. Mais, eu égard aux relations heurtées qu’avaient eues, par le passé, le maire de Thiès et certains caciques du Pds, notamment Macky Sall, Ousmane Ngom, Cheikh Tidiance Sy, Farba Senghor, Abdou Fall…, et le différend qui l’oppose aujourd’hui à son ex-égérie, Awa Guèye Kébé, la cohabitation risque d’être difficile. Batailles épiques, attaques au bas de la ceinture, perfidie et haine ont jalonné les relations entre Idrissa Seck et certains de ses ‘frères’ libéraux.

Source : Walfadjri
Macky Sall doit une bonne partie de son ascension au sommet de l’Etat à Idrissa Seck. Ce dernier, alors tout puissant directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade, fera de lui le directeur général de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) en décembre 2000, avant de le parachuter à la tête de la Cellule Initiatives et stratégies (Cis), une trouvaille d’Idrissa Seck qui regroupe les cadres du Pds. Par la suite, toujours sous son aile protectrice, Macky Sall s’est retrouvé à la tête du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique en mai 2001. A ce poste, le natif de Fatick avait cependant le profil de l’emploi. Il est ingénieur géologue, géophysicien, diplômé de l’Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs qui est en partenariat avec l’Institut français du pétrole de Paris. C’est à la tête de ce département ministériel qu’il connaîtra ses premiers démêlés avec Idrissa Seck. La décision de ce dernier de faire arrêter les carrières de Thiès n’avait pas eu l’heur de lui plaire. Et il ne cachera pas sa désaprobation par rapport à une telle décision. Ce que ne pourra pas concevoir un Idrissa Seck autoritaire et arrogant.

Malgré tout, en novembre 2002, Macky Sall devient ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement à la faveur de la nomination d’Idrissa Seck comme Premier ministre. Avec cette ascension fulgurante à même de lui faire croire en sa bonne étoile, il cherche à s’affranchir de la tutelle de son mentor de plus en plus autoritaire. La sortie de Mamadou Lamine Loum, dernier Premier ministre du régime socialiste, contre le gouvernement de Me Wade sera à l’origine d’un autre malentendu entre les deux hommes. Macky Sall lui porte la réplique en usant de sa casquette de porte-parole du gouvernement. Mais, le document qu’il publie dans la presse porte sa signature, ce qui sera très mal vu par Idrissa Seck.

Cependant, la goutte de trop a été l’acceptation du poste de Premier ministre par Macky Sall alors qu’Idrissa Seck, au plus fort de sa brouille avec Me Wade, était annoncé sur le départ. L’un de ses proches raconte d’ailleurs que le maire de Thiès a failli tomber à la renverse lorsqu’on lui a annoncé la nouvelle. ‘Sama Macky ! (Mon Macky à moi ! : Ndlr)’, se serait-il exclamé tellement cela lui paraissait invraisemblable. Depuis, Idrissa Seck en veut à Macky Sall qu’il considère comme un perfide.

Ousmane Ngom, pour sa part, avait des relations fraternelles avec Idrissa Seck qu’il considérait comme son petit frère. Alors étudiant à la Sorbonne, il l’avait même hébergé dans son appartement en France lorsque le jeune Idy était venu passer les tests d’entrée aux Hec. Il se raconte qu’il lui faisait même souvent la cuisine. Mais, les relations entre les deux hommes vont se détériorer lorsqu’Idrissa Seck a piqué à Ousmane Ngom son poste de numéro deux du Pds, après l’avoir poussé à la porte du parti. Cela, il ne le lui pardonnera jamais. C’est pourquoi, d’aucuns ont vite fait de croire qu’Ousmane Ngom, devenu ministre de l’Intérieur après son retour au Pds, a voulu prendre sa revanche sur Idrissa Seck quand ce dernier a eu maille à partir avec la justice dans l’affaire dite des ‘Chantiers de Thiès’. Dans l’entourage de l’ancien Premier ministre, on soutient, en tout cas, qu’il a tout fait pour l’envoyer en prison. C’est lui, y précise-t-on, qui a trouvé le raccourci de l’atteinte à la sûreté de l’Etat qui a permis d’accélérer l’inculpation et l’incarcération d’Idrissa Seck, alors que le dossier était vide. Quoi qu’il en soit, l’histoire retiendra que c’est Ousmane Ngom, traitant le maire de Thiès de Raspoutine, qui a été le premier à monter au créneau pour demander à l’ancien Premier ministre de s’expliquer sur les milliards dépensés dans les travaux de réfection et d’embellissement de la capitale du rail. Dans une réplique acerbe, ce dernier le surnommera Judas pour l’accuser d’avoir trahi son ‘père’ Me Wade.

Quant au ministre de la Justice, il est considéré, au même titre qu’Ousmane Ngom, comme l’un des artisans de l’incarcération d’Idrissa Seck. Il est reproché à Cheikh Tidiane Sy par les proches de ce dernier d’avoir été trop diligent dans la mise en place de la Haute Cour de justice qui devait juger l’ancien Premier ministre. Pourtant, les relations n’ont pas été toujours exécrables entre le ministre de la Justice et Idrissa Seck. Cheikh Tidiane Sy était comme un grand frère pour le maire de Thiès. Il a eu, par le passé, à donner un coup de main à son ‘petit frère’, notamment en l’aidant à monter des sociétés avec ses amis comme Babacar Touré, le patron du groupe Sud. Leurs proches se souviennent que Cheikh Tidiane Sy mettait même la main à la poche pour lui. Quelques années plus tard, Idrissa Seck devenu Premier ministre, le grand frère était naturellement en droit de s’attendre à un retour d’ascenseur. Non seulement, il ne le verra pas venir, mais l’ancien Premier ministre refusera catégoriquement que Cheikh Tidiane Sy entre dans son gouvernement. Il restera ministre d’Etat sans portefeuille jusqu’au départ d’Idrissa Seck de la Primature à la faveur duquel Me Wade le nomme ministre de la Justice.

Les relations entre Farba Senghor et Idrissa Seck sont aussi sui generis. L’ancien Premier ministre a toujours eu un mépris condescendant envers le ministre du Transport aérien. Ce que ce dernier n’a jamais pu souffrir, du reste. Des indiscrétions rapportent la chausse-trappe que lui aurait tendue Idrissa Seck lorsqu’il a eu l’outrecuidance de déclarer sa candidature à la mairie de Dakar. L’ancien Premier ministre l’aurait traîné jusque dans le bureau du président Wade pour lui annoncer la nouvelle. A la fois surpris et rebuté, le chef de l’Etat les rabroue tous les deux. Croyant avoir commis une ineptie, Farba Senghor serait allé, par la suite, au bureau d’Idrissa Seck pour s’excuser de l’avoir mis dans cette situation. C’est bien plus tard qu’il comprendra que c’était plutôt lui la victime et qu’il s’était fait avoir.

Sachant qu’il a été tourné en bourrique, Farba Sengor en voudra à mort à Idrissa Seck. Il s’y ajoute que ce dernier l’assurera en public que tant qu’il sera l’homme fort du régime libéral, lui, Farba Senghor, ne sera jamais ministre de la République. Face à un tel mépris sans borne, ce dernier lui fera savoir de vive voix, alors qu’il était au faîte de sa puissance, qu’il le combattra désormais à mort. Il aura, finalement, raison de son adversaire, qui se verra éjecté de la Primature.

La cohabitation entre Abdou Fall et Idrissa Seck n’en est pas moins absconse. L’ex-ministre de la Culture n’a jamais pardonné à l’ancien Premier ministre de l’avoir mis à la porte du gouvernement sans le prévenir. C’est à la radio qu’Abdou Fall a appris son premier limogeage du gouvernement. Conséquence : Il démissionne de tous les postes de responsabilités au Pds et quitte avec fracas la mairie des Hlm. Il reviendra au gouvernement après le départ d’Idrissa Seck. Et après la disgrâce de ce dernier, il a été le premier à se porter candidat – comme animé par un désir de vengeance – pour aller chasser sur les terres du maire de Thiès.

Ceux-là ne sont qu’un échantillon parmi les responsables du Pds avec qui Idrissa Seck a eu des relations heurtées. Avec Pape Samba Mboup comme avec Abdoulaye Faye, ce ne fut jamais le grand amour. Que dire de ses relations avec Doudou Wade qui avait bruyamment manifesté sa joie au soir du vote de la résolution envoyant Idrissa Seck devant la Haute Cour de justice ou avec Bacar Dia qui lui a tourné le dos dès lors qu’il a entamé sa traversée du désert ? On ne peut pas, non plus, ne pas évoquer les cas de Karim Wade et d’Awa Guèye Kébé. Le premier, bien que n’ayant pas de conflit ouvert avec l’ancien Premier ministre, ne lui aurait pas encore pardonné d’avoir tenu des propos désobligeants à l’encontre de son père de président de la République. On ne reviendra pas ici sur les conflits d’intérêts qui pourraient les opposer dans le futur. Pour sa part, Awa Guèye Kébé a quitté avec pertes et fracas Rewmi sans pour autant avoir formalisé son adhésion au Pds. L’ex-égérie d’Idrissa Seck erre, actuellement, entre l’Erèbe et le Purgatoire. Quel sera son avenir politique avec le retour de l’ancien Premier ministre au Pds ?

Tout cela laisse présager une cohabitation difficile entre le maire de Thiès et ses adversaires politiques. On ne sait pas trop comment Me Wade va gérer toutes ces contradictions internes. A moins qu’il ait convenu avec Idrissa Seck, lors des négociations pour le retour de l’ancien Premier ministre au Pds, d’un pacte de non-agression.

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