SOCIETE

RETRAIT DES  ENFANTS DE LA RUE- Human Rights Watch exige des poursuites judiciaires contre les maîtres coraniques récalcitrants

  • Date: 29 juillet 2016

Dans son rapport publié, hier, Human Rights Watch en partenariat avec la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l’homme (PPDH) a abordé la question des enfants talibés au Sénégal. Ces organisations ont salué l’initiative du gouvernement sénégalais visant à retirer de la rue les enfants avant d’exiger des poursuites judiciaires à l’encontre des maîtres coraniques.

Human Rights Watch, en partenariat avec la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l’homme (PPDH), a publié, hier, son rapport sur les enfants talibés au Sénégal. Dans ce document, la récente initiative du gouvernement sénégalais visant à retirer de la rue les enfants y compris ceux qui sont forcés de mendier pour leurs maîtres coraniques a été mise en exergue. En effet, Human Rights Watch, la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l’homme (PPDH) et une coalition de 40 organisations sénégalaises spécialisées dans la défense des droits de l’enfant ont exhorté les autorités à maintenir l’élan de ce mouvement en ouvrant des enquêtes et en engageant des poursuites judiciaires à l’encontre des maîtres coraniques et d’autres personnes qui commettent ces types de violations graves des droits de l’enfant. « Les talibés ont souffert d’abus et ont été exposés à des dangers qu’aucun enfant ne devrait avoir à affronter », déclare Corinne Dufka, Directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch.

Avant de poursuivre : « Bien que les récentes mesures prises par le gouvernement soient louables, retirer les talibés des rues ne conduira pas à des changements sur le long terme si les écoles coraniques ne sont pas réglementées et si les maîtres qui ont commis des abus ne sont pas amenés à rendre des comptes ».

« Les maîtres coraniques exploitent les enfants »

Le document nous renseigne que bien que le nombre d’arrestations de maîtres abusifs ait légèrement augmenté au cours de l’année écoulée, le Sénégal n’a porté devant les tribunaux qu’un petit nombre d’affaires, pour la plupart relatives à des décès ou à des formes d’abus les plus extrêmes ; la pratique de la mendicité forcée des enfants ne fait presque jamais l’objet de poursuites judiciaires. Human Rights Watch et la PPDH ont également noté l’existence d’un besoin urgent de services juridiques d’accès facile pour aider les enfants talibés devenues victimes à obtenir justice. Human Rights Watch a obtenu les statistiques concernant 2015 et 2016 et déclare qu’au Sénégal, des dizaines de milliers de talibés sont envoyés par leurs parents, dès leur plus jeune âge, vivre et étudier dans des écoles coraniques.

Une pratique enracinée dans les traditions religieuses et culturelles du pays. Mais au cours de la dernière décennie, de nombreux maîtres coraniques ont profité d’un système non réglementé pour exploiter et maltraiter les enfants qui leur sont confiés. Les conditions de vie et d’hébergement dans les ‘’daaras’’ abusifs sont exigües et insalubres.

Projet de loi sur les ‘’daaras’’

De nombreux talibés souffrent de grave malnutrition, de maladies et de blessures non soignées. Les longues heures passées dans les rues à mendier exposent les garçons à des risques d’abus physiques ou sexuels. De nombreux maîtres coraniques leur infligent régulièrement des châtiments corporels et de nombreux enfants sont morts en conséquence d’abus et de négligence. « La mort de jeunes talibés suite aux châtiments et sévices corporels de la part de certains maîtres coraniques ne doit plus rester impunie », a déclaré Mamadou Wane, coordinateur de la PPDH. Il poursuit : « Ces meurtres et autres sévices et actes de maltraitance dégradants sur des enfants sont les conséquences de la non poursuite judiciaire des auteurs et des faibles sanctions pénales prises à l’encontre des auteurs ». Pour combattre ce phénomène, ces organisations estiment que le Sénégal devrait donner la priorité à l’adoption du projet de loi portant statut du « daara ».

Le gouvernement devrait également intensifier la formation des responsables de l’application des lois et des magistrats dans le domaine des droits de l’enfant, renforcer l’application des lois existantes et prendre des mesures pour régler le problème découlant du manque de services de soutien juridique pour les talibés victimes d’abus. Tandis que l’opération du retrait des talibés des rues est en cours, le gouvernement sénégalais devrait s’assurer que les centres d’accueil soient conformes aux normes universelles, que les droits des enfants soient respectés à tout moment et que les efforts visant à les rendre à leurs familles soient soutenus de manière adéquate. Des mesures devraient aussi être prises pour garantir le droit des enfants à l’éducation, y compris dans les centres d’accueil.

Cheikh Moussa SARR

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