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Sarkozy à Dakar pour poser les bases d’une nouvelle politique africaine

Le président français Nicolas Sarkozy, en provenance de Libye, entame jeudi son premier voyage de chef d’Etat en Afrique subsaharienne avec comme première étape le Sénégal, où il doit détailler les grands axes de la nouvelle politique africaine de la France. C’est à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar que M. Sarkozy, élu le 6 mai dernier, doit exposer dans la soirée sa vision du nouveau « partenariat » qu’il appelle de ses voeux entre la France et le continent africain.
« J’ai le souci de moderniser les relations qu’entretient la France avec ses partenaires africains (…) et d’en chasser les vieux démons du clientélisme, du paternalisme et de l’assistanat », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au quotidien pro-gouvernemental sénégalais Le Soleil.

« Ces nouveaux rapports doivent se traduire par des relations amicales, constructives et décomplexées », a-t-il poursuivi. « Davantage d’aide doit impliquer davantage d’efficacité de part et d’autre. Nous ne devons plus accepter que l’aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance », a-t-il également expliqué dans un autre entretien accordé au quotidien privé Wal-Fadjiri.

Un discours apparemment bien accueilli au Sénégal en dépit des tensions provoquées par le durcissement de la politique migratoire de la France. « On ressent cette visite comme une marque de grande amitié et comme une preuve de l’importance du rôle et de la place du Sénégal en Afrique. Le président (sénégalais Abdoulaye) Wade considère M. Sarkozy comme un défenseur de l’Afrique », a déclaré Amadou Sall, porte-parole de la présidence sénégalaise.

« Nous attendons de la France une coopération plus concrète et plus pragmatique, comme le souhaite M. Sarkozy. Cela ira dans le sens d’une plus grande clarté de l’engagement français en Afrique », a poursuivi M. Sall.

Nicolas Sarkozy est également attendu sur le dossier du jugement au Sénégal de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l’humanité. M. Habré est exilé à Dakar depuis son renversement en 1990. Plusieurs ONG internationales et de victimes tchadiennes ont exhorté ces derniers jours le président français à encourager son homologue sénégalais dans le sens de la mise en place rapide d’un calendrier pour une procédure, au point mort depuis plusieurs mois.

L’Assemblée sénégalaise a voté fin janvier des lois introduisant une compétence universelle ouvrant la voie à un procès Habré devant la justice locale, mais celle-ci tarde à annoncer la date du début de l’instruction.

La secrétaire d’Etat française aux droits de l’Homme, Rama Yade, a estimé mardi que « la France doit aider le Sénégal (…) à organiser le procès pour que les victimes tchadiennes obtiennent enfin justice », dans un entretien au quotidien français le Parisien. D’origine sénégalaise, Mme Yade accompagne M. Sarkozy au sein d’une délégation comprenant également le secrétaire d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel, mais pas Brice Hortefeux (Immigration et Identité nationale).

Nicolas Sarkozy est attendu jeudi vers 13H00 locales (et GMT) à Dakar. Son programme prévoit notamment des entretiens avec M. Wade et la signature d’un accord sur la protection et la promotion des investissements et de deux conventions de financement. De son côté, M. Bockel devrait inaugurer un lycée professionnel financé par la France.

M. Sarkozy se rendra ensuite vendredi matin au Gabon, autre ancienne colonie française avec laquelle la France entretient des relations privilégiés. Il devrait rejoindre Paris dans la soirée.


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