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RETOUR DE LA PEINE DE MORT- Les autorités en déphasage avec le peuple

  • Date: 22 novembre 2016

Le débat sur le retour éventuel de la peine de mort au Sénégal fait son bonhomme de chemin. Rendu actuel par la recrudescence de la  violence et surtout de meurtres crapuleux, ils sont de plus en plus nombreux les citoyens sénégalais à penser qu’il faut un retour de la peine de mort, conformément aux recommandations de la religion musulmane.

A ce propos, on a noté un déphasage entre les positions du Sénégal « officiel » qui est abolitionniste, contrairement au Sénégalais lambda qui opte en général pour la loi du Talion. Le Président du groupe parlementaire de la majorité à l’Assemblée nationale, Moustapha Diakhaté, a exprimé un point de vue qui n’est pas loin de celle qu’aurait exprimé n’importe quelle autorité de ce pays. Le député reste convaincu que la peine de mort n’est pas assez dissuasive et s’appuie sur l’exemple des Etats-Unis où les meurtres sont fréquents alors que la peine capitale est souvent appliquée.

Ce point de vue rejoint celui des démocraties occidentales avec leurs Ong droits-de-l’hommistes qui sont convaincues que la sacralité de la vie humaine recommande d’éviter toute loi qui permettrait à l’Etat d’ôter celle-ci. C’est ainsi que dans de nombreuses démocraties occidentales, la peine capitale n’est plus de mise. C’est le cas en France où pourtant, la guillotine avait été inventée et pratiquée pendant longtemps. L’abolition de la peine capitale est intervenue en 1981.

En faveur de cette abolition, beaucoup d’arguments sont invoqués comme la possibilité d’erreur judiciaire, le caractère bâclé de la défense de certains accusés indigents, les méthodes d’exécution, les effets psychologiques sur les personnes qui y assistent, la violation du caractère sacré de la vie, etc.

En tout état de cause, de puissantes lobbies au plan international planchent en faveur de cette abolition et y travaillent sans relâche. Et des Etats faibles parce qu’ayant besoin de l’assistance des autres, rechignent souvent à nager à contre-courant.

C’est pourquoi le président Wade n’a pas hésité en 2004 à faire voter une loi sur l’abolition de la peine de mort qui a toujours existé au Sénégal depuis son indépendance. Ce qu’il y a, c’est que les peines capitales n’ont été exécutées qu’à deux reprises avec les affaires Moustapha Lô et Abdou Faye.

Comme quoi, il a toujours existé au Sénégal une abolition de fait. Les condamnés à mort n’étant pas exécutés, en général.

C’est pourquoi, il serait souhaitable que compte tenu de la volonté du peuple largement exprimée à travers les médias, que les autorités résistent aux pressions venant de l’extérieur pour examiner les conditions d’un retour de la peine capitale.

Bien sûr des garde-fous peuvent être pris par le législateur pour obvier les cas d’erreur judiciaire, mais en général, les juges font assez bien leur travail surtout qu’ils sont aidés par l’instruction qui dure de longues périodes avec tous les moyens d’investigation criminalistique.

Même s’il faut y réfléchir à deux fois avant d’exécuter la sentence, il n’empêche que le caractère têtu du Sénégalais fait qu’il serait souhaitable qu’une épée de Damoclès comme la peine de mort plane sur sa tête.

Ceux qui tuent aussi facilement savent qu’il y a une vie en prison et que ce n’est pas la fin du monde.

Or, le principe de responsabilité en droit pénal induit que celui qui choisit d’ôter la vie des autres donne de facto, licence à l’Etat d’ôter la sienne.

Il a droit à une défense digne de ce nom, mais devra répondre de son acte.

Car, dans un Etat qui se respecte, des citoyens ne peuvent pas être abattus et égorgés continuellement sans que des mesures immédiates et révolutionnaires ne soient prises.

Assane SAMB

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