20 novembre, 2014
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RETROSPECTIVE SPORTIVE 2012  Le foot agonise, Basket, Handball… en triomphe

RETROSPECTIVE SPORTIVE 2012 Le foot agonise, Basket, Handball… en triomphe

L’Année 2012, sur le plan sportif, est la plus troublante pour le sport sénégalais, à quelques exceptions près.


Casa Sports roi du foot local


2012 a été une année de révolution pour le football national. Les ténors Jaraaf, Douanes, inexistants, ont encore laissé la main aux clubs populaires, mieux organisés et plus ambitiux.

L’Union Sportive Ouakam avait entamé cette révolution, l’année dernière, et c’est le Casa sports qui a repris le flambeau, à l’issue d’un championnat âprement disputé. Les Ziguinchoirois, constants dans la performance, ces trois dernières années, mais jamais au bout de leur effort, ont retrouvé le sourire en 2012.

L’équipe du sud du pays a remporté son premier sacre historique en déclassant, en finale des Play offs, l’institut Diambars.

Promu en ligue 1, l’institut Diambars n’a pas eu froid aux yeux. L’équipe de Saly s’est fait respecter pour jouer les grands rôles dans le championnat. La performance des poulains de Boubacar Gadiaga s’est faite en puissance exponentielle dans l’élite nationale.

Eclipsés par la nouvelle génération en championnat, les ténors ont aussi regardé les « petits » se partager dame coupe. A cet effet, HLM, en ligue 2, s’est adjugé de la coupe du Sénégal, devant la Renaissance, autre club de la Ligue 2.

NGB, l’un des clubs les plus populaires, s’est vu récompenser aussi par la coupe de la Ligue. L’équipe de Grand Dakar et Biscuiterie a pris le dessus sur l’une de ses principales rivales, l’As Pikine.

En gros, le football national a été dominé par les clubs à base affective.

Violence lors des affiches alléchantes

Si ces clubs populaires ont émerveillé le football national, par leurs mobilisations dans les stades, la revalorisation du niveau du championnat, ils l’ont aussi marqué par les violences. Le hasard avait mis NGB, Casa Sports et l’AS Pikine dans la poule B, lors des phases de poules. Les six belles affiches qui ont opposé ces trois équipes, ont été très électriques. USO isolée dans la poule A, sans un grand rival sur le plan de mobilisation, n’est pas restée de marbre. Les supporters de ces clubs se sont mis en spectacle après chaque décision arbitrale en championnat. Outrés de l’effet combiné de toutes ces attaques, les hommes en noir ont décidé de ranger leurs sifflets, pour observer une grève qui a occasionné une longue trêve en championnat. Bref, la violence dans les stades a été une corvée pour les dirigeants.

Les olympiques et lionnes aux grands rendez-vous

La satisfaction est venue de la première qualification du Sénégal aux Jeux Olympiques de Londres. Les lionceaux ont été héroïques pour avoir atteint les quarts de finale, avant d’être stoppés par le Mexique, vainqueur du tournoi. Moussa Konaté a été élu deuxième meilleur buteur, avec 5 réalisations.

Outre la sélection olympique, l’équipe nationale féminine du Sénégal a aussi participé à sa première coupe d’Afrique des Nation, même si elle a été éliminée en phase de poule.

Les Lions trébuchent

L’année 2012 a été surtout marquée par la 28ème édition de la Can 2012 co-organisée par le Gabon et la Guinée équatoriale. Les lions avaient été époustouflants lors des éliminatoires, en éliminant les lions indomptables du Cameroun. Les stats de meilleure attaque avec 15 buts marqués, ont permis aux Lions de figurer dans le lot des favoris, en l’absence des ténors, Cameroun, l’Egypte et le Nigeria.

Mais, ce fut une des plus mauvaises campagnes d’une participation du Sénégal à la Can. Pourtant, le Sénégal, logé dans une poule facile, selon les observateurs, une qualification au second tour était quand même envisagée devant, la Guinée Equatoriale, pays organisateur, la Zambie, pas dangereux avant son sacre et la Lybie qui n’avait pour objectif que la participation. Surprise, les Lions ne tiendront pas le coup, trois matchs, autant de défaites et zéro pointé, les sénégalais quittent prématurément la compétition. Après cette débâcle, Amara Traoré est limogé avec tout le staff technique. Et c’est le bras de fer entre Amara Traoré et la FSF.

Joseph Koto, l’agneau du sacrifice

Après les querelles, la fédération va s’atteler à la nomination du successeur d’Amara Traoré. Comme solution alternative, Joseph Koto est d’abord choisi pour assurer l’intérim, avant d’être confirmé entraineur principal, suite au désistement de Pierre Lechantre. L’objectif assigné au successeur d’Amara Traoré était de faire qualifier les Lions à la Can 2013 et de décrocher une qualification à la coupe du monde 2014 prévu au Brésil. L’ancien joueur de la Jeanne d’Arc va permettre au Sénégal d’occuper la première place de sa poule pour les éliminatoires de la Coupe du monde. Par contre, Joseph Koto sera coincé dans les éliminatoires de la Can par la Côte d’Ivoire. Les éléphants ont dominé les lions dans les deux rencontres (4 à 2) à l’aller et (2 à 0) au retour. Mais, la rencontre de Dakar fut émaillée d’incidents qui ont interrompu le match. Le Sénégal frôle un incident diplomatique avec la Côte d’Ivoire. Mais, Macky Sall, Président de la République, monte au créneau, pour réparer les erreurs.

Dans ces remous, El hadj Diouf est accusé par la FSF d’être à l’origine de ce débordement. Augustin Senghor n’accuse pas ouvertement mais, fait des rapprochements avec les attitudes du Bad boy, ce jour là. Toutefois, Dioufy réfute cette accusation.

Suspension de LSS

En dépit des multiples tentatives d’apaisements, l’instance dirigeante du football continental ne sera pas très clémente avec le Sénégal. Parce que les images des incidents du « Père Leo » n’honorent pas le football en général. Conséquence, le Stade Lepold Sedar Senghor est suspendu pour un an. Du coup, le Sénégal cherche un stade devant abriter ses prochaines sorties.

…Sur le plan continental…

Les Lions vont devoir suivre la Can 2013 à la télé. Cependant, cette 29ème édition de la plus prestigieuse coupe continentale connaitra la première qualification de l’Ethiopie, après une trentaine d’année d’absence à la Can. Mais, c’est aussi une deuxième élimination consécutive du Cameroun et de l’Egypte.

Malick Gackou le sapeur pompier

Le premier ministre des sports du régime de Macky Sall était arrivé dans un environnement marqué par un litige entre le président de la fédé, Maitre Augustin Senghor et Amara Traoré, entraineur débarqué. En sapeur pompiers, Malick Gackou est parvenu à réconcilier les deux parties. Il a également réconcilié le fameux El Hadji Diouf à son frère Saint louisien, Amara Traoré.

Le triomphe des autres disciplines…

Si le sport roi n’a pas tellement nourri la passion de son monde, les autres disciplines ont donné satisfaction au Sénégal. Tout d’abord, le Sénégal a été sacré champion d’Afrique dans les catégories des moins de 18 ans, filles et garçons. Les garçons ont ramené les médailles d’or de l’expédition de Madagascar, lors des championnats d’Afrique de la catégorie. Tandis que les filles ont remporté le trophée à domicile. Ces deux équipes représenteront l’Afrique aux prochains mondiaux de leur catégorie.

Autre discipline qui a porté bonheur au Sénégal, c’est le handball. Le Sénégal a remporté le tournoi Challenge Trophy, en octobre dernier à Dakar. Les « Lionceaux » ont conservé leur titre acquis en 2010, en terre malienne, et confirmé leur statut de première nation de handball de la Zone 2.

Les « Lioncelles » se rachèteront, en reprenant le titre perdu lors de la première édition au Cap Vert. Avec ce succès, les deux équipes sénégalaises valident leur ticket pour le Challenge Trophy continental prévu en mars 2013.

En art martiaux, les athlètes sénégalais se sont aussi distingués durant cette année. En Taekwondo, Binta Diedhiou, rentrée bredouille des JO, s’est rachetée avec une médaille d’or aux championnats d’Afrique à Madagascar.

Contrairement au Taekwondo, 2012 a été une année de disette pour le Karaté. Cette discipline est rentrée bredouille de sa dernière expédition à Paris /Bercy pour la 21e édition des championnats du monde. Après cette compétition, le karaté s’est signalé par une querelle. Mamadou Sarr, président de la FSK, est révoqué de ses fonctions par les autres membres.

Volleyball, tournoi zone 2, les filles ont remporté le titre, devant la Guinée et les garçons ont échoué, pour la deuxième fois consécutive, devant la Gambie.

Le babyfoot revalorisé…

C’est aussi pendant l’année 2012 qu’une nouvelle discipline a vu le jour. Il s’agit du football de table appelé autrement Baby foot. C’était le 24 octobre dernier que le ministre des sports d’alors a procédé à l’installation du comité de normalisation de cette discipline. Un comité dirigé par Mbagnick Diop, président du Meds.

Aliou Coly, Demba Bà… les étoiles brillantes…

Certains sportifs ont aussi marqué l’année 2012, à l’instar d’Aliou Coly nommé par la presse sportive comme meilleur footballeur local. Et dans ce sillage, Demba Ba s’est vu décerner le BOS Ballon d’or Sénégal. La Sélection U18 basket garçon et fille remporte le trophée de Meilleur Sportif de l’année 2012.

Fin de suprématie de Yakhiya Diop « Yekini »

En lutte avec frappe, c’est la chute de Yakhiya Diop « Yekini » qui a marqué l’attention. Le leader de l’écurie Ndakarou a enregistré son premier revers face à Balla Gaye 2. Le fils de Double Less 2 fut ainsi intronisé roi des arènes. Invaincu, Lac de Guer a aussi chuté pour la première fois. Eumeu Sène , le leader de Ty Shinger a été le bourreau. L’année 2012 a été marquée par la révélation de Sa Thiès et Malick Niang. Toutefois, la justice s’est aussi invitée dans l’arène, avec l’arrestation du promoteur Luc Nicolaï.

Le monde sportif endeuillé

A plusieurs fois, cette année, le monde sportif sénégalais a été endeuillé. D’abord, le rappel à Dieu de Jules François Bocandé et de Doudou Diongue, dans la même semaine, puis de son ancien coéquipier Mansour Wade, avant le décès de l’ancien entraineur des lions Pape Diop. En Karaté, un autre Diop, Mamadou, ancien DTN de la FSK a été rappelé à Dieu. En Basket Alioune Badara Diagne s’en est allé aussi. En Afrique, Rachidi Yékini du Nigéria et Théophil Abéga du Cameroun ont aussi tiré leur révérence.

Issiaka TOURE et Jacques Gomis

REWMI QUOTIDIEN