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Sarkozy élu président de la France : Le cauchemar des africains

Le candidat de l’UMP est élu président de la République, selon la moyenne des estimations de quatre instituts de sondages (Ifop, CSA, Ipsos, TNS-Sofres). Il bat Ségolène Royal avec 53,1 % des voix, contre 46,9 % pour la candidate socialiste. Les projections des instituts de sondage donnent un taux de participation situé entre 84 et 86 %.
Selon le journal Le Bénin aujourd’hui, la victoire de Nicolas Sarkozy est une déception pour les Africains. Pas seulement en raison de sa politique en matière d’immigration. Sa personnalité inquiète aussi.

Il le désirait ardemment, de manière apparemment obsessionnelle et il l’a eu : le pouvoir suprême. Le second tour de la présidentielle a consacré Nicolas Sarkozy à la tête de la France. Entre la gauche et la droite, les Français ont donc choisi dans leur majorité de rester à droite. Après deux mandats consécutifs de la droite sous la présidence de Jacques Chirac, Sarkozy n’avait pas, a priori, la tâche aisée pour convaincre de la continuité, mais dans le changement. Il lui aura fallu, pour ce faire, ses talents personnels et l’appui de la majorité de l’UMP.

Sarkozy a promis de faire entrer les Français dans une France où tout devient possible : une France où l’immigration sera choisie, où le cap sera maintenu quant à la sécurité sociale, où les citoyens pourront travailler plus de 35 heures, où l’économie sera relancée, où le chômage sera résorbé, où seuls les compétences et le mérite auront droit de cité dans la promotion des Françaises et des Français, où les dirigeants devront rendre des comptes… Bref, une nouvelle France qui rompt avec l’immobilisme pour « faire marcher ce qui ne marche pas », pour emprunter l’une de ses expressions.

Comme on a pu le constater par les sujets qui ont été au centre de la campagne électorale et le grand débat de l’entre-deux tours, les Français sont inquiets du présent et de l’avenir de leur pays. C’est le moins que l’on puisse dire. Et ils ont cru devoir trouver à travers les réponses de Sarkozy plus d’assurances que chez Royal sur les questionnements qui sont les leurs. Soit.

UNE ASCENSION POLITIQUE CONTRE VENTS ET MARÉES

L’élection de Sarkozy à la magistrature suprême n’enlève en rien le mérite de son challenger socialiste Ségolène Royal. Bien au contraire. Elle est la preuve éloquente que ce n’est pas seulement sous nos tropiques que le conservatisme a la vie dure. Première femme française à avoir accédé à ce niveau de la compétition politique, elle apparaît comme la victime expiatoire de la France qui a peur d’être Présidente. Elle a démontré, et pendant les primaires au sein de son parti et pendant la campagne électorale à proprement parler, qu’elle était bel et bien à la hauteur de la charge pour laquelle elle a sollicité les suffrages des Français. En affrontant le nouveau président de la République qu’elle a même mis en difficulté et en faisant montre de beaucoup de talents politiques lors du débat radiotélévisé. Et la logique du jeu aurait voulu que, mis à part la personnalité et les grandes promesses de Sarkozy, la droite paye les conséquences de sa politique de ses dernières années.

L’élection de Nicolas Sarkozy est le couronnement d’une ascension politique contre vents et marées d’un homme qui a promis aux Français que tout ce qu’il dit, il le fera. Comme pour rappeler qu’il est l’homme de la rupture et que pour lui les promesses n’engagent pas ceux qui y croient, mais plutôt ceux qui les font. Nouvelle morale politique ou simple maoeuvre de campagne ? La fin de son mandat nous édifiera.

Nicolas Sarkozy président, les Africains s’accommoderont avec le choix des Français. Même s’ils préfèrent Royal. Cette préférence des Africains pour Royal ne résulte pas uniquement de la position du nouveau président élu sur l’immigration. Elle procède aussi du fait de ses convictions politiques, voire de sa personnalité qui laisse soupçonner un certain relent de condescendance. Et c’est justement cette condescendance que les nouvelles élites africaines veulent voir gommée dorénavant des relations entre les dirigeants occidentaux et ceux de leur continent. Pour qu’enfin, le paternalisme cède la place à un partenariat réciproquement fécond et bénéfique. Vivement que Sarkozy le comprenne, et il aura ainsi fait un pas vers cette nouvelle Afrique-là.


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