Accueil / SANTE / Santé : Plus de 3.000 enfants meurent de la pneumonie chaque année au Sénégal

Santé : Plus de 3.000 enfants meurent de la pneumonie chaque année au Sénégal

Malgré les multiples efforts entrepris, la pneumonie continue de tuer, chaque année, plus de 3000 enfants de 0 à 5 ans au Sénégal. Ces chiffres alarmants ont été révélés avant-hier lors d’une conférence de presse.

Chaque jour, 10 enfants âgés de 0 à 5 ans meurent au Sénégal à cause de la pneumonie. Rapporté à l’année, ce chiffre monte à plus de 3.000 cas de décès enregistrés dans cette tranche d’âge. Pire, 25% des décès néonataux sont dus à cette maladie infectieuse. Ces statistiques ont été révélées avant-hier lors d’une conférence de presse. Le prétexte de cette rencontre a été la Journée mondiale de la pneumonie que la communauté internationale a célébrée le 12 novembre dernier sur le thème : « Accélérer le rythme : on combat la pneumonie pour sauver l’enfant ».Dr Aïda Gadiaga, le point focal de la pneumonie au ministère de la Santé, a souligné que la lutte contre la mortalité infantile en général a connu de grandes avancées au Sénégal depuis une trentaine d’années. Par exemple, en 1986, pour 1000 naissances vivantes, on enregistrait 199 décès alors qu’en 2014, pour 1000 naissances vivantes, on décomptait 54 décès. Et la part de mortalité due à la pneumonie est de 12%. Mais le Sénégal s’est engagé à faire mieux pour que ce taux baisse davantage. « Notre pays a pris l’engagement d’atteindre, en 2015, un taux de 44 pour 1000 naissances vivantes. C’est à notre portée. Nous sommes assez confiants et pouvons dire que nous ne serons pas loin d’atteindre cet objectif », a déclaré Dr Gadiaga. Les causes principales de mortalité des enfants de 0 à 5 ans sont souvent la pneumonie, la diarrhée et le paludisme. « C’est un lourd fardeau à l’échelle mondiale et nationale. La pneumonie est un tueur silencieux, car on a l’habitude de la banaliser. Les enquêtes ont montré une faiblesse de la demande de soins pour les enfants qui ont une pneumonie. Seuls 42 % de ces enfants ont recours aux services de soins. Il faut marquer cette journée pour redynamiser la lutte », a-t-elle martelé. Embouchant la même trompette, le Pr Galaye Sall, pédiatre, estime que la situation actuelle est « très préoccupante malgré les avancées notées en matière de survie de l’enfant ». Il trouve inacceptable que plus de 3000 enfants âgés de 0 à 5 ans continuent de mourir de maladies évitables. Mais ce qui est le plus préoccupant, à ses yeux, c’est le fait que beaucoup d’enfants meurent à domicile sans aucune prise en charge médicale, alors qu’ils ont de grandes chances d’être sauvés si on les avait amenés à l’hôpital.

Face à cette situation, le ministère a mis en place de nouvelles stratégies. « Il s’agit de la prise en charge précoce des cas de pneumonie avec les agents de santé communautaire. Une des solutions se trouve à ce niveau en matière de traitement curatif. Il ne s’agit pas de courir derrière la maladie, mais plutôt de faire en sorte d’éviter la survenue des maladies », a-t-il déclaré. Selon lui, il y a beaucoup d’interventions simples à notre portée comme le lavage des mains, la lutte contre la pollution atmosphérique, la promotion de la vaccination, d’une bonne alimentation des enfants qui peuvent aider à prévenir ces maladies évitables qui arrachent la vie des enfants de moins de 5 ans.

Le Soleil

Share This:

À voir aussi

8eme édition du Sisdak- le financement de la santé pour tendre vers la couverture sanitaire universelle

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale, en collaboration avec le Centre International …

Dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus

La neuvième édition de la journée de dépistage du cancer du col de l’utérus et …