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Retour au Sénégal du capital français, polémique autour du fcfa, coopération bilatérale France-Sénégal, aide au dèveloppement- Christophe Bigot, sans détours

L’ambassadeur de France à Dakar a passé au crible hier, dimanche 17 septembre 2017, les différents axes de la relation bilatérale entre son pays et le Sénégal. Invité de l’émission Objection de  Sud Fm, animée par Baye Oumar Guèye, Christophe Bigot a exploré tour à tour et sans détours la coopération qui unit les deux pays, fondée sur plus de trois siècles d’histoire,  l’aide au développement qui  voisine 1 milliard et demi d’euros sur 10 ans, comme le retour supposé du capital français au Sénégal qui est bien loin de témoigner d’une quelconque emprise économique. Non s’en dire ses quatre vérités sur le débat récurrent autour du F CFA. Une monnaie qui appartient aux Africains, lesquels peuvent  en changer les règles s’ils le veulent. Extraits Faisant ainsi le bilan de la  coopération bilatérale  entre le  France  et  le Sénégal, l’ambassadeur  de France au Sénégal a exalté la  relation entre  les  deux  pays. Une relation qui, selon  Christophe  Bigot, est  excellente, « L’état de la  coopération bilatérale  entre  le  Sénégal  et la  France  est excellent ». Empruntant la  formule  du chef  de l’Etat Macky Sall, le  diplomate  dira : «le  seul problème entre  le  Sénégal et la  France, c’est  qu’il n’y a pas de problème. Je  trouve  cette  formule  excellente, c’est une  relation qui  est  très riche au sens où elle  couvre, la  sécurité, l’économie, l’agriculture, le  sport, tous les volets  de la  relations  entre les deux  Etats qui  sont  concernés ». Une relation pluriséculaire  et profonde qui capitalise  aujourd’hui  350 ans d’histoire  ensemble et que le  représentant  de la  France voudrait  bien voir  encore  se poursuivre. «J’espère bien avoir 350 ans d’histoire devant nous aussi». Revendiquant cette histoire partagée entre la France  et  Sénégal, le diplomate  dira  qu’elle  est  bâtie  sur  les échanges culturels entre les  communautés  qui composent  les deux  peuples, avec une  forte  présence  de ressortissants  des deux  pays  de part et d’autre. «  Cette histoire  est  fondée  sur la  richesse  des  hommes. Nous  avons  la chance  d’avoir, en France, dix mille étudiants sénégalais, nous avons également la  chance  d’avoir  une  belle  communauté  sénégalaise  en France. Ils  sont  deux cents mille Sénégalais en France  et ici, combien avons –nous de Français ? Plus de vingt-cinq mille, c’est la  première  communauté française  en Afrique  subsaharienne, c’est  dire  l’intensité  de cette  relation ». D’ailleurs, cette  relation  dépasse le  cadre  économique  car, selon Christophe Bigot, « si c’était  l’économie  qui gouvernait le monde, et si les relations  économiques qui devraient primer, nous  n’aurons  plus, pour ce qui est de la  France , des   relations qu’avec les pays  européens  ou avec les  pays  de l’OCDE ».

AIDE AU DEVELOPPEMENT : 200.000.000 D’EUROS EN 2017, 1.500.000.000 D’EUROS  EN 10 ANS

Abordant  la  question de l’aide  au développement, le diplomate expliquera que  2017 est une  année  « un peu exceptionnelle » au regard  de l’ensemble  des actions  qui ont été  entreprises, notamment  dans  le financement des  domaines des périmètres irrigables en Casamance, « le tiers sud » ou celui de  l’adduction  d’eau de Keur Momar Sarr pour  résorber la  crise  de l’eau de 2013. Dans le domaine des transports, la France  a participé à financer  un certain nombre  de projets  comme le TER (Train Express Régional ) ou également  dans le  domaine  de la  santé maternelle  pour  faire  baisser le  taux  de mortalité  infantile avec des actions  dans les régions  de Louga  et Sédhiou. Autant  d’actions  dont le volume  global tourne  autour  de 200.000.000 d’euros en 2017, a affirmé Christophe Bigot. «Globalement, sur  dix ans,  c’est près d’un milliard  cinq cents millions d’euros que la France a engagé  en faveur  du développement  du Sénégal. Des  financements  dont  les destinations  sont  définies  par le Sénégal, notamment  à travers le cadre  qu’est le PSE. Et la  France  répond  à ces priorités définies  comme  l’agriculture  qui permet la  création  d’emplois  et  le  développement  des exportations, ou dans le  domaine des infrastructures».

LE MARCHE SENEGALAIS EST DEVENU ATTRACTIF ET CONCURRENTIEL 

Quant  à l’idée  selon laquelle on assiste à un retour en force du capital français  dans les secteurs  clés de notre  économie, Christophe  Bigot relativise  en prenant  l’exemple  du port  qui, malgré  tout,  reste  sous  le « contrôle  de Dubaï Port Authorithy ».  Pour lui, ce qui est  vrai est  que le Sénégal attire les investissements et devrait  s’en féliciter. Il explique  d’ailleurs que la  plus grande  partie  de leur  travail de diplomate, à eux, c’est d’attirer les investissements  étrangers  en France. Ce  qui, le  cas  échéant, traduit  une  certaine  attractivité économique  du pays. A ce titre, il cite  l’exemple  du premier club  de football en France, le PSG ,qui appartient  à des investisseurs qataris et dont le  meilleur joueur est  brésilien, pour  dire que la France  en est  fière. Donc, pour lui,  le  Sénégal a cette  « chance  d’attirer les capitaux britanniques sur le pétrole, indiens sur le phosphate, australien ou canadien sur l’or et français sur le secteur des télécommunications. Tant mieux c’est-à-dire que tous ces pays ont confiance en l’avenir  du Sénégal, sa stabilité, sa démocratie…. ».Tout cela pour dire que le marché sénégalais est ouvert et n’est pas l’exclusivité de la France. « Il est attractif, concurrentiel alors que le meilleur gagne », a avancé l’ambassadeur français.

LA STABILITE ET  L’UNITE : DEUX QUALITES FORTES DU FRANC CFA

Quid du débat sur le  franc CFA ? Là, M. Bigot estimera que c’est une  polémique  assez récurrente mais, au-delà de toutes les considérations,  « c’est une  monnaie  strictement  africaine et que si les  Africains  ne s’y retrouvent  plus, il leur appartient  de la  changer ou d’en revoir  le fonctionnement ».  Mais ajoute-t-il, le  F CFA a l’avantage  de sa stabilité  et donc de permettre de maitriser l’inflation. « Je pense  que depuis l’existence  du franc CFA, il y a des polémiques à son sujet. Moi, je  dirai tout  simplement que le franc CFA, c’est la monnaie des Africains. Il leur  revient, s’ils  ne  sont pas contents de cette monnaie,  d’en changer  les  règles s’ils  le souhaitent. Mais  ce que je peux dire  sur  le plan strictement  économique, c’est que cette monnaie  leur  offre la  stabilité. La stabilité  au sens où vous  connaissez  la valeur  de votre monnaie. Mais  quand vous ne la connaissez  pas, qu’est-ce qui se passe ? Vous  avez une  forte inflation. Et quand la  monnaie a une  valeur  fluctuante, tout d’un coup, le prix  des produits importés monte brutalement, la  valeur  de vos biens  peut  changer  du jour  au lendemain, vous  avez un impact  sur  l’économie. Et puis avoir  une  seule monnaie  pour plusieurs pays, c’est ce dont ont  rêvé les Européens  pendant  tant  d’années  et depuis 2000, ils ont  réussi à avoir  enfin une même  monnaie. Vous avez la chance d’avoir une  même monnaie qui permet  de  faciliter  les échanges entre pays africains. Donc stabilité de la monnaie et unité  de la monnaie, voilà  à mon avis  deux qualités très fortes du franc CFA », a-t-il souligné.

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