Accueil / Contributions / Réussir l’intégration régionale à travers la Vision Stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour le Co-développement.

Réussir l’intégration régionale à travers la Vision Stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour le Co-développement.

Mamadou FALL est un jeune sénégalais, adepte du Panafricanisme qui s’active dans la recherche permanente de solutions pratiques et concrètes pour une coopération Sud-Sud réussie. Avec d’autres jeunes de nationalités différentes (nigérienne, ivoirienne, marocaine, guinéen, etc.) ils ont mis en place l’Alliance Panafricaine pour le Co-développement (APCoDev) dans l’optique de favoriser le rapprochement des peuples et le développement mutuel, le tout dans la plus grande fraternité à travers la promotion de la Vision Stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour le Co-développement.

 1. Quelle visionavez-vous du panafricanisme ?

Le Panafricanisme ne peut en aucun cas être assimilé à une orientation définie par une personne ou un groupe d’individus quelconque : en d’autres termes, circonscrire le Panafricanisme reviendrait à lui attribuer des limites et par conséquent le tuer à petit feu. Loin de ce que pensent certains je considère que le Panafricanisme doit être un mouvement ouvert auquel chacun concourt et ce peu importe sa situation géographique (d’ici ou de la diaspora), son appartenance politique, sociale ou culturelle, sa vision, ses idéologies, les méthodes et canaux utilisés, etc. C’est en réalité ce brassage d’idées et de volontés, ce melting-pot qui fait l’essence même du mouvement. De ce point de vue il doit être ouvert et accepté dans toute sa diversité. Tout le monde est le bienvenu du moment où c’est l’émergence de l’Afrique qui nous intéresse. N’est-ce pas vrai que pour ériger un bâtiment, nous avons besoin d’un architecte pour dresser le plan, des savoirs faires d’un maçon pour matérialiser le plan, ainsi que de la participation du menuiser, de l’électricien, du carreleur, du peintre, etc. ! Il est clair que c’est cet ensemble hétérogène de forces conjointement liées qui nous donne un produit fini faisant ainsi la fierté de toute une famille. C’est exactement dans cet angle que je vois les acteurs du Panafricanisme dans leur pluralité. Certains luttent contre le néocolonialisme, d’autres pour le rapprochement des peuples d’Afrique, et d’autres encore pour le Co-développement… pour ne citer que cela. Et ce qui reste original dans tout ça, c’est que tout le monde parle le même langage : Renaissance africaine ! Intégration africaine ! Emergence de l’Afrique ! Et j’ai l’ultime foi que cet intérêt commun surpasse de loin nos convictions personnelles.

2. De nos jours l’on a tendance à assimiler le Panafricanisme au Président Kwame Nkrumah, est ce lui le fondateur ?

Je tiens à préciser que même siKwame NKRUMAHest l’artisan du Panafricanisme, il n’en est pas le fondateur. En effet le mot « panafricain » est apparu à la fin du XIXe siècle lors de la préparation de la Conférence panafricaine de 1900 ; d’ailleursl’idée s’est développée en réaction aux conséquences du démantèlement progressif de l’esclavage en Amérique. L’expansion du panafricanisme se retrouverait tout de même dans les écrits et discours de quelques figures fondatrices, parmi lesquelles Edward Wilmot Blyden et Antênor Firmin. Au début du XXe siècle, d’autres figures telles que Benito Sylvain ou W. E. B Du Bois ont également contribué à l’affirmation politique du projet panafricain. De ce fait c’est seulement avec la décolonisation que celui-ci prendra une ampleur nouvelle et se retrouvera incarné par des dirigeants tels que Kwame Nkrumah. En effet c’est lui qui apportera une touche nouvelle au mouvement avec son projet des « Etats Unis d’Afrique » car d’après lui, l’urgence est que « Nous devons nous unir maintenantsinon nous allons périr ».

3. Justement M.FALL qu’est ce qui empêche concrètement le décollage effectif de l’Afrique ?

Ecoutez pour reprendre les mots du Ph Ch.Tidiane GADIO «L’Afrique a trois problèmes : un le Leadership, deux le Leadership, trois le Leadership». Vous pensez qu’il est normal qu’un géant, africain de surcroit comme le Nigérian Aliko Dangote ai systématiquement besoin de visa pour entrer dans presque 38 pays d’Afrique ? Ce qui signifierait en d’autres termes qu’un américain a plus de facilités à circuler sur son continent que lui !C’est dire tout simplement qu’il y’a des efforts considérables à entreprendre dans le but d’une réelle politique d’intégration ; un problématique dont les jalons ne pourront être bien posés que si la question du leadership est réglée de manière scrupuleuse et définitive.

4. Vous avez créé une alliance panafricaine depuis Aout 2016, pouvez nous parler un peu de ce mouvement ?

Tout à fait, il s’agit de l’APCoDev, l’Alliance Panafricaine pour le Co-Développement qui regroupe des forces vives africaines (nigériens, sénégalais, marocains, ivoiriens, guinéens, congolais, etc.) de domaines aussi divers et diversifiés (enseignants, universitaires, étudiants, juristes, entrepreneurs, ingénieurs etc.) réunies par un seul but, une même détermination : le Co développement et ce à travers l’unité africaine. Conscients de la situation actuelle de nos différents pays, conscients des multiples problèmes de sécurité, économique, social, que connait l’Afrique et considérant que les maux de l’Afrique sont liés à l’égoïsme et le « chacun pour soi », nous, dignes fils de l’Afrique, nous sommes mis au point sur le fait que seule l’action concrète peut nous permettre d’y remédier et de favoriser ou du moins d’accompagner notre course vers le développement recommandée et entamée par nos prédécesseurs.

Ainsi, nous visons plusieurs objectifs, à savoir :

· Promouvoir la vision panafricaine défendue par le Roi, Sa Majesté Mohammed VI, en s’appuyant sur la diversité de culture et la variété des nationalités expatriées au Maroc et dans nos pays d’origine

· Identifier les axes principales pouvant servir de levier au développement du continent africain à moyen et long terme puis dresser le plan d’action qui s’impose,

· Etre un vecteur du changement des mentalités et de la prise de conscience de la jeunesse africaine à travers un leadership affirmé et une stratégie de communication bien adaptée et ciblée,

· Promouvoir l’entreprenariat auprès des jeunes cadres porteurs de projets en se basant sur le modèle du patronat marocain,

· Contribuer à la promotion du modèle de développement marocain

· Contribuer au rapprochement idéologique, politique des leaders Africains

· Contribuer au rapprochement des peuples et des organisations de la société civile

· Contribuer à la promotion du partenariat des PME, PMI

· Contribuer aux transferts des compétences et des technologies

5. Alors en quoi consiste concrètement votre démarche panafricaine ?

Nous avons très tôt compris que l’intégration régionale ne peut se faire qu’à la base ; en effet nos dirigeants à travers les différents organes existants (UA, UEMOA, CEDEAO, etc.) ont développé des mécanismes pour favoriser cette intégration. Ils ont compris cette nécessité de s’unir et par conséquent s’efforcent de tracer le chemin à suivre pour atteindre ses objectifs. Notre devoir à nous consisterait à nous positionner parallèlement à la base comme acteur direct auprès des populations pour rendre concret ce rêve. Ainsi notre mission entre autre c’est de descendre sur le terrain auprès des populations mêmes les plus lointaines, au fin fond de Sokodé (Togo), d’Al Hoceima (Maroc), du Ferlo (Sénégal), de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), etc. pour faciliter le rapprochementdes peuples. Il faudra que le nigérien se sente chez lui en Côte d’ivoire et que le marocain soit à l’aise au Bénin. Et cela doit impérativement passer par un contact direct avec les populations et ce, accompagné d’une campagne de sensibilisation fréquente et continue.Ensuite nous devons nous enquérir de leurs difficultés quotidiennes, réfléchir et envisager des solutions à court, moyen et long terme que nous soumettrons à qui de droit (Etats, Ministères, ONG, etc.) avec un suivi personnalisé de bout en bout. En clair ce qui nous intéresse c’est le Co-développement, le développement Sud-Sud : il nous faut impérativement grandir ensemble dans la plus grande fraternité.

6. Mais pourquoi nécessairement le modèle marocain ?

Aujourd’hui, le Maroc est le premier investisseur africain dans la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et sa majesté le Roi Mohammed VI incarne très bien ce leadership. En effet, considérant le colonialisme comme étant responsable des maux dont souffre l’Afrique, le Souverain affirmera que « Les problèmes qui affligent les pays africains actuellement, notamment ceux du sous-développement, de la pauvreté, de l’émigration, des guerres et des conflits, outre la tentation, en désespoir de cause, de se jeter dans les bras des groupes extrémistes et terroristes, sont autant de maux engendrés par la politique calamiteuse que le colonialisme a menée pendant des décennies… Il a pillé les richesses du continent, hypothéqué les potentialités et l’avenir de ses citoyens, entravésa marche vers le développement et semé les graines de la discorde entre ses Etats. » Et justement à cet effet il considère que l’Afrique est le Seul Maître de son Destin car dira-t-il « Nous sommes convaincu que l’Afrique est capable d’assurer son propre développement et de changer par elle-même son destin, grâce à la forte détermination de ses peuples, à leurs potentialités humaines et à leurs ressources naturelles…». Cette position il l’a toujours défendu ou qu’il puisse être ; rappelez-vous de son discours du 29 septembre 2014 à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU à New York : « Je connais très bien les situations difficiles en Afrique et je sais ce que je dis. (…) La réalité est infiniment plus cruelle et plus amère que ce

qui est indiqué dans les rapports de certaines organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales », indique le Roi, qui souligne que « la réalisation du développement ne se fait pas par des décisions bureaucratiques, ou par le biais de rapports techniques fin prêts et manquant de crédibilité », attendant de ces institutions qu’elles fournissent «des ressources pérennes» pour le financement de l’Afrique, sans quoi « le continent connaîtra des écarts criants et graves entre ses pays …». Sa Majesté le Roi Mohammed VI a toujours considéré que l ’Afrique est un grand continent, par ses forces vives, ses ressources et ses potentialités et qu’ Elle doit se prendre en charge, et c’est pour ça qu’il estime que «L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ».

Aujourd’hui pour atteindre nos objectifs, il nous faut un modèle parlant avec un leadership pointu. C’est la raison pour laquelle, dans notre démarche panafricaine,nous nous sommesfixés comme repère la Vision Stratégique de sa Majesté pour le Co-développement en Afrique.

Mamadou FALL

Coordinateur APCoDev

À voir aussi

17eme Fesfop- Le comité d’organisation à pied d’œuvre 

La 17ème édition du Festival international de Folklore et de Percussions (Fesfop) de Louga, se …

Construction d’une nouvelle usine d’eau à Keur Momar Sarr Macky lance les travaux le 18 décembre à Thiès

Le Président de la République, M. Macky Sall, lance ce 18 décembre 2017, à Thiès, …