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RIPOSTE CONTRE LE VIH-SIDA-LA DISCRIMINATION ET LES FINANCES HANTENT LE SOMMEIL DU CNLS

Dans un contexte où les financements internationaux sont en baisse, le Sénégal sensibilise ses députés dans l’atteinte des objectifs de développement durable pour le recul du Vih Sida.  Le conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), a amélioré ainsi depuis hier, jeudi 14 juillet, la compréhension des parlementaires, des autorités de l’administration et des forces de sécurité sur les stratégies du programme Sida et de la gestion des populations-clés.

Pour plus de ressources financières et d’instruments juridiques contraignants pour lutter contre les obstacles dans le recul du Sida au Sénégal, le conseil national de lutte contre la maladie (Cnls) organise depuis hier, jeudi 14 juillet, un atelier afin d’améliorer la compréhension de ses cibles qui en plus des députés, sont les autorités de l’administration et des forces de sécurité.  Pour la secrétaire exécutive du (Cnls), Docteur Safiètou Thiam, la rencontre est d’autant plus importante, qu’elle va permettre de porter le plaidoyer aux pensionnaires de l’hémicycle  afin de nous aider à trouver des moyens financiers additionnels.

«Nous avons 9 ministères  qui travaillent dans la lutte contre la pandémie. Au niveau de l’Assemblée nationale, nous voulons que lors des votes de budgets,  les députés puissent porter la voix afin d’amener les membres du gouvernement à inscrire dans leurs politiques de finances, un montant pour la riposte», a-t-elle déclaré. Et de poursuivre : «nous sommes dans une situation où les ressources financières se font rares. Au niveau international, les subventions sont en baisse et il nous faut au niveau local les trouver en usant de stratégies diverses». Pour le président de la commission santé de l’Assemblée nationale, le député, Aimé Assine, la lutte contre la maladie est une affaire de tous.
«Nous sommes engagés dans le processus d’éradiquer la maladie. Plusieurs activités sont organisées pour faire baisser le taux de prévalence surtout chez les femmes et en plus nous allons continuer à faire le plaidoyer pour plus de ressources», fait-il savoir.
Autre hic qui rend difficile la riposte reste la discrimination des personnes vivant avec la maladie tant au sein de la société que dans les structures de santé. «Des instruments juridiques contraignant doivent nous aider à faire reculer la maladie » soutient docteur Thiam.

Dans l’atteinte des objectifs d’arriver à l’horizon 2020, à 90 % des personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut VIH, 90 % des personnes connaissant leur statut qui reçoivent un traitement et 90 % des personnes sous traitement contre le VIH qui parviennent à un état de suppression virale, le Sénégal a déjà identifié les cibles.
Ainsi, pour plus d’efficacité dans les interventions, «nous avons adopté le ciblage en mettant le focus sur  les professionnels de sexe, les homosexuels entre autres», relève-t-elle.

Rappelons que le taux de prévalence demeure faible au niveau de la population générale avec (0.7%), la situation de l’épidémie Vih au Sénégal est en effet de type concentré, avec une prévalence très élevée au niveau des populations clés les plus exposées (Msm) (21.8%), professionnelles de sexe (Ps) avec (18.5%), les consommateurs de drogues injectables (CDI)  avec (9,4%)).

Il s’y ajoute une féminisation qui se traduit par un ratio femme/homme de 1,6 en (2011), alors qu’au début de l’épidémie (1986) le virus touchait seulement une femme pour 4 hommes.

Dans le dossier de presse, on relève que la situation de ces groupes, prend une résonance particulière compte tenu d’un environnement socioculturel voire politique sensible. « Un des plus grands défis de la réponse au VIH/Sida est actuellement de réussir un ciblage systématique et à grande échelle de ces groupes, sans accroître la stigmatisation envers eux. Cela passe nécessairement par un environnement favorable, permettant de relever ce défi à travers une approche qui protège les droits humains des populations-clés et qui prend en compte leurs spécificités sans pour autant violer les lois en vigueur et heurter les sensibilités socio culturelles et religieuses» lit-on dans la note.

Sud quotidien

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