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RETRAIT FRAUDULEUX A LA BANQUE MICROCRED L’informaticien et son complice risquent chacun 6 mois de prison ferme

Poursuivi pour association de malfaiteurs, manipulation de données informatiques, escroquerie portant sur plus de 8 millions et complicité au préjudice de Microcred Sénégal, le sieur Bâ, informaticien, et son ami Mame Mor Kébé, risquent 6 mois de prison ferme. Ils ont été jugés, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar.

 Ancien employé de la banque Microcred Sénégal, El Hadji Thierno Bâ et son ami, Mame Mor Asta Kébé, ont été attraits, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour répondre des délits d’association de malfaiteurs, manipulation de données informatiques, escroquerie portant sur plus de 8 millions et complicité au préjudice de Microcred Sénégal. Il ressort des débats d’audience que le sieur Bâ, chargé de gérer les données informatiques de certains clients, s’est introduit dans le système informatique de Microcred après son licenciement pour retirer des sommes d’argent avec la complicité de son ami. A la barre, il a expliqué les raisons qui l’ont poussé à monter cette entreprise délictuelle. A l’en croire, il a été licencié de manière injuste parce qu’il a fait un accident de travail avant de rester chez lui. C’est sur ces entrefaites qu’il a, avec la complicité de son ami, préparé ce coup pour se venger de Microcred. « J’ai modifié les comptes de certains clients grâce à un lecteur que j’avais gardé à la maison. J’ai ensuite modifié les données informatiques de telle sorte que mon ami puisse retirer des sommes d’argent sans fournir de pièce d’identification. Il pouvait le faire simplement avec son empreinte digitale et le numéro de compte », a-t-il déclaré à la barre. Interrogé à son tour, Mame Mor Asta Kébé, poursuivi pour complicité de ces chefs, est revenu sur les montants retirés. « Lorsque mon ami m’a expliqué la procédure, je suis allé retirer des sommes d’argent à Kaolack et à Dakar. Il s’agit de 2 millions, 400 mille, 800 mille et 300 mille », a-t-il indiqué. Sur une question de savoir ce qu’il faisait de l’argent retiré, Mame Mor a soutenu qu’ils se le partageaient. D’ailleurs, il a même acheté un terrain à Tivaouane Peulh avec cet argent.

La partie civile réclame 25 millions de nos francs

Intervenant à la suite des mis en cause, l’avocat de la partie civile dira que les faits sont constants et les éléments du dossier le prouvent à suffisance. « Le prévenu, profitant de son expertise et de sa situation, a manipulé le compte de Diabel où il a retiré 1,2 million de nos francs. La banque a émis une réclamation et l’audit a montré que c’est à partir de l’ordinateur de Thierno que les retraits ont été possibles. N’ayant pas donné des explications claires, il a été tout simplement licencié », a dit la robe noire. Avant de continuer : « après son licenciement, il a monté une entreprise délictuelle en utilisant le même modus operandi pour retirer 5,8 millions. Interrogé, Thierno a indiqué que son ordinateur a été piraté. C’est ainsi que les enquêteurs ont demandé au mis en cause d’amener sa machine pour procéder à la vérification. Lorsque celui-ci est venu, on s’est rendu compte que l’historique a été supprimé ». En effet, la partie civile estime que les faits sont établis et elle a réclamé 25 millions de nos francs à titre de dommages et intérêts. Il sera réconforté dans sa plaidoirie par le maître des poursuites selon qui, en dehors de l’empreinte digitale, d’autres modifications ont eu lieu et cela a permis de faciliter les retraits. « Les faits sont très graves et j’ai comme l’impression que les prévenus ne mesurent pas la gravité des faits. C’est pourquoi, je crois que 6 mois de prison ferme leur permettront de mesurer la gravité de leur forfait », a déclaré le parquetier. Pour finir, les conseillers des prévenus ont plaidé coupable avant de demander une application bienveillante de la loi pénale. Ils ont également demandé au juge de rabaisser la somme réclamée par la partie civile. Selon eux, les montants sont surestimés mais, les deux familles se sont retrouvées et ont décidé de payer  les montants retirés. L’affaire a été donc mise en délibéré.

Cheikh Moussa SARR

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