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Russie: à Sotchi, un congrès sur la Syrie sans les principaux acteurs du conflit

Le Congrès du dialogue national syrien, la grande conférence pour la paix en Syrie, s’ouvre ce mardi 30 janvier à Sotchi. Le congrès, voulu par Vladimir Poutine, doit réunir plus de 1 500 représentants de différentes ethnies et formations politiques. Mais les principaux acteurs du conflit seront absents.

 

Ce devait être le grand moment de la diplomatie russe et de Vladimir Poutine. Maintes fois repoussée, la grande conférence de Sotchi s’annonce pourtant comme un échec retentissant, faute de participants.

Ce sont d’abord les Kurdes de Syrie qui ont refusé de se rendre sur les bords de la mer Noire. En cause : l’offensive turque sur le canton d’Afrin. Les Kurdes de Syrie reprochent à Moscou de les avoir lâchés face à Ankara.

« De quoi pourrions-nous parler à Sotchi ? »

« Avec ce qui se passe en ce moment à Afrin, en Syrie, avec ces attaques de la Turquie contre des civils, contres femmes et des enfants, avec cette guerre insoutenable, de quoi pourrions-nous parler à Sotchi ? interroge Ali Absalam, le représentant du principal parti du Kurdistan syrien (le PYD) en Russie. Il n’est pas possible de participer à ces discussions dans ces conditions. »

« Par ailleurs, nous considérons qu’une conférence sur la Syrie n’a pas de sens si elle se fait sans les représentants du Rojava, du Kurdistan syrien, poursuit le délégué du PYD. Nos forces contrôlent environ 30 % du territoire syrien et les Kurdes syriens et les habitants qui vivent dans le Kurdistan syrien représentent 30 % de la population syrienne. Sans la participation d’une partie aussi importante de la population, il est évident que les négociations ne peuvent que se solder par un échec. »

Opposition et régime absents

Ce sont ensuite les principaux groupes de l’opposition syrienne qui ont fait défection. Cette fois, c’est l’incapacité de la Russie à imposer des concessions à Bachar el-Assad qui est en cause. Ultime affront, le régime syrien ne sera représenté à Sotchi que par une délégation du parti au pouvoir.

Seul point positif pour le Kremlin, la présence de Staffan de Mistura, qui apportera la caution des Nations unies à ces discussions. « Des percées immédiates sont peu probables », a reconnu Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.


Les Syriens et les Russes stoppent un convoi turc

L’armée gouvernementale syrienne a repris son offensive à Idleb. Trente-trois civils au moins ont été tués ces dernières 24 heures dans des frappes aériennes du régime. Dans cette province à haut risque, où Turcs et Syriens se font face, un premier accrochage a eu lieu lundi 29 janvier entre les armées des deux pays, selon les informations de notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Le premier incident entre les armées turques et syriennes et leurs alliés respectifs a eu lieu au sud de la province d’Alep, non loin d’Idleb, une zone d’opération militaire où les troupes de Damas sont à l’offensive depuis deux mois.

Des sources du régime et de l’opposition ont fait état d’accrochages armés, de duels d’artillerie et de raids aériens entre les armées des deux pays près de la localité de Haderc.

Un convoi militaire turc d’une centaine de véhicules, dont une quinzaine de chars, a passé la frontière, traversé le nord d’Idleb et s’est dirigé vers la colline Al-Iss, qui surplombe les positions de l’armée syrienne et de ses alliés, situées quelques centaines de mètres plus loin.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, l’artillerie syrienne a pilonné le convoi et un accrochage a eu lieu entre les deux armées. Des sources du régime et de l’opposition affirment que des avions turcs ont mené des raids contre les positions syriennes. D’autres sources des deux camps ajoutent que l’aviation russe est entrée en action pour stopper la progression du convoi, larguant des bombes à deux kilomètres des militaires turcs.

L’Observatoire syrien précise que le convoi turc s’est retiré de la zone, après l’intensification des bombardements syriens et des raids russes. L’objectif du déploiement turc était d’empêcher le développement de l’offensive syrienne vers le nord de la province d’Idleb.

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