16 septembre, 2014
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SANTE PUBLIQUE : Dakar et sa banlieue en danger

SANTE PUBLIQUE : Dakar et sa banlieue en danger

Avec 5 734 cas de tuberculose, la région de Dakar arrive en tête du peloton avec un taux de 44 % de personnes infectées. Elle est suivie des régions de Thiès (1 825 cas), Diourbel (1 229 cas)… L’annonce a été faite, hier, par la coordonnatrice du Programme nationale de lutte contre la tuberculose.
Alerte pour Dakar et sa banlieue ! Avec 5734 (44%) personnes infectées de la tuberculose, la région de Dakar est en passe d’afficher un triste record. Ce fort taux est causé, selon Dr Marie Sarr Diouf, par la forte attraction qu’exerce la capitale sur les ruraux (surpopulation), les habitations précaires, les inondations, la promiscuité, entre autres. C’est la localité de Kër Massar (banlieue dakaroise), une zone à fort taux de personnes infectées (765 cas) qui est choisie pour abriter la cérémonie d’ouverture de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, prévue le 24 mars. La région de Dakar est suivie de celle de Thiès avec 1 825 cas et de Diourbel où 1 226 malades ont été diagnostiqués. Les régions de Kaffrine, Fatick, Matam et Tambacounda sont considérées comme des zones à faible détection de cas de tuberculose.

En prélude à cette journée qui sera célébrée dans une dizaine de jours, la coordonnatrice du Programme national de lutte contre la tuberculose (Pnt), Dr Marie Sarr Diouf en a profité pour tirer le bilan du Pnt de l’année 2012. Dr Diouf avance des chiffres concernant la prévalence du taux de pénétration de la tuberculose. Au total, 12 mille 810 cas (69 %) ont été détectés pour l’année 2012, contre 11 mille 610 cas (63 %) enregistrés pour l’année 2011. Un taux de détection inédit, selon la coordonnatrice du Pnt. En effet, explique Dr Diouf, «l’année dernière, nous avons eu des acquis considérables grâce à la mise en place d’un programme communautaire offrant des paquets de services telles que l’acquisition d’outils de haute portée diagnostique et la mise en œuvre d’une revue externe». Cela aura permis, selon Dr Marie Sarr Diouf, l’amélioration de la détection des cas de tuberculose dont le taux est passé de 63 % à 69 %, avec notamment plus de 12 mille cas détectés.

Parlant des contraintes et du programme national de lutte contre la tuberculose, Dr Diouf fait savoir que la principale contrainte du Pnt demeure la détection des cas de tuberculose «qui reste en dessous des objectifs de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) qui est de 75 %». Pour ce qui est des défis, la coordonnatrice du Pnt fait remarquer qu’ils restent le renforcement des interventions communautaires à travers un recrutement plus important d’Organisations communautaires de base (Ocb) ; la communication programmatique ; le financement du Pnt suite au retrait de l’Usaid. La mise en œuvre de stratégies de dépistage actif des groupes vulnérables et le développement d’une approche centrée sur la multisectorialité dans la lutte sont également autant de chantiers à mener. Il s’agira, selon la coordonnatrice du Pnt, de mettre un accent particulier sur les groupes vulnérables (Daara, universités, prisons, personnes vivant avec le Vih, …). Dans la même veine, la coordonnatrice du Pnt fait remarquer que 69 % des cas concernent les hommes ; tandis que le taux d’abandon du traitement est de 7 % contre 3 % pour les décès. Sans oublier de souligner que la tuberculose multi résistante a aussi fait son apparition avec 32 cas dans le pays.

Walfadjiri