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La révolte des élèves en marche…

Les élèves de Ziguinchor ont encore investi les artères de la capitale du Sud, pour la reprise des cours jusqu’ici perturbés par les plans d’actions des syndicats d’enseignants

Les élèves de Ziguinchor ont encore investi les artères de la capitale du Sud, pour la reprise des cours jusqu’ici perturbés par les plans d’actions des syndicats d’enseignants. La furie et la détermination des élèves ont fini par provoquer des échauffourées avec les forces de l’ordre.

La marche improvisée des élèves de Ziguinchor a plongé la ville dans la violence avec des pneus calcinés et véhicules brulés. A l’aide de grenades lacrymogènes, les forces de l’ordre ont essayé de calmer les ardeurs des potaches qui ont riposté par des jets de pierre. Ce spectacle est devenu récurrent depuis quelques jours à Ziguinchor. En délogeant même leurs camarades des écoles privées, les élèves du lycée Djignabo dénoncent le pourrissement de l’éducation. Une situation qui commence à inquiéter les autorités locales. Les élèves dénoncent, rappelons-le, les séries de grèves des syndicats d’enseignants notées depuis le début de l’année. Pour le moment aucune perspective pour l’apaisement de l’année académique n’est envisagée. Les syndicats du G6 haussent le ton et tiennent le gouvernement pour responsable d’une éventuelle année blanche. Ils continuent de dérouler leur 7ème plan d’actions étalé sur deux semaines. En plus d’appeler à une marche nationale à Diourbel, le mercredi 25 avril, les syndicats invitent les enseignants à boycotter les cours dans le privé longtemps épargné par les mouvements des enseignants. Pour les événements de Ziguinchor, le G6 compte saisir l’Organisation internationale du travail (Oit) pour dénoncer ces «actes indignes, caractéristiques d’une autre époque et qui ne font que ternir l’image de la démocratie».

…TROIS REPRESENTANTS DES ELEVES CUEILLIS A L’INSPECTION D’ACADEMIE 

Les trois présidents des Gouvernements scolaires des trois lycées publics de Ziguinchor (Lycée El hadji Omar Lamine Badji, lycée Djignabo et lycée Peryssac) ne s’imaginaient pas qu’en venant assister à une réunion de concertation avec les parents d’élèves, proviseurs et autorités académiques qu’ils allaient être arrêtés par les policiers. Ces derniers ont fait irruption dans les locaux de l’Inspection d’Académie de Ziguinchor pour arrêter ces élèves menottés et conduits à la police par les limiers sous le regard impuissant des autorités académiques.

Une interpellation au goût amer pour les parents d’élèves et autres proviseurs qui n’ont pas manqué d’exprimer toute leur déception. «C’est inadmissible et inacceptable ce spectacle ! On a arrêté nos élèves alors qu’ils étaient venus assister à une rencontre convoquée par les autorités pour tenter de trouver les voies et moyens pour pacifier l’espace scolaire», se désole Alpha Barry Secrétaire Général de l’Association Régionale des Parents d’élèves qui, comme les proviseurs, déplore de telles arrestations d’élèves dans une institution.

«Aujourd’hui, nous sommes peinés car, les parents de ces élèves que nous avons amenés avec nous pour apaiser la situation nous prendrons comme responsables de l’arrestation de leurs fils. Vraiment, nous sommes abattus» lâche avec dépit le proviseur du lycée Peryssac. Et de renchérir : «Ces élèves présidents des gouvernements scolaires ne sont en rien mêlés à cette violence car, ce sont de brillants élèves qui nous alertent souvent quand il y’a des velléités de troubles dans nos écoles. Ces élèves font partie des plus brillants. Aujourd’hui, en venant répondre à l’appel des autorités cela témoigne de leur engagement à œuvrer pour apaiser la situation».

L’inspecteur d’académie visiblement affecté par ces arrestations dans son bureau au moment même de démarrer les concertations avec  ces élèves digère difficilement cette situation qui selon lui, «jette le discrédit dans cette institution qu’est l’Inspecteur d’académie».

Une arrestation qui a suscité une vague d’indignations aussi bien du côté des parents d’élèves que du côté des acteurs de l’école qui ont improvisé une réunion avec le préfet du département de Ziguinchor, Ibra Fall intransigeant sur la question. «La violence n’est pas acceptable. Il faut que force reste à la loi», tient–il à préciser devant les parents d’élèves et autres autorités de l’école qui ont sollicité la libération des trois élèves arrêtés dans le bureau de l’IA.

Pour Ibra Fall, «si ces élèves ont été arrêtés c’est parce qu’ils sont depuis recherchés par la police qui était à leur trousses», déclare l’autorité administrative qui a fait savoir aux parents d’élèves et autres autorités de l’école qu’il ne peut garantir leur libération immédiate. «Ces élèves ont franchi le rubicond. Je ne peux pas vous assurer qu’ils seront libérés cette nuit, demain ou un autre jour» déclare-t-il. Des propos que les parents d’élèves ont eu du mal à avaler. Aussitôt après ces  trois arrestations des élèves ont convergé vers le commissariat central de police.

UNE DIZAINE DE BLESSES DANS LES AFFRONTEMENTS ENTRE ELEVES ET FORCES DE L’ORDRE

Un peu plutôt, les élèves ont mis la ville sens dessus, sens dessous. Fortement mobilisés, ils ont imprimé une situation intenable à la ville. Les forces de l’ordre ont tenté de les disperser à coup de grenades lacrymogènes.

Des blessés ont été enregistrés notamment 14 dont deux du côté des forces de l’ordre. Dans la rue, les élèves ont ouvert plusieurs fronts. Au quartier Lyndiane d’abord, où à coups de pierre, ils ont fait face au forces de l’ordre  qui les ont repoussés. Et ensuite au quartier Colobane où ils (les élèves) ont brulé un véhicule immatriculé appartenant au service de l’élevage.

UNE VINGTAINE D’ELEVES EN GARDE A VUE

Pneus calcinés, un véhicule de l’administration brulé et réduit en cendres, la ville a connu une journée mouvementée. Ces arrestations ont été opérées par la police. Une vingtaine d’élèves placés en garde à vue au commissariat de police de Ziguinchor. Une tension imprimée par les élèves qui s’illustrent depuis quelques jours par leur mouvement dans la rue. Ils délogent leurs camarades des autres établissements avant de bruler des pneus dans les coins de rue. Une situation inquiétante qui a dégénéré hier, vendredi 20 avril, avec des casses. L’inquiétude plane chez les parents d’élèves et autres acteurs de l’école surtout lorsqu’il y’a quatre jours, les élèves des établissements publics ont décrété la fin des cours même dans le privé. De quoi plonger le système éducatif dans une paralysie

Sud quotidien

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