POLITIQUE

SCISSION DU GROUPE PARLEMENTAIRE LIBERAL- Le Pds victime du retour de manivelle

  • Date: 26 octobre 2015

 

 La situation que vit le Pds avec la scission de son groupe parlementaire est un simple retour de manivelle.

Arroseur arrosé ! Le Pds qui crie à l’injustice et au hold-up est en train de payer les pots cassés, lui dont la majorité parlementaire avait exclu de l’Assemblée nationale abusivement, illégalement et anticonstitutionnellement deux de ses députés sous des prétextes fallacieux. C’est la ferme  conviction du Bloc des Centristes Gaïndé (Bcg) qui marque ainsi sa vive préoccupation relativement à la crise qui secoue l’Hémicycle à la suite de la reconstitution des groupes parlementaires. En réalité, Jean Paul Dais et Cie ont tenu à rappeler que les groupes parlementaires constituent des systèmes d’organisation permettant une meilleure participation des députés au travail parlementaire au point que dans la plupart des parlements modernes, la formation des groupes parlementaires est encouragée et facilitée.

Mais au Sénégal, déplore le Bcg dans un communiqué parvenu à nos soins, il se trouve que les modifications contraignantes et restrictives du règlement intérieur ont rendu non seulement plus difficile la constitution ou la reconstitution de groupes parlementaires, mais ont enfermé les députés dans un corset s’apparentant au vote impératif. Pis, peste Dias-père, ces modifications  ont porté atteinte à la liberté de l’élu et, surtout, ont compliqué la situation. Si bien que de la même façon que la mise en œuvre de la nouvelle mesure portant  élection du président de l’Institution pour la durée de la législature a eu pour point de départ un nouveau vote en faveur du titulaire, de la même façon, le Bcg considère que toutes les nouvelles décisions concernant les groupes parlementaires devraient avoir pour point de départ la mise en place de cette année. Les restrictions n’étant prises en compte que la prochaine fois, puisque l’an prochain, l’on ne procédera pas à un vote pour la présidence de l’Assemblée nationale, argumente le centriste en chef.  La loi ne peut pas être rétroactive, se défend le Bcg.

Aussi, sur indication de la majorité des députés élus sur sa liste et à condition que le quota quantitatif des dix élus soit toujours constaté, le Pds devrait-il être admis à former son groupe parlementaire en conservant la même dénomination que l’an dernier, constate le Bcg. S’ils remplissent les conditions quantitatives exigées, les autres députés ne se reconnaissant plus du groupe Pds ni du groupe Benno devraient pouvoir aussi constituer un groupe d’«Indépendants» ainsi que cela existe dans d’autres parlements. Ce ne serait donc que l’an prochain que les nouvelles dispositions – qu’une fois de plus le Bcg désapprouve – pourraient entrer en vigueur, analyse le Bcg. Mais pour un pays dont l’Exécutif va donner des leçons de comportement démocratique ailleurs en Afrique, il est honteux de constater la situation actuelle à l’Assemblée nationale, déplore le Bcg.

A présent, Dias-père estime qu’il est du devoir du président de l’Assemblée nationale de régler politiquement cette affaire dans l’esprit préconisé, ci-dessus, par le parti afin de ne pas laisser la démocratie parlementaire sénégalaise sombrer dans du juridisme, dans de la procédure politicienne surannée  car le blocage est beaucoup plus politique que juridique. Pour sa part, clame le Bcg, le Pds vit le retour de manivelle, lui dont la majorité parlementaire avait exclu de l’Assemblée abusivement, illégalement et anticonstitutionnellement deux de ses députés sous des prétextes fallacieux. Mais le Bcg invite la majorité parlementaire actuelle à méditer ce cas et retenir la leçon afin d’éviter qu’un jour, le pouvoir perdu, elle ne vive la même chose à son détriment.

Mouhamadou BA

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