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Sans études sérieuses d’impacts avant la signature des ape l’Afrique donne sa tête à couper

Faut-il signer les Accords de Partenariat Economique (Ape) ? Ne faut-il pas signer ? Faut-il proroger la date pour ensuite signer ? Une chose demeure et tout le monde est unanime la-dessus, la signature des Ape dans les conditions actuelles, c’est-à-dire sans clause de révision, sans des études d’impacts au préalable, dans un flou total, serait le début de la fin pour les pays Acp. Et si les accords sont signés, il s’agira de mettre face à face des économies industrialisées et des pays pauvres. Et … le silence des Etats devient inquiétant.

Source : Le Matin
Si la date du 31 décembre 2007 reste maintenue pour la signature des accords de partenariat économique dans les conditions actuelles sans études sectorielles sérieuses au préalable, avec toutes les divergences très profondes notées, nos économies risquent d’en prendre un sacré coup, un coup mortel même. D’ailleurs, dans la présentation qu’il a faite dans le cadre de la rencontre conjointement organisée par le Collectif des Journalistes économiques du Sénégal (Cojes) et la Fondation Friedrich Ebert (Ffe), notre confrère et économiste, Cheikh Thiam, par ailleurs Coordonnateur dudit collectif, dresse un état des lieux des négociations sur les Ape entre l’Union européenne (Ue) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Revenant sur la genèse de ces accords, celui-ci montre les points sur lesquels des divergences subsistent entre les deux parties, avant d’insister sur les véritables enjeux de ces accords de partenariat économique. Il cite d’abord, les enjeux liés à la création de l’Union douanière et la mise en place d’un Tarif extérieur commun (Tec) dans l’ensemble qui va regrouper les pays Acp et ceux de l’Ue. Ensuite, ceux liés à l’amélioration de la compétitivité des agricultures Acp ou encore à la libération des commerces des produits agricoles et alimentaires importés de l’Union européenne. Et là, si l’on en croit encore M.Thiam, les produits de l’Ue sont, déjà, souvent plus compétitifs que ceux des pays Acp, en raison des différences dans le niveau de développement.

Par ailleurs, poursuit-il, se pose le problème des subventions accordées aux agriculteurs et aux industriels européens. C’est dans ce cadre d’ailleurs que le Coordonnateur du Cojes insiste sur la nécessité de recourir à des études d’impacts approfondies et complètes sur les conséquences économiques et sociales de la mise en œuvre des Ape, d’où le manifeste rendu public par les journalistes économiques pour un report de la date-butoir pour la signature des Ape (voir encadré). Plusieurs autres interventions en ce sens montrent très vite que les accords à signer, dans leur forme actuelle, ouvrent la porte au démantèlement de l’agriculture et de l’industrie dans les pays Acp.

Quelles conséquences sur l’agriculture?

Tel que présenté, s’il est signé, l’Accord de partenariat mettra fin également aux préférences commerciales et à l’aide aux pays pauvres. Aussi, les pays Acp devraient ouvrir leurs marchés à la concurrence directe des biens et des services européens hautement plus compétitifs. Et aussi, les exportations des produits agricoles des pays Acp vont se heurter au renforcement continu des mesures sanitaires en Europe. Et nos producteurs africains ne sont pas outillés pour y faire face. Ces « pauvres » paysans ne pourront de ce fait pas vendre en Europe. Au regard de tout ce qui précède, l’on est tenté de dire que l’Union européenne veut faire passer ses intérêts commerciaux avant les besoins des pays Acp en matière de développement.

Très vite ébruitée d’ailleurs, cette question relative à la signature des Ape a entraîné une volée de bois vert. La société civile et surtout des organisations syndicales et de producteurs s’en sont émus et ont tiré la sonnette d’alarme. À cet effet, d’ailleurs, une marche devrait en principe être organisée demain, afin d’attirer l’attention des autorités sénégalaises sur la vigilance qui doit être de mise quant aux négociations relatives au contenu des Ape. En fait, ces Accords de Partenariat économique (Ape) constituent une menace sérieuse pour les économies africaines. Maintenant, si les accords sont signés en décembre 2007, pour entrer tout de suite après en vigueur, sonnera peut-être le glas de nos économies encore fortement dépendantes de l’agriculture ? La question reste posée…


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