téléchargement (2)

ROBERT SAGNA SUR LE DRAME DU BATEAU ‘’LE JOOLA’’ ’Il y a eu plus de 2000 morts’’

Le Ministre d’État, président du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance et ancien Maire de Ziguinchor a été, samedi dernier, l’invité de l’émission « Grand Oral ». Sur les ondes de la radio Rewmi FM, Robert Sagna qui s’est prononcé sur plusieurs questions d’actualité est revenu sur le drame du ‘’Joola’’.

Les  vrais chiffres avancés au sujet du drame du bateau le ‘’Joola’’ intervenu,  il y a plus de dix ans, n’ont pas été donnés. C’est l’intime conviction de Robert Sagna qui pense que le nombre exact des victimes du naufrage du bateau le « Joola » survenu, le 26 septembre 2002, au large des côtes gambiennes, n’a pas été dit. De 800 au premier jour du naufrage, le nombre de victimes est passé officiellement à 1864 victimes selon le décompte officiel. Mais selon l’ancien maire de Ziguinchor, le bilan est visiblement bien plus élevé. Il parle de plus de 2000 morts dans le naufrage du bateau ‘’Le Joola’’.

La crise au Ps…

« C’est un phénomène qui n’est pas nouveau. Ça montre le dynamisme des partis politiques au Sénégal. Disons du dynamisme de l’activité politique de manière générale. Mais ne soyez pas surpris, avec la multiplicité des partis politiques au Sénégal, qu’il y ait des remous au sein de ces partis ou entre ces partis. Je ne me montre pas particulièrement surpris c’est une étape de la vie politique au Sénégal. Je ne veux pas singulariser le Parti socialiste (Ps) parce que je n’aime pas parler de la vie des autres. Cependant, c’est une crise de plus parmi d’autres et je crois que le Ps est assez fort, assez expérimenté pour pouvoir trouver des solutions aux crises qui ne manqueront pas, de toute façon, de s’ériger dans les étapes de son évolution politique. C’est toujours des crises qui surviennent à l’intérieur des partis pour différentes raisons. Pour mémoire, je suis sorti de ce parti dans un contexte de la perte du pouvoir par le Ps en 2000. Ce passage de témoin suscite toujours des difficultés et je crois que c’est un peu ça qui est à l’origine de ce que nous considérons à l’époque comme des divergences, comme des déviations dans le fonctionnement du parti. Ce n’étaient pas des départs motivés par des divergences idéologiques. Ce qui a motivé la plus part des départs étaient plus des problèmes de personne que des problèmes d’idéologies. Toutefois, la solution que je propose c’est qu’il faut que le Ps soit plus ouvert en son sein, qu’il ait davantage des contacts, des dialogues, d’échanges. Je crois que le Ps a la force pour cela. C’est quand même l’un  des partis les mieux implantés dans ce pays, il faut le reconnaître. Depuis le Président Léopold Sédar Senghor, c’est à lui qu’on doit cette structuration, cette installation massive du parti à l’intérieur du pays. »

…Et en Casamance…

« Cela est dû en particulier aux deux protagonistes que sont l’État et le Mfdc. C’est à eux qu’il faut rendre cet hommage parce qu’ils ont compris que ce n’est pas par la force que ce conflit pourrait être réglé. Le Président Sall, depuis sa prise de pouvoir, l’a annoncé en tendant la main. Ce qui veut dire qu’il aura fait ce choix du dialogue. Aussi, le Mfdc qui a compris en acceptant cette main tendue et c’est ça qui a conduit à une baisse de tension au sein du Mfdc. Fondamentalement, s’il y a quelque chose qui a changé, c’est le comportement des populations de la Casamance. Il y a quelque temps, personne n’osait parler de cette affaire-là au risque d’être sanctionné ou d’être considéré comme opposant au Mfdc. Il y a beaucoup de gens qui ont perdu la vie ou qui ont été assassinés, etc. Il faut, aujourd’hui, reconnaître que les populations se sont engagées dans la paix en prenant leur responsabilité. Nous avons constaté ça au sein du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance lors de notre tournée. Cet engagement social est, à mon avis, est certainement l’une des causes du maintien d’une accalmie relative que nous connaissons. Ce qui me laisse également penser que ça va se consolider et se poursuivre parce que je vois l’Association des chefs de villages du département de Bignona qui entreprend des tournées dans les arrondissements pour sensibiliser les populations. Et, eux-mêmes chefs de village se sont engagés et continuent de s’engager auprès des populations, auprès des autorités, auprès de nous-même Groupe de réflexion comme acteur de recherche de la paix. Il faut également reconnaître que le contact avec le Mfdc n’existait pas à l’époque. Aujourd’hui, ce contact existe et nous avons la possibilité de parler au chef des combattants du Mfdc et quand il y a dialogue, quand il y a contact, forcément il y a possibilité de retrouver des plages de convergence. En résumé, c’est ça qui explique cette accalmie que nous constatons. »

‘’Traque’’

« Le président de la République, pour des raisons humanitaires, a décidé de libérer Karim Wade et cela fait partie de ses prérogatives. S’agissant de la traque des biens présumés mal acquis, il faut retenir que, par la grâce accordée à Karim Wade, la Crei n’a pas renoncé à sa mission. Je ne comprends pas pourquoi les Sénégalais pensent que parce que Karim Wade a été gracié on va arrêter la lutte contre la corruption. Les réparations exigées par la justice ne sont pas effacées. Ce n’est pas parce qu’il a été libéré que l’État renonce à recouvrer les biens. La justice poursuit son chemin.

Cheikh Moussa Sarr

Voir aussi

telechargement-1

SEYDOU GUEYE REPLIQUE A CHEIKH BAMBA DIEYE «La myopie politique renvoie à une vision sombre des choses»

Cheikh Bamba Dièye avait  presque tourné en dérision la récente sortie du chef du gouvernement …