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Attentat de Nice,Attentat de Nice : les blessures cachées des enfants du 14 Juillet

Le traumatisme de milliers de petits rescapés peine à être pleinement pris en charge.

À la rentrée suivant l’attentat du 14 Juillet, Marie*, 13 ans, a repris le collège « comme si de rien n’était ». « Elle ne pleurait pas, donc on se disait : Elle va bien », confie Laetitia, sa mère. Jusqu’à cette fin octobre, où, en plein cours, Marie a soudain craqué. « Une fille de ma classe m’avait dit : Tu n’avais qu’à pas y être. C’est de ta faute… », raconte l’adolescente, suivie depuis par un psy. Présidente de l’association de victimes Promenade des Anges, Emilie Petitjean a perdu son fils de 10 ans, tué par le terroriste au camion. Pour ses cousines, des jumelles de 6 ans, Romain était un peu un grand frère : « C’est maintenant, à l’approche des grandes vacances, qu’elles expriment leur tristesse », constate-t-elle.

L’attentat de Nice a cette triste singularité : les enfants et les adolescents ont payé un très lourd tribut. Quinze figurent parmi les 86 victimes. Plusieurs centaines ont été blessés ou ont perdu un parent. Selon les chiffres officiels du Fonds de garantie des victimes du terrorisme, 75 mineurs ont perdu un proche, 258 ont été blessés physiquement ou psychologiquement.Des enfants ont ressenti la panique ou « vu ce qu’ils n’auraient pas dû voir », formule Laetitia qui, comme Stéphanie (lire ci-dessus), a tout de suite cherché « à leur cacher les yeux ».

Invisibles, les blessures psychiques peuvent se manifester des mois après, voire, faute de soins, se traduire par des troubles des années plus tard, expliquent les professionnels de santé. « Il y a un moment où, en tant que parents, quand on vit ça, on n’a pas les mots derrière », constate Laetitia.

A l’hôpital Lenval de Nice, le centre pédiatrique d’évaluation du psycho-traumatisme a accueilli et orienté plus de 3 000 enfants depuis un an. Catherine Pierrat, psychologue en libéral sur les hauteurs de la ville, a elle aussi constaté un afflux de petits patients. Elle les reçoit avec ses tortues, sa chienne Cannelle et son « placard magique » plein de Playmobil. « Là, ils jouent. On travaille sur les émotions, sur la différence entre la tristesse, la colère, la peur… Les enfants récupèrent souvent plus vite que les adultes parce qu’ils n’ont pas de passé et une plus grande capacité à aller de l’avant. »

Dans son projet Mimosa, initié pour des 5-12 ans témoins de l’attentat, Dominique Spzepielak, psychologue à l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), a associé les parents. « Les enfants ont vécu un abandon symbolique. Les parents, eux, souffrent de ne pas avoir pu les protéger. Il faut renouer le lien. » Comme beaucoup d’acteurs investis sur ce terrain, le thérapeute constate : « Tout le monde fait ce qu’il peut. En France, c’est la première fois qu’autant d’enfants sont touchés par quelque chose d’aussi terrible. » Gaëlle Lejan, psychologue à la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), a réalisé quelque 300 entretiens d’orientation, dont beaucoup au printemps, des mois après. Signe que la conscience du traumatisme, y compris dans une communauté enseignante parfois elle aussi frappée, peine à émerger.

« Un attentat de l’ampleur de Nice doit être considéré comme un problème de santé publique », insiste Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fenvac. A l’automne, une étude de cohorte auprès de 3 000 enfants touchés, initiée par un professeur de psychiatrie du CHU de Nice, devrait enfin débuter.

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