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Santé de la reproduction- Des avocats se penchent sur  l’avortement médicalisé

 L’Association des jeunes avocats sénégalais (Ajas) a engagé des concertations visant une harmonisation de la réflexion sur la polémique de l’avortement médicalisé en vue d’aboutir à l’internalisation du droit de la santé et au contrôle des fonctions de reproduction dans la législation sénégalaise. C’était lors d’une journée d’échanges, avant-hier, à Mbour.

La réflexion sur la polémique de l’avortement médicalisé a été, samedi dernier à Saly, au menu d’une journée d’échanges portant sur cette thématique. C’est l’Association des jeunes avocats sénégalais (Ajas) qui a engagé des concertations visant une harmonisation de ce fléau en vue d’aboutir à l’internalisation du droit de la santé et au contrôle des fonctions de reproduction dans la législation sénégalaise. Selon son président Me Ousmane Thiam, à travers cette initiative, l’Ajas compte susciter un débat qui prendrait en compte tous les avis et observations pour finaliser le projet de texte portant modification de la loi de 2005 relative à la Santé de la reproduction au Sénégal. S’exprimant lors d’une journée d’échanges portant sur cette question, Me Thiam a révélé qu’une « Task Force » a été mis en place sous l’égide du ministère de la Santé et de l’Action sociale, qui a assigné à l’Ajas la tâche d’élaborer un projet de loi pour intégrer cet aspect dans la législation sénégalaise. Selon notre source, un projet de texte a été rédigé à l’issue d’une première rencontre organisée par l’Ajas et dont le rapport sera discuté au cours de cette journée d’échanges, de concert avec la « Task Force » mise en place. Il faut dire que cette « Task Force » regroupe notamment l’Association des juristes sénégalaises (Ajs), le Réseau Siggil Jiggen, l’Association pour le Bien-être familial (Asbef) et l’Association des journalistes en santé, population et développement.

« La formule la plus indiquée dans le projet de loi est de modifier la loi 2005 sur la Santé de la reproduction, afin d’y intégrer un alinéa sur l’avortement médicalisé avec des conditions bien précises, comme en cas d’inceste, de viol ou lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère », a souligné Me Ousmane Thiam.

Avant de poursuivre : « l’Ajas veut arriver à un changement social en vue de la réforme de la loi sur l’avortement, pour lutter contre sa pratique clandestine mais également les cas d’infanticide ». Pour sa part, la représentante de l’Association des juristes sénégalaises (Ajs), Khady Bâ, a rappelé l’article 14 du Protocole de Maputo ratifié par le Sénégal en 2005 et qui stipule que : « l’obligation d’autoriser l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste ou quand la vie de la mère et du fœtus est en danger ». A l’en croire, il s’agit d’avoir un texte bien ficelé pour pouvoir engager le plaidoyer en vue d’arriver à une loi sur l’avortement médicalisé. D’où la décision de mettre en place une « Task Force », un comité technique pluridisciplinaire chargé de mener des stratégies visant à informer les décideurs et le public sur la problématique de l’avortement à risque.

Cheikh Moussa SARR

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