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RISQUE TERRORISTE Dakar et Abidjan dans le collimateur des « Djihadistes »

Des capitales ouest-africaines dont Dakar et Abidjan seraient dans le collimateur des terroristes selon le correspondant aux États-Unis du Gfm. L’information émane des services secrets français via le Département d’État à Washington. Elle confirme ce que les autorités n’ont cessé de clamer : la menace « Djihadiste » est plus qu’imminente, elle est réelle.

Après Ouagadougou, qui vient d’être frappé par des attaques terroristes faisant une trentaine de morts, Bamako qui pleure encore ses morts, Ndjamena, le nord du Nigeria, etc. d’autres capitales africaines sont dans le collimateur des « islamistes ». Non pas que ces pays ont eu directement maille à partir avec eux comme le sont le Nigeria, le Tchad, le Malin entre autres, mais parce que les États comme les nôtres abritent de nombreux ressortissants de pays occidentaux qui sont officiellement en guerre contre eux. Or, comme malheureusement, nos moyens de renseignement, de surveillance et notre capacité de réaction et de riposte sont moyens développés que les leurs, la tentation est trop grande de venir frapper l’Occident chez nous et faire le maximum de victimes comme cela a été le cas au Burkina Faso où les Canadiens, épargnés depuis quelques années, ont subi beaucoup de pertes en vies humaines.

L’autre raison importante est que, comme le dit si bien la maxime, « l’ami de ton ennemi est ton ennemi ». Et comme Dakar s’est rangé derrière la position dominante du monde dit « libre » pour condamner les attentats terroristes et participer à la marche de solidarité en faveur de Charlie, il ne serait pas étonnant que les « Djihadistes » l’aient dans leur collimateur. Mieux, nous avons abrité de multiples rencontres qui portent sur la sécurité en Afrique et dans le monde et sommes, de facto, aux premières lignes de la lutte contre ce fléau des temps modernes par la réflexion dynamique.

Il se trouve, par ailleurs, qu’aucun pays n’est à l’abri et que ce qui intéresse les soi-disant « Djihadistes », c’est de rallier le maximum de gens à leur cause qui, la plupart du temps n’a rien à voir avec la religion. Autrement, personne ne s’expliquerait le fait que les victimes des attentats terroristes soient à 90% musulmanes. Il se trouve malheureusement que la médiatisation de ces opérations n’opère véritablement que s’il y a des victimes d’origine occidentale.

En conséquence de quoi, aucun pays ne doit dormir sur ses lauriers. Sans verser dans l’overdose de communication au risque de banaliser le phénomène, il importe d’agir dans l’efficacité et la discrétion. Les arrestations spectaculaires d’Imams nous plonge de facto dans la guerre sans forcément frapper le vrai ennemi.

C’est que Dakar doit renforcer davantage les mesures contre-terroristes qui sont à distinguer des mesures anti-terroristes qui surviennent en cas d’attaques. Il s’agit, ici, d’agir par anticipation car vaut mieux prévenir que guérir.
Et pour cela, il faut se convaincre du fait que rien ne peut se faire sans une collaboration pour ne pas dire une complicité active des populations. Il ne s’agit nullement de s’attaquer à des femmes en « burka », mais de dénoncer en informant rapidement les services de sécurité de tout ordre si des individus aux agissements suspects sont repérés. Il ne s’agit nullement de verser dans la délation tout azimut ou de céder à la panique ou, pire, de verser dans un quelconque chauvinisme, mais de rester vigilant et alerte. Les forces sécurité à elles seules ne peuvent pas tout faire.

Toutefois, elles doivent répondre rapidement à deux exigences mises en exergue tout récemment par le Président Ibrahima Boubacar Keita du Mali pour qui les forces de sécurité de son pays auront « une formation adaptée et des moyens appropriés ». C’est cela la clef du problème.

Le cas Burkinabé ou un cafouillage a été noté dans le mode d’intervention qui a tardé et a trop longtemps duré, doit servir d’école. Il en est de même de l’intervention des forces de sécurité malienne lors de l’attaque de l’hôtel Radisson Blu. Le courage et la volonté ne suffisent pas. Il faut maitriser les rouages de cette nouvelle forme de guerre asymétrique ou les ennemis en face souhaitent, à la limite, mourir. Et ce n’est pas facile. Ni pour les pays faibles, ni pour les pays riches. La preuve le journal Charlie Hebdo était surveillé et sécurisé par la présence d’un agent très opérationnel. Mais ce dernier a toujours dit à son épouse qu’il ne pourrait pas, seul, faire face à une puissance de feu importante de terroristes. C’est cela qui est arrivé. Le sort des victimes du Bataclan n’a pas été meilleur.

C’est dire qu’il faut non seulement adapter la formation mais aussi doter les forces de sécurité de moyens appropriés. Les services de sécurité au Burkina se sont pleins, sous le seau de l’anonymat, du manque de moyens logistiques d’intervention. Ils ont dû, pour cette raison et selon certaines sources, attendre l’arrivée des forces françaises. C’est un secret de polichinelle de dire que ce sont ces mêmes forces françaises qui ont stoppé l’avancée des séparatistes enturbannés du Nord du Mali dont la supériorité militaire ne fait l’objet d’aucun doute.
C’est dire que si, en effet, le discours des autorités n’est pas suivi d’actes, le réveil pourrait être brutal.

Il est aussi important que les initiatives soient concertées au niveau africain afin que, comme l’a promis le Président béninois Yaya Boni au lendemain des attentats de Ouagadougou, qu’une réponse régionale soit apportée.
Il est important de prendre exemple sur cette réunion, pour la première fois, hier, des ministres de Défense des pays européens de lutte contre Daech pour coordonner la lutte.

Assane Samb

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