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Revivez les 10 premiers jours du procès Habré

  • Date: 19 septembre 2015

J1 

09h 10mn – les juges des chambres africaines extraordinaires font leur apparition dans la salle

09h 30mn Le directeur de la prison rapporte que l’accusé qui est dans la cave ne veut pas comparaitre devant les chambres et l’audience se poursuit sans Habré. Les parties donnent leur avis sur la non comparution de Habré
Les avocats de Hissène Habré sont au nombre de deux pour l’instant. Seuls Mes Mounir Balal et Mbaye Sène sont présents; Me Abdou Ngingue est absent. 
09h 32mn Les avocats de la partie civile ont indiqué que l’accusé doit comparaitre et à visage découvert. Parce qu’au Tchad, les gens se demandent si c’est le Président Habré en personne qui avait comparu lors des deux premières audiences.

09 h 35mn Le parquet général a formulé une demande pour que l’accusé comparaisse conformément au souhait de la partie civile. les avocats commis d’office s’en rapporte.

09h 37mn Les juges ont pris une nouvelle ordonnance et l’huissier Me Malick Sèye a été commis par la chambre pour servir une sommation à Habré de comparaître immédiatement. L’audience est suspendue pour 20 mn à cet effet.

11h 05mn Reprise du procès-  Le procès verbal de l’huissier Malick Fall indique que Hissein Habré refuse toujours de comparaître, et même de prendre connaissance de l’acte. Ainsi, le juge des chambres africaines extraordinaires a-t-il décidé de conduire de force l’ancien Président tchadien devant les chambres. Le juge a donné ordre au directeur de la prison du Cap manuel de conduire Habré devant les juges. Finalement, Habré a été conduit de force et sa famille se manifeste arguant : « arrêtez cette mascarade. Bande de corrompu ». Habré est actuellement assis sur sa chaise tout de blanc vêtu avec toujours le visage non découvert. Il déclare depuis sa chaise : « Cet organisme est illégal, hors la loi ». Certes, rétorque le président de la chambre, mais il est chargé de vous juger. Que vous soyez consentant ou pas, force reste à la loi. Habré poursuit : « A bas l’impérialisme ». L’audience se poursuit avec la lecture de l’ordonnance. Habré demande au greffier qui est en train de lire l’ordonnance de se taire. « Ce sont des mensonges », dit-il. Plusieurs membres de la famille de Habré ont été expulsés de salle pour trouble.

12h 20mn- La lecture par le greffier de l’ordonnance qui fait 187 pages se poursuit encore.

12h 40mn Le procès est suspendu. Il reprend à 14 heures

14h 35mn Reprise du procès. Le greffier poursuit la lecture de l’ordonnance

18h : Fin de la lecture de l’ordonnance par le greffier, le procès a été suspendu jusqu’à demain mardi à 9 heures.
                        J2 HABRE CRIE AU COMPLOT ET PREDIT LA VICTOIRE

10h 55mn– Sur la demande du président des Chambres africaines extraordinaires, une pause de 15 minutes est observée.

11h 55mn Reprise de l’audience

12h 53mn Fin de la lecture de l’ordonnance. Selon l’expert, dans son enquête de personnalité, tel que rapporté par le greffier, Habré est une bonne personne. Il est courtois, se met debout pour dire bonjour à quelqu’un. Il garde de bonnes relations avec les Ouakamois (ses voisins de quartier). Il se comporte bien à la prison du cap manuel. Il évite tout contact avec des personnes à part ses épouses  ses enfants et les membres de sa famille. il aime la lecture du coran. il est bien portant et ne pratique aucun sport. La partie civile demande aux juges de prendre acte de l’ordonance et que les débats se déroulent dans la salle.

13h 00 mn- L’audience est suspendue jusqu’à demain mercredi, à 9 heures. Les premieres auditions vont démarrer demain. Hissène Habré s’est levé tout seul pour retourner dans le box des accusés. En quittant la salle, il a dit :  » le complot échouera et nous vaincrons »

                                             J3- DEPOSITION DU PREMIER TEMOIN, UN EXPERT

09h 15mn- Reprise du procès Hissène Habré. Toutes les parties sont présentes.

10 h 05mn- Démarrage des auditions. Le premier témoin, Arnaud Dingammadji, tchadien de nationalité, né en 1976 habitant à Njamena, historien de formation, ouvre le bal. Il a tenu à préciser que sa présence, en tant qu’historien, ne vise pas à prononcer la culpabilité ou l’innocence, mais elle s’inscrit dans le cadre de justifier le contexte historique du Tchad sous le régime de Habré.

11h 03mn : l’audience est suspendue pour 20 mn, pour permettre à l’expert de souffler un peu selon le Président

11h 32 mn: Reprise de l’audience après une pause de plus de 20 mn. C’est toujours l’expert Dingammadji qui est à la barre.

12h 35 mn- L’audience est suspendue. Elle reprend à 14 heures

14h 10mn Reprise de l’audience. L’expert poursuit son témoignage.

15H 25mn-  L’expert a fini de faire le compte rendu de son rapport. Les avocats de la partie civile posent des questions. A la question de savoir si Habré torturait des personnes, l’expert a indiqué que dans sa mission, on ne lui a pas demandé de fournir des preuves que le Président Habré torturait des personnes. Me Jacqueline Moudeïna a demandé à l’expert si c’est Habré qui commanditait la politique de répression. Ce dernier précise que la politique de répression est menée par les autorités étatiques sous le régime de Habré. « Je ne dis pas que c’est Habré lui-même qui donnait des ordres, mais c’est sous son règne que ces répressions ont eu lieu », a-t-il précisé.

15h 55mn- La partie civile a fini de poser ses questions à l’expert. Une pause de 15 à 20 minutes est observée. Au retour, le parquet va, à son tour, poser des questions au témoin.

        J4- DEPOSITION DE LA CHARGEE DE L’ENQUETE DE LA PERSONNALITE DE HABRE

09h 35mn- Mme Yakhara Gassama Diop, chargée par le juge d’instruction de faire l’enquête de personnalité de l’accusé fait sa déposition.

Selon elle, le travail n’a pas du tout été facile parce que M Habré n’a pas accepté de les recevoir à la prison où il est en détention. Il en est de même pour ses proches qui ont, eux aussi, refusé de la rencontrer. Dans sa déposition, Mme Diop a rapporté que l’accusé a deux épouses. Il a comme qualité : le respect de l’autre, la courtoisie. Ses défauts : il est très tenace devant ses ennemis, il ne recule devant rien et il assume toujours ses responsabilités, il a confiance en lui. Pour ce qui est de ses occupations, il aime se promener, lire, selon le directeur de la prison, cité par l’experte. Habré ne souffre d’aucune maladie même s’il ne pratique aucune activité sportive en prison. Il a toujours son chapelet et il avait toujours un exemplaire du Coran par devers lui. Pour le directeur de prison, Habré est quelqu’un de très poli, correcte, qui parle toujours doucement.

09h 50mn : fin de la déposition de Mme Yakhara Gassama Diop. C’est le parquet qui pose actuellement des questions à l’experte. La premiere remarque faite est que l’expert ne s’est pas rendu au Tchad pour l’enquête de personnalité.

10h 38mn Madame Yakhara Gassama Diop termine sa déposition. Le parquet l’a félicité pour son travail malgré les difficultés rencontrées. Toutefois, il a relevé le fait que l’experte a fait son enquête sans pour autant rencontrer la personne ressource (Habré). Cependant, Yakhara Gassama Diop a indiqué avoir dit au juge d’instruction les difficultés qu’ils ont rencontré dans le cadre de leur mission. Le juge leur a demandé de continuer le travail.

10h 45mn Le témoin Balane Faustin Fassio est à la barre. Il a été cité par la chambre en tant que témoin. Mais la défense a émis des réserves sur son témoignage parce que l’expert reproche à Habré des tortures et des crimes à l’endroit de certains membres de sa famille. La défense souhaite que le témoin soit entendu à titre de simple renseignement. Mais, la chambre estime que le témoin a déjà prêté serment devant le juge d’instruction. Ainsi, peut-il témoigner conformément à la loi.

11h 42mn Le Président des chambres africaines extraordinaires a suspendu l’audience pour 20 minutes. Hissène Habré en a profité pour se retourner vers ses souteneurs pour les saluer. A la reprise, la défense et la partie civile vont poser des questions au témoin Balaame Faustin Facho.

12h 09mn Reprise de l’audience. L’audition du témoin Balaame Faustin Facho se poursuit

12h 30mn L’audience est suspendue jusqu’à 14 heures. A la reprise, les avocats de la défense vont poser des questions au témoin du jour.

14h… L’audience a repris un peu après 14 heures. Le témoin Balaame Faustin Facho est toujours à barre, il répond aux questions de Me Mounir Balal, avocat de la défense.

15h 28mn Le témoin Balaame Faustin Facho vient de terminer son témoignage. Une pause de 15 mn est observée. Au retour, le troisième témoin de la journée sera appelé à la barre.

16h 05mn– Le troisième témoin, Jean Alengué est à la barre. Il s’est présenté comme administrateur civil à la retraite, par ailleurs conseiller à la présidence de la République du Tchad. Il a été nommé par Habré comme 2e vice président du Conseil consultatif au Tchad. Selon lui, à la prise du pouvoir par Hissein Habré, beaucoup de tchadiens se sont exilés parce qu’il y’avait une guerre civile en 1979, alors qu’il était Premier ministre sous Maloume. Les gens avaient donc une opinion sur lui, et c’est pourquoi, lorsqu’il a pris le pouvoir, beaucoup sont partis.

17h22: Le Président des chambres africaines extraordinaires a suspendu l’audience jusqu’à demain pour la suite de l’audition de Jean Alengué. Et, il va répondre aux questions des avocats commis d’office.

                        J5- HABRE EST PARTI DU TCHAD AVEC 3 MILLIARDS (TEMOIN)

9 h 25 : L’audience de ce vendredi démarre avec la poursuite de l’audition de Monsieur Jean Alengué, conseiller à la présidence de la République du Tchad. Selon le témoin du jour, lorsque Habré quittait le Tchad pour le Sénégal via le Cameroun, il avait emporté avec lui la somme de 3 milliards fcfa. C’est le trésorier lui-même qui avait signé un chèque de 3,5 milliards fcfa mais les 500 millions sont restés au Tchad. Certaines organes prédisaient que Habré avait emporté 7 milliards fcfa dont 3 tirés des caisses de l’Etat et 4 des autres banques.  » Je n’ai pas la certitude que l’Etat du Tchad a remboursé 4 milliards à la banque centrale » a t-il laissé entendre. Par ailleurs, le témoin sur une question de savoir si Habré était inaccessible, déclare qu’il n’a pas eu l’opportunité de côtoyer l’ancien Président tchadien.

10h 27 mn La chambre vient de terminer l’audition du témoin Jean Alengué. Le Président l’autorise à retourner au Tchad pour reprendre fonction.

10 h 29mn Le second témoin du jour est appelé à la barre. Michael, plus connu sous le sobriquet de Mike, science social a travaillé pour Amnesty international de 1977 à 1995. Il a été nommé chercheur responsable pour les pays de l’Afrique centrale, notamment le Tchad. En 1986, il a été le responsable de Amnesty international au sujet des violations des droits massifs au Tchad et dans d’autres pays africains. Il est appelé à donner les renseignements de Amnesty international de 1982 au 1990 au tchad. Il est revenu sur les méthodes de tortures. « Nous recevions un petit morceau de la réalité. Mais, on pouvait confirmer certains renseignements. Au sujet des tortures, nous avons appris, après le départ de Habré, la méthode de certaines tortures. Il s’agit de la méthode « Arbatacha » qui consiste à ligoter les détenus. Il y’a la méthode « la baguette » et dans cette méthode, le sang coulait du nez des victimes. L’autre méthode c’est d’obliger la victime à boire beaucoup d’eau contenant du piment. Il y’a aussi la méthode de la décharge électrique ».

11h 10mn La chambre observe une pause de 20 minutes.

11 h 40mn- Reprise de l’audience. L’audition du témoin Mike se poursuit.

12h 40mn L’audience est suspendue pour aujourd’hui. Elle reprend lundi prochain par la suite de l’audition de Mike

                                             J6 LES TERRIBLES REVELATIONS D’UN TEMOIN

Le procès de l’ancien chef de l’Etat du Tchad Hissène Habré a repris ce lundi. Au menu, la poursuite des auditions des différents témoins. l’accusé est arrivé très tôt au tribunal Lat Dior de Dakar, un peu avant tout le monde sans problème. Rewmi.com vous fait vivre les minutes du procès.

9h… Démarrage du procès avec la suite de l’audition de Mike, ancien membre d’Amnesty international. Il est à la barre depuis vendredi dernier pour faire le compte rendu des enquêtes de son organisation au Tchad. Il a indiqué des violations massives des droits de l’homme au Tchad. Mais malgré leur dénonciation, nous dit Mike, jusqu’à la fin 1990, les autorités tchadiennes n’ont pas accepté leurs recommandations. Pis, ils n’osaient pas citer le nom d’un prisonnier politique dans leur rapport, de peur de mettre cette personne en danger.

11h 07 mn : L’audience est suspendue pour 20 mn. A la reprise, les avocats de la partie civile vont poursuivre avec leurs questions. Toutefois, le Président de la chambre Gustave Kam a convoqué toutes les parties à la salle de délibération pour, indique-t-il, discuter d’un certain nombre de problèmes.

11h 37 mn : Les avocats des différentes parties ressortent de la salle de délibération. On ne connait pas encore pas encore l’objet de la réunion convoquée par le président de la Chambre. L’audience n’a pas encore repris.

12h…L’audience a repris avec la suite de l’audition de Mike, ancien membre d’Amnesty international. Les parties ne sont pas revenus sur le contenu de leur réunion. Le parquet a fait écouter à la Cour un enregistrement au cours duquel, le Président Hissein Habré revenait sur la guerre au Tchad. « Il y’a des groupes qui n’ont pas voulu jouer à la réconciliation. Mais, nous avons essayé d’établir l’ordre et la sérénité. La guerre entraîne nécessairement des pertes en vies humaines. Il faut dire que cette guerre nous a été imposée (…) », a déclaré Habré lors d’un entretien sur la radio France internationale (Rfi). En donnant son avis sur cet élément sonore, le témoin du jour a indiqué que ce son est la justification de la guerre froide, la même justification que dans d’autres pays. Quant à la partie civile, elle est revenue sur les formes de torture que la DDS faisait subir aux victimes.

12 h 32mn L’audience est suspendue. Elle reprend à 14 heures. Ce sont les avocats de la défense qui vont poser leurs questions au témoin. Le parquet et la partie civile ont déjà fini de poser leurs questions au témoin du jour.

14h… L’audience a repris. C’est toujours l’ancien membre d’Amnesty international qui est à la barre.

16h 10 mn Michael vient de terminer son audition. L’audience est suspendue pour 15 mn.

16h 55mn Le témoin Mahamat Hasan Abakar, avocat, Président de la commission d’enquête et de crime commis par le Président Habré succède Mike à la barre.  » Après la chute de Habré, les nouvelles autorités (le régime de Deby) ont mis sur pied une commission pour enquêter sur les crimes et détournements commis par le régime de Habré. Il y’avait 12 membres composés, entre autres, par des magistrats, policiers etc. Au départ de ma mission, j’avais un embarras pour faire la lumière sur des crimes qui s’étendent sur 8 ans. Lorsque nous sommes arrivés à la DDS, le bâtiment était complètement ruiné. Il n’y avait absolument rien. Je ne savais pas où installer le siège de notre commission. Faute de lieu, nous avons tenté de réfectionner le bâtiment pour démarrer le travail. Nous étions organisés en deux équipes. Une qui enquêtait sur les crimes et l’autre enquêtait sur les détournements publics. Les gens avaient peur de témoigner parce que c’est une première au Tchad. Mais aussi, les gens avaient peur de Habré. Cependant, quelques courageux ont fait le premier pas et de bouche à oreille d’autres sont venus. Ce qui nous a beaucoup aidés, c’est l’arrivée de Hélène Diaffé. Ils étaient des loques humaines. Il nous fallait donc trouver une organisations pour soigner ces gens là. C’est ainsi que Mike m’a demandé de contacter Hélène Diaffé. Après 17 mois de travail, nous avons 1700 auditions (victimes, parents victimes, prisonniers politiques ou de guerre,…) 3806 morts que nous avons évalués à 4000 morts. Nombre de détenus politique recensé 54.000 personnes mortes ou libérées ».

» Sortir de la DDS vivant, est une exception des exceptions. Les motifs d’arrestation par la DDS sont : « Il a tenté de voyager sans laisser…, il est en connivence avec l’opposition, il a dit que le père de Habré est sudiste, etc ». Et, c’est pendant les interrogatoires que les personnes arrêtées sont torturées. Il n y’a aucun élément de contrôle ni judiciaire ni extrajudiciaire. Le Siège de la DDS se transforme la nuit en boucherie. Les gens de la DDS rivalisent dans la terreur ou barbarie pour gagner la confiance du directeur. Mais aussi, pour eux-mêmes, de peur que la machine se retourne contre eux. Il y’a des locaux où les gens meurent en quantité incroyable. La prison Brigade spécial d’intervention rapide (Bisir), la prison de la gendarmerie, la prison de la présidence de la République,… Il y’a la mort par empoissonnement ou par épuisement physique. Les repas ne sont pas de bonne qualité », selon le directeur Saleh Younouss qui disait que c’est sur instruction de Habré. Les auditions font 5 morts par jour et par prison.

17 h 32 : Pour le témoin Mahamat Hassan Abakar, les motifs d’arrestation par la DDS sont : « Il a tenté de voyager sans laisser passer, il est en connivence avec l’opposition, il a dit que le père de Habré est sudiste ». Pour terminer, le témoin informera que le Siège de la DDS se transforme la nuit en boucherie. Les gens de la DDS rivalisent dans la terreur ou barbarie pour gagner la confiance du directeur. Mais aussi pour eux-mêmes de peur que la machine ne se retourne contre eux. Parce qu’il y’a des locaux où les gens meurent en quantité incroyable. S’agissant des prisons, nous renseigne le témoin, il y’a prison Brigade spécial d’intervention rapide (Bisir), la prison de la gendarmerie, la prison de la présidence de la République où les repas ne sont pas de bonne qualité selon le directeur de la Dds Saleh Younouss. Toutefois, le témoin Abakar n’a pas encore fini sa déposition et il repassera demain mardi à partir de 9 heures.

                     J7- LES CRIMES COMMIS NE SONT NI FICTION NI LEGENDE (TEMOIN)

Le procès de l’ancien Président tchadien Hissein se poursuit, ce mardi avec la suite de l’audition du témoin Mahamat Hassan Abakar. Ancien président de la commission d’enquête et de crime commis par le régime de Habré, le témoin fait la lecture de son rapport déposé auprès des chambres africaines extraordinaires dans l’affaire Habré.

9h 30 : Habré a crée la direction de la documentation et de la sécurité (DDS) pour théoriser les populations tchadiennes. La DDS est une affaire personnelle de Habré. Sa chose à lui. Les directeurs sont nommés par décret signés par le Président Habré lui-même. Habré a transformé la DDS à un élément de terreur alors que son objectif premier, selon l’ancien Président de ladite direction Saleh Younouss, était d’assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays. En faisant la lecture de son rapport, le témoin explique : « Dans les prisons au tchad, les conditions de détention était atroce que les gens mourraient en grand nombre. Selon les informations de la Dds, on a recensé 5 morts par jour dans chaque centre de détention ». Pour Mahamat Hassan Abakar, ils ont recensés 37.960 victimes sous le règne de Habré.

10 h 36 A la fin de sa déposition, le témoin Mahamat Hassan Abakar a indiqué que : « Notre seule récompense nous membres de cette commission est le sourire des victimes. Le seul bénéficiaire de ce rapport est le peuple tchadien ». Un film de plus de 50 minutes sera diffusé et il retrace les travaux de la commission d’enquête et de crimes commis par le président Habré.

11 h 25 : Le Président de la commission d’enquête et de crimes commis par Hissein Habré, Mahamat Hassan Abakar a indiqué que les crimes commis sous le régime de Habré ne sont pas une fiction ou une légende. Pour étayer ses propos, il a fait était de trois exhumations qui ont permis de voir comment les détenus ont été enterrés. Selon le témoin, les corps des défunts prisonniers ne sont pas remis à leurs parents. Pis, ces corps sont ensevelis dans des sacs en plastiques. D’autres personnes ont été enterrées avec leurs propres habits. Revenant sur les conditions de détention, Dans les prisons au Tchad, les conditions de détention étaient atroces que les gens mourraient en grand nombre. Selon les informations de la Dds, on a recensé 5 morts par jour dans chaque centre de détention ». Pour Mahamat Hassan Abakar, ils ont recensés 37.960 victimes sous le règne de Habré. Un film de plus de 50 minutes sera diffusé et il retrace les travaux de la commission d’enquête et de crimes commis par le président Habré. Présentement, l’audience a été suspendue pour 15 minutes et c’est le parquet qui va poser ses questions à la reprise.

12h30 mn. L audience est suspendue. Elle reprend à 14h, pour la suite de l’audition du temoin

14h… L’audience a repris. Le parquet en posant des questions au témoin a tenté de montrer que les juges ont fondé leur travail sur des éléments sérieux, notamment les archives de la DDS.

14h 35mn : S’agissant de l’argent tiré des caisses du trésor, le témoin a indiqué qu’ils ont eu à entendre le trésorier qui avait tiré le chèque de 3 milliards. Ce dernier rétorque : « j’ai été saisi par Habré qui m’a ordonné d’aller à la banque centrale pour tirer les 3 milliards. Après, le Président m’a dit de mettre ça dans des sacs que je vais déposer au trésor ». Selon lui, cet argent devait servir à l’achat d’armes pour faire face à la rébellion.

        J8 L’ETUDIANT MOUHAMED TOGOYMI CONDAMNE A 5 MOIS FERME POUR TROUBLE D’AUDIENCE

09h 20mn l’audience de ce matin a démarré avec la suite du témoignage de Mahamat Hassan Abacar, président de la Commission d’enquête et de crime commis au Tchad par le régime de Habré. Il en est à son 3e jour d’audition. « Après la chute du régime Habré, les tchadiens n’avaient pas confiance à leurs frères tchadiens. Ils avaient des doutes sur notre commission et sur nos autorités. Pour la publication des rapports nous l’avons fait avec beaucoup de risque. Ce n’est pas pour les beaux yeux de Deby que nous l’avons fait mais c’est pour le grand bonheur des tchadiens que nous l’avons fait. Nous voulions lancer une alerte pour que ces crimes ne se reproduisent plus. C’est dans ce cadre que nous avons fait 14 recommandations ».

10h 10mn « Avez-vous déposé sans haine parce que j’ai senti de la haine ? Et sur quoi vous vous fondez pour dire que les ordres d’arrestation, de libération et d’exécution venaient de Habré ? (Me Abdou Ngingue) et le témoin  de rétorquer : « c’est ma manière de répondre. Je porte ma voix haute afin que mon interlocuteur puisse entendre. Mais, il n’y a aucune haine. Par ailleurs, la DDS est rattachée directement au Président de la République qui nomme ses directeurs et ses chefs de service. M Saleh Younouss ne peut pas prendre des initiatives sans pour autant se référer à M Habré qu’il rencontre toujours. Les liens entre Habré et Saleh Younouss ne se font pas seulement par écrit ». (Avocat défense) « Vous avez des preuves intuitives et subjectives ».

10h 25mn- Incident d’audience. Alors que le Président de la Commission d’enquête et de crime, répondait aux questions de Me Abdou Ngingue, avocat de la défense, sur la véracité de ses déclarations concernant les ordres que les membres de la DDS recevaient de Habré, Mouhamed Togoymi, étudiant chercheur à l’Ucad, âge 21 ans s’est levé de sa chaise et déclare : « Amenez des preuves parce que c’est fini ces affirmations gratuites. Menteur, il faut apporter des preuves. Ça fait 20 ans que vous parlez ». Le Président de la chambre a demandé son expulsion avant que les représentants des parties civiles ne demandent sa comparution pour trouble d’audience. Attrait à la barre, le mis en cause, pour expliquer son acte, indique : « Mes raisons sont que celui-ci (témoin) est en train de mentir. Et je pense que c’est le moment ici d’apporter des preuves ». Selon le Président de la Chambre ce n’est pas à l’étudiant d’apprécier les débats. Ainsi, a-t-il été inculpé pour trouble d’audience. La chambre s’est retirée pour prendre une décision dans cette affaire. Présentement le mis en cause est dans le box des accusés.

12h 38mn- L’audience est suspendue. Elle reprend à 14 heures avec la suite de l’audition de Mahamat Hassan Abakar.

11h 55mn le prévenu Mouhamed Togoymi, étudiant chercheur à l’Ucad, âge 21 ans est déclaré coupable avant d’être condamné à 5 mois de prison ferme. Le Président de la chambre a confirmé le mandat de dépôt. En quittant la salle le mis en cause indique « c’est la preuve de vos rémunérations. Le Tcahd sera libre ».

11h 00 mn Le procureur a requis 2 ans de prison ferme contre l’étudiant. A la reprise de l’audience, le mis en cause a expliqué son acte au tribunal. Il a indiqué qu’il avait juste une appréciation à faire parce que le témoin n’a apporté aucune preuve de ses déclarations. Toutefois, il a reconnu que c’est la deuxième fois qu’il réagit en pleine audience.

Procureur : « Si vous avez des appréciations vous le gardez pour vous même. Monsieur le Président, le délit de trouble d’audience est constitué et je vous prie de déclarer le prévenu coupable. Il a récidivé et il n’a aucun respect pour la cour. Il fait partie du groupe qui a été arrêté et placé en position de garde à vue. Il n’y a aucune circonstance atténuante donc, je vous demande, qu’il vous plaise, de le condamner à deux ans de prison ferme ».

Défense : « Il ne faut pas sanctionner cette attitude de jeunesse rien que pour la sanctionner. Par ailleurs, si le procureur général n’avait pas demandé son inculpation vous l’auriez laissé partir. Je pense que cela ne se reproduira plus. C’est pourquoi je vous demande de lui faire une application bienveillante de la loi ».

Le prévenu a tenté de se justifier. A l’en croire, il n’a pas prémédité son acte. Cependant, le mis en cause a indiqué que chacun à sa patrie et à un pays. Et, dit-il, s’il a réagi de la sorte c’est parce qu’il sait l’impact que le rapport du témoin a eu sur certain pays. La cour s’est retirée pour délibérer

                            J9- TEMOIGNAGE DU JUGE DE LA MISE EN ETAT AUX PAYS-BAS

9h25mn Le procès a repris ce matin avec un autre témoin. Il s’agit de Jean Daniel Fransen, juge de la mise en état aux Pays-Bas. Pour le témoin du jour, ils ont mené leur travail sur la base des plaintes déposées essentiellement contre Habré. Il a été saisi des faits et la stratégie qu’il a adoptée était de voir les faits reprochés à l’auteur principal. A l’en croire, il y’avait des indices suffisantes de la commission de certains faits qu’il a pu qualifier de crimes, génocides, crimes de guerre, meurtre, tentative de meurtre et tortues. Ainsi, a-t-il estimé qu’il y’avait lieu de livrer un mandat d’arrêt international. S’agissant de leur séjour au Tchad, Jean Daniel Fransen, juge de la mise en état au Pays-Bas a indiqué que la collaboration des autorités tchadiennes a été remarquable. « Je n’ai senti aucune interférence de la part des tchadiens. Cependant, au départ de notre mission il y’avait de la méfiance de ces autorités qui nous demandaient ce que nous venions faire », a-t-il dit. Concernant les archives de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (Dds), le témoin a soutenu que l’état des locaux de la Dds était endommagé. Il y’avait de la poussière. « Nous avions eu des problèmes c’est pourquoi nous avons demandé à ce que certains documents soient envoyés en Belgique pour exploitation », a-t-il renseigné. Jean Daniel Fransen a renseigné que les conditions des détenus dans les centres de détentions étaient difficiles.

11h 53 mn L’audience a repris. Le parquet pose présentement des questions au témoin
12h 30mn l’audience a été suspendue jusqu’à 14 heures et se sont les représentants des parties civiles qui vont poser prendre la parole pour leurs questions
14h 30 mn Reprise de l’audience- Les représentants de la partie civile ont posé leurs questions au témoin. Ils ont débattu, entre autres, sur le travail du juge d’instruction par ailleurs témoin dans cette affaire. Quant aux avocats de la défense, ils souhaiteraient faire une petite observation. « La défense tient à ce que nous veillions ensemble davantage à la prévisibilité dans l’audition des témoins. Le prochain sur la liste des témoins devait être Banding Bandiou. C’est pourquoi, nous avons été surpris, ce matin, de voir Me Daniel comparaitre. La défense avait des incidents contentieux sur le principe de la comparution du témoin. On pense qu’il y a un ordre public procédural des débats qu’il faut respecter. On a des bonnes mœurs et des valeurs juridiques. Son témoignage heurte nos bonnes mœurs », a indiqué Me Abdou Ngingue. Toutefois, la robe noire a posé des questions au témoin sur l’ordre que les gens de la Dds recevaient de Habré. « Il n’y a pas d’éléments palpables mais Mahamat Abass me disait : « Habré ne laisse jamais des preuves écrites. Il est quelqu’un de très fin et de très subtile. J’ai vécu avec lui et je le connais très bien », a renseigné le témoin.
                                         J10 « 2,37 PRISONNIERS SUR 100 MOURAIENT PAR JOUR (TEMOIN)

09h 35mn- Début de l’audience, le témoin Patrick Ball, staticien de profession est appelé à la barre

9h 48mn- Le travail du témoin consiste à mettre en place un système qui lui permet d’avoir des données qui sont traduites dans un document à partir duquel, il fait ses analyses. A la barre ce matin, Patrick Ball explique : « le travail que je vais faire aujourd’hui est basé sur trois rapports. Le premier on l’a fait en 2002 avec la déclaration des victimes. Le deuxième document est basé sur les témoignages de notre association et des documents de la direction de la documentation et de la sécurité (DDS). Le troisième document, c’est le document de la DDS sur les violences de l’Etat Tchadien ».

10h 20 mn- le témoin du jour déclare : « Nous avons constaté, au Tchad, que les prisonniers qui arrivaient le matin, mourraient le soir du même jour », a-t-il renseigné. Selon lui, les documents de la DDS ne leurs permettaient pas de savoir l’âge des prisonniers. Mais, dit-il, 2,37 prisonniers sur 100 mourraient par jour. Pour étayer ses propos, il a pris l’exemple d’une salle de classe de 200 étudiants qui seraient tous morts avant la fin de l’année. Il faut dire que ce taux de mortalité est extrêmement élevé. « Nous constatons que le taux de mortalité dans les prisons est 400 fois plus élevé que le taux de mortalité des adultes au Tchad », a encore renseigné le témoin.

10h 30 mn Après le compte rendu de son rapport, le témoin répond présentement aux questions du parquet sur la période à laquelle il a effectué son travail. Il a expliqué avoir limité son travail entre 1985 et 1988. Selon lui, ils n’avaient pas assez de données concernant les années précédentes. Et, pendant la période susnommée, la mortalité était très élevée. Il déclare : « En effet, 2,37/100 mouraient par jour, et j’insiste que ce fait est quotidien. Par ailleurs, nous ne savons pas les causes de leur mort mais, ce qu’on peut vous dire, c’est qu’ils mourraient massivement ».

11h 05mn L’audience est suspendue pour 15 minutes. A noter que les représentants des parties civiles ont fini de poser leurs questions au témoin. La défense va poser ses questions à la reprise.

12h 12mn- Fin de l’audition du témoin du jour, Patrick Ball. l’audience est suspendue pour aujourd’hui. Elle reprend lundi 21 septembre à 9 heures.

Par Cheikh Moussa Sarr 

 

 

 

 

 

 

 

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