2 septembre, 2014
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Retour en force des delestages les populations baignent dans le noir, la senelec minimise

Retour en force des delestages les populations baignent dans le noir, la senelec minimise

Le constat est partout le même. Les délestages sont revenus en force. Ils sont devenus le nouveau casse-tête des populations. Aucune zone n’est épargnée. Dans la capitale comme à l’intérieur du pays, les coupures récurrentes d’électricité s’invitent dans les ménages. C’est presque tout le Sénégal qui est plongé dans le noir. Des heures durant. Une situation qui irrite les populations, qui ne savent plus où donner de la tête. Le nombre d’heures varie en fonction des quartiers, ou même des régions. A Dakar, la situation est plus chaotique. La même situation prévaut à Rufisque et à Thiès. Plus chanceux, Ziguinchor et Louga connaissent un léger mieux. La Senelec qui est au banc des accusés, en impute la faute à l’obsolescence des machines. Ces engins font souvent des leurs. Des machines qui tombent en panne sans prévenir, au grand dam des populations. L’Obs a fait un zoom sur cette situation qui cause d’énormes préjudices au peuple.

Dakar, le nœud du problème

Les longues coupures d’électricité ont repris depuis quelque temps dans certains quartiers de Dakar. Les ménages ne savent plus où donner de la tête, ni à quel saint se vouer. Le courant est devenu une denrée rare dans certaines zones. Pendant des heures, les populations sont privées d’électricité. A la Médina, le problème demeure entier. Il ne se passe pas un jour sans que les populations ne soient confrontées à une coupure d’électricité. Dans ce populeux quartier de Dakar, pendant des heures, les populations broient du noir. Un fait devenu récurrent dans tous les quartiers de Dakar. A Niary Tally, on peut rester toute une journée sans électricité. Idem à Dalifort où les délestages ont repris de plus belle. Même son de cloche à la zone de Captage. Même si la situation est meilleure dans cette zone, il n’en demeure pas moins que les habitants sont souvent confrontés à des coupures d’électricité. A Yoff, les délestages ne durent que quelques petites minutes. Mais le constat est que les délestages ont repris, malgré les assurances du Directeur général de la Senelec, Pape Dieng, et du ministre en charge du secteur, Aly Ngouille Ndiaye.

A l’origine de ces délestages, des cadres de la Senelec indexent les vents violents qui soufflent sur la capitale ces derniers jours. «Il est vrai qu’à la Centrale 4 du Cap des Biches, 3 machines sont en réhabilitation, une seule fonctionne. Mais, il ne s’agit pas d’un problème de production, le jus (le combustible) est bien là. Il s’agit de pannes de réseaux dues aux vents violents», insistent nos informateurs.

Retour des délestages

Rufisque dans le noir

Malgré leur proximité avec les centrales électriques des Cap de biches et Kounoune Power, les populations de Rufisque ne sont pas à l’abri des coupures de courant, ces derniers temps. Des délestages qui parfois durent plusieurs heures dans certains coins et un tour d’horloge dans d’autres quartiers. Une situation que continuent de déplorer les populations surtout en cette période de forte canicule. «Je pensais qu’avec cette batteries de mesures annoncées et les assurances du ministre de l’Energie, il n’y aurait plus de coupure de courant, mais ce n’est pas le cas. Il ne se passe pas un seul jour sans que nous ne vivons ces coupures», se désole Moussa Guèye, un habitant du quartier Fass Container. Même sentiment du côté des quartiers du centre ville où toutes les activités sont concentrées. «C’est vraiment difficile de renouer avec ces coupures d’électricité, il est grand temps que les autorités arrêtent de promettre la fin des délestages alors qu’il n’existe encore aucune volonté politique», peste Bijou Diop, habitante de Keury Souf. Les élèves aussi sont courroucés par cette recrudescence des délestages. «Nous sommes tous en période de révision avec les examens qui approchent. Ce n’est pas intéressant de rester certaines heures de la nuit sans courant. Cela risque de nous porter préjudice», regrette Matar Gningue, élève à Rufisque. Des Rufisquois qui exhortent les nouvelles autorités à faire du secteur de l’énergie une de ses priorités dans leur projet de société.

Kaolack : Le Saloum sans jus

A quand la fin des délestages ? C’est une question que beaucoup de Sénégalais se posent. Et les populations de Kaolack ne sont pas en reste. Dans la commune de Ndoffane, le fait est devenu banal. Ici, il ne se passe pas un jour sans qu’il n’y ait délestage. Les populations expliquent cette situation par la fréquence des incendies qui endommagent souvent les poteaux électriques de la Senelec. Dans la commune de Kaolack par contre, il n’y a presque jamais de coupures. Les rares délestages notés surviennent avec les pluies diluviennes. A l’approche de l’hivernage et du mois béni de Ramadan, les populations mettent en garde la Senelec. Fatou Bintou Dieng, âgée d’une trentaine d’années bande les muscles et prévient contre tout délestage. Cette mère de famille, vendeuse de poisson interpelle la Société nationale d’électricité sur un éventuel retour des coupures intempestives d’électricité pendant le mois de Ramadan. «La Senelec a fait des efforts. Mais, nous ne sommes pas rassurés, surtout à l’approche du mois de Ramadan où la consommation en électricité est presque doublée», s’inquiète-t-elle. Même son de cloche chez ce tailleur. Trouvé devant son atelier au marché central de Kaolack, Cheikh exprime ses craintes de revivre le cauchemar des délestages. Ciseaux à la main, ce jeune homme garde des souvenirs «douloureux» des coupures de courant à pareille époque de l’année dernière. A la Société nationale d’électricité, l’heure est au bilan. Le chef de service de l’exploitation revient sur les réalisations de la Senelec qui ont abouti à la baisse des délestages. Selon Thiaka Diop, la centrale de Kahone alimente la région de 90 mégawatts, contrairement à l’année dernière. Il s’y ajoute que la région de Kaolack a un réseau interconnecté aux réseaux de Touba et de Dakar.

Ziguinchor : Les délestages, un vieux souvenir !

Contrairement à certaines zones, la région de Ziguinchor n’a pas encore renoué avec les sempiternels délestages. La Société nationale d’électricité (Senelec) a, depuis quelques mois, fini d’améliorer progressivement la qualité de l’offre de service grâce à une augmentation de la capacité de production. Et les délestages sont devenus un vieux souvenir pour les populations du sud du pays. Un constat confirmé d’ailleurs par la Senelec. «Les délestages sont un mauvais souvenir pour les populations de Ziguinchor», explique Thierno Amadou Ba, délégué régional de la Senelec. Et d’ajouter : «On ne parle que de déclenchements dus à des incidents techniques qui arrivent à un réseau ou à des groupes. On note cependant des coupures, mais uniquement pour des raisons de travaux. Ce sont là les deux types de coupures qu’on note dans la région sud.»

Des projets sont en cours pour renforcer la capacité de la centrale électrique de Boutoute (est-Ziguinchor), qui alimente toute la région sud du pays. Une centrale de Boutoute qui, en 2008, dans le courant du mois de juillet, avait connu une dégradation de sa capacité de production due aux avaries sur trois des machines installées depuis 1984. Elle s’était retrouvée avec une puissance de 6 mégawatts pour une demande globale de 11 mégawatts.

D’ailleurs, la Senelec va organiser une communication hivernale (25 et 26 juin prochains) à Ziguinchor. Une communication qui va regrouper, entre autres, la presse, les représentants des Imams, l’Association des consommateurs, pour parler des risques qu’elle cause pendant l’hivernage.

Délestage à Louga : Un léger mieux !

La population de Louga peut toucher du bois. En effet, depuis plus de deux semaines, les coupures d’électricité sont devenues un vieux souvenir dans la ville. Même si, par moments, la fourniture en électricité fait des siennes, force est de reconnaître qu’il y a un léger mieux, comparativement aux mois derniers. D’ailleurs, ce constat est confirmé par les plus grands consommateurs. «Vraiment, je reste parfois une semaine sans allumer mon groupe électrogène. Les coupures de courant ne sont plus fréquentes à Louga», a assuré, Marème Diagne, une styliste ayant pignon sur rue au centre ville. «Seulement, il est très tôt de crier victoire, car il semble que la situation n’est pas totalement maîtrisée par la Senelec», ajoute-t-elle.

Pour Feze Kochamn, gérant de la boulangerie Serigne Fallou Mbacké, les délestages ont certes diminué, mais à cause d’une surproduction, j’ai dépensé plus de 130 000 FCfa pour rechanger des pièces détériorées. Il y a toujours des coupures à Louga, même si elles durent moins de 5mn, confie-t-on. «Par rapport à Dakar, nous pouvons nous estimer heureux. Cependant, il faut que nos autorités sachent que Me Wade a perdu le pouvoir parce que son Plan Takkal ne marchait pas. Il y’a un léger mieux, mais le problème reste toujours entier. Nous ne voulons plus voir de coupures de courant», ajoute Ndèye Khady Ndiaye, gérante d’une entreprise de prestation de services.

A la Senelec, c’est un autre discours : «Nous ne connaissons pas de délestages à Louga», soutient, Augustin Mendy, chef d’unité réseau de la Senelec. «A part les coupures dues à des travaux, aux vents et autres oiseaux, nous pouvons dire que tout marche comme sur des roulettes», poursuit M. Mendy. Selon lui, s’il y a coupure à Louga, Dakar le sentira, car le Lac de Guiers et les trois principaux forages qui alimentent la capitale sénégalaise en eau se trouvent dans la région.

Thiès : Pas un jour sans coupure

Les délestages sont devenus récurrents dans la capitale du Rail. Il ne se passe pas une journée sans que les foyers ne soient délestés d’électricité durant des heures. En cette période de forte canicule, c’est encore pire. La nuit, la ville est souvent plongée dans le noir pendant plusieurs tours d’horloge. Le phénomène est devenu banal. A Kayar, les populations sont restées pendant plusieurs jours sans électricité. Au Quai de Pêche, les mareyeurs ont vu leurs productions pourrir dans les réfrigérateurs en panne d’alimentation. A la Senelec, Balla Diack, chef de distribution centre-ouest Thiès-Diourbel, explique : «Mardi dernier, on a eu un support complètement calciné et à terre. Nous avons essayé de le réparer dans la nuit du mardi à mercredi. Nous avons fini les travaux vers 21 heures. Compte tenu de l’humidité de la zone, nous n’avons pas pu fermer le support au départ. On n’a laissé jusqu’au petit matin pour refermer. La situation est redevenue normale.» Ce qui est loin d’être le cas, puisque que Kayar est toujours plongée dans le noir.

Les délestages ont aussi endommagé le matériel informatique de la Direction de la statistique et de la démographie. Oumy Laye, chef du service régional de ladite structure, et son personnel travaillent dans des conditions pénibles. «Il y a eu un délestage. Lorsque l’électricité est revenue, elle a emporté le matériel informatique devenu défectueux, 02 imprimantes HP Laser Jet, 01 imprimante-scanner-fax HP Laser Jet, 01 ordinateur. Les foyers lumineux du service, au nombre de 18, ont été tous grillés», fera-t-elle remarquer.

A la Senelec de Thiès, l’explication est toute simple. «Quand la demande est supérieure à l’offre, nous sommes obligés de procéder à des délestages. Quand il fait frais, il n’y a pas une demande forte. Il y a des machines en panne, il nous arrive d’avoir des déficits de production, de ne pas pouvoir satisfaire la demande. Le risque zéro n’existe pas, car on peut avoir des pannes sur les groupes», explique Balla Diack.

Kaffrine : 15 heures sans lumière

Comme la plupart des régions du pays, Kaffrine n’est pas épargnée par la reprise des délestages qui paralysent très souvent certains secteurs. Depuis le début du mois de juin, il est très rare de rester toute une journée sans qu’un quartier de la ville ne soit pendant un bon moment privé de courant. Ne pouvant plus supporter le silence de la Senelec, qui ne veut point informer sur les raisons de ces coupures, ces pauvres citoyens de Kaffrine n’ont que leurs yeux pour pleurer. Avec cette reprise des coupures de courant qui durent plus de 15h par jour, les Kaffrinois, en cette période de forte canicule ne peuvent même pas espérer boire de l’eau fraîche à leur guise pendant la journée, encore moins prendre le risque de conserver dans les réfrigérateurs, certaines denrées comme le poisson ou la viande, etc.

Beaucoup d’ateliers de couture, des cybers, des boulangeries, des banques, des centres de santé de la région et des environs, ont été, à défaut d’avoir un groupe électrogène, obligés de baisser rideau durant cette semaine.

Et au lieu d’apaiser la colère des populations qui se couchent désormais à la belle étoile, la Senelec, par le biais de son patron, Abdou Dahim Gueye, est sur la défensive. Il avertit qu’il s’agit juste de simples coupures de courant et non des délestages. D’ailleurs, selon lui, ces coupures sont indépendantes de leur volonté car, avec les premières pluies, la Senelec perd des supports sur le réseau de haute tension. Ce qui explique le début du calvaire des «Saloum-Saloum».

L’Observateur